Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Osheaga 2011

Revue d’une éprouvante fin de semaine

 

Chaque année, l’organisation d’Osheaga remplit sa mission : offrir un festival rassemblant grosse tête et artiste émergeant. Cette année, on ajoutait le vendredi à la programmation pour une fin de semaine éprouvante de trois jours. Voici comment j’ai vécu cette intense fin de semaine musicale.

VENDREDI

Déception dès mon arrivée d’apprendre que suite à l’annulation de Kid Cudi, c’est Kid Koala qui le remplace dans la programmation. La déception est que la performance du DJ Montréalais de talent incomparable ait été déplacée à 16h au lieu de simplement la mettre à la plage horaire où Cudi devait performer.

Travail étudiant oblige, le premier spectacle était Alaclair Ensemble sur la scène du Piknik Électronik. Un groupe de hip-hop festif de Québec aux rythmes entrainants, idéal pour sauter, textes plutôt léger, mais surtout entièrement en français (une langue morte chez les festivaliers!).

Premier coup de cœur de la fin de semaine, Janelle Monáe. Une chanteuse funk, gospel, RnB accompagnée de deux choristes, basse, guitare, batterie et de cuivres. La recette idéale pour faire danser n’importe qui ayant moindrement de rythme dans le sang. Vous la connaissez peut-être par une publicité d’une marque de voiture américaine. Elle s’est permis un classique des Jackson 5, I want you back, et c’était légitime!

Bien sûr, la majorité des gens était là pour Eminem. Beaucoup d’adolescentes. Il faut dire que le Slim Shady fait de plus en plus dans le pop et les chansons avec des refrains cutes remplis d’étoiles! Deuxième déception, la qualité du son sur les deux grosses scènes laissait à désirer durant toute la fin de semaine. Particulièrement pourEminem qu’on n’entendait pas durant les quinze premières minutes du spectacle. Il a opté pour ne faire que des extraits (un ou deux couplets) de sa discographie pour en donner plus aux spectateurs, ce que j’ai apprécié. Un hommage à Nate Dogg (décédé cette année) de quelques-un de ses classiques était gentleman de sa part. Le méga-écran géant en arrière-plan était impressionnant, mais n’a pas été utilisé à son plein potentiel, selon moi. Que de petites animations 3D ou un décor de cour à ferraille. L’ambiance était là, la chaleur aussi, il ne fallait pas être claustrophobe. Bref, le rappeur de Détroit a livré la marchandise.

SAMEDI

J’ai commencé la journée avec John Butler Trio. Un guitariste acoustique remarquable. Ses pièces sont bien bâties et nous mènent souvent vers un build up qui vous donne une montée d’adrénaline. C’est toujours impressionnant d’entendre deux guitares alors qu’il n’y en a qu’une. Il a définitivement trop de doigts!

Karkwa, groupe que j’affectionne particulièrement, offre toujours un spectacle planant. Je les avais vu cet été à l’Autre St-Jean au parc Pélican dans le quartier Rosemont et c’est toujours aussi enivrant. Si vous ne connaissez pas ce groupe, votre collection de disques n’est pas complète. Du rock indie avec une profondeur et une recherche dans les arrangements et les textes. De la musique intelligible. Le groupe ne voulait pas partir de scène, mais la programmation serrée a eu le dessus.

Seul sur scène, Yoav n’a pas réussi à trouver la formule gagnante, selon moi. Son concept c’est une guitare acoustique avec laquelle il fait des rythmes qu’il enregistre et passe en boucle. En version studio, c’est intéressant. En live, ça perd son cachet, car il prend pratiquement deux minutes entre chaque pièce pour enregistrer chaque piste de sa prochaine chanson. Il a d’ailleurs décidé à un moment de tout effacer et recommencer à s’enregistrer parce que ce n’était pas à son goût. Assez difficile de garder un momentum dans ce cas, d’autant plus que ses chansons sont assez calmes.

Je les avais vus en septembre au Métropolis avec une grippe, deux premières parties de merde et un retard d’une heure et demie dû à des problèmes techniques; je n’avais pas trop apprécié le duo électro. Mes attentes n’étaient donc pas trop grosses pour Ratatat. Contrairement à la dernière fois, on les voyait sur scène. C’est leurs animations qu’on ne voyait pas, mais pour ma part, c’est pour la musique que je vais voir des concerts! La foule dansait, l’ambiance était très bonne. La scène verte donnait l’intimité requise pour ce spectacle qui m’a agréablement surpris. Un peu comme DJ Champion, si tu n’es pas d’humeur à danser, c’est se priver d’une bonne partie de l’expérience.

Sérieusement, je n’ai pas compris la place d’Elvis Costello & the Imposters dans la programmation. Disons que ce n’est pas la même clientèle que pour Eminem. Des petites balades cutes qui pourraient passer à Rock détente. Peut-être que je commençais à avoir ma journée dans le corps, mais j’ai vraiment trouvé que ça n’avait pas sa place dans un festival de musique indie/émergente. Je serais curieux de savoir quel autre groupe les fans d’Elvis Costello ont été voir.

DIMANCHE

Pouvant faire penser à Metric avec sa chanteuse et son rock avec un synthétiseur, le groupe The Sounds a vraiment trouvé un son intéressant. Des mélodies entrainantes et rythmées. Leur pièce la plus connue, Something to die for, vous donnera une bonne idée de leur talent. C’est le genre de groupe qui gagne à être découvert en spectacle.

Jamais de ma vie je n’aurais cru voir en spectacle un des groupes de ma jeunesse, Cypress Hill. Ce duo culte du rap californien nous a offert un vrai bon concert rap laissant de la place à un DJ set. Les rythmes sur les congas donnaient encore plus le coup de danser. Malgré avoir fait beaucoup de pièces de leur dernier album, nous avons quand même pu hocher la tête, respirant les odeurs de printemps généralisées sur Insane in the membrain, Hands on the pump, I want to get high (c’est là que le turbo méga gros joint s’est allumé sur scène), Hits from the bong etDr. Greenthumb. Je m’ennuyais des partys de sous-sol du secondaire.

Un autre groupe où je suis vendu d’avance, Malajube. Du rock progressif avec une pointe d’électro, Malajube a comme concept d’avoir des paroles que pour la mélodie des mots. Ça vous frustrera d’essayer de comprendre le sens du texte parce qu’on ne comprend tout simplement pas. Encore moins live. C’est un bon moyen de percer à l’international tout en chantant en français!

Une vraie bête de scène. Le chanteur de The Tragically hip, Gordon Downie, Canadien qui a été popularisé à la fin des années 80, m’a satisfait en jouant les deux chansons que je préfère du groupe soit Poets et Ahead by a century. Sa voix unique a fait résonner les oreilles du parc Jean Drapeau et n’a sans doute laissé personne indifférent. C’est un groupe que j’apprécie, mais que je ne connais pas beaucoup et je ne suis certainement pas déçu de les avoir vus en prestation. Si leur objectif sur scène est de divertir, c’est réussi, car à les voir bouger, il est difficile de se laisser distraire, même par les filles en bikini qui se font griller au soleil de plomb!

Chaque année, je me dis que le coût de la passe pour la fin de semaine est très cher. À la fin de la fin de semaine, je conclus année après année qu’Osheaga est un évènement pour les mordus de musique. On se fait attirer par le réconfort des grosses têtes, mais c’est l’expérience et la fébrilité d’être entouré de plusieurs milliers de personnes, tous là pour la même raison, sauter, danser, mettre les mains dans les airs, faire la fête et découvrir. Verdict : brûlé et satisfait de ma fin de semaine festivalière.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Le Polyscope en PDF+

Dans la même catégorie

Critique : Milky Chance – Sadnecessary

7 novembre 2014

Vous les avez connus avant qu’ils ne se connaissent eux-mêmes, parce que vous êtes un hipster? Vous les avez connus il y a quelques mois pour leur ver d’oreille estival « Stolen Dance »? Vous ne les connaissez pas, mais pas pantoute? Et bien ils sont deux, ils sont allemands et ils jouent dans un registre électro-folk plutôt nouveau. Leur premier album complet, Sadnecessary, est paru il y a quelques semaines de cela, le 14...

L’Homme à tête de chou – danse

18 mars 2011

Gainsbourg, entre attraction et répulsion, culte et provocation, scandale, sexualité bruyante et musique à esclandre, semble revenir assiéger notre imaginaire culturel, d’autant plus que les 20 ans d’anniversaire de sa mort font se signer les plus adulateurs. Le chorégraphe français Gallota a su garder le plus précieux de l’énergie et de la nouveauté du chanteur, en reprenant les chansons et les concepts de l’album L’Homme à tête de chou pour sa nouvelle chorégraphie. Il...

Le Polyscope fait peau neuve (et durable)

21 octobre 2011

Par Marie Leray Depuis quelques éditions le Polyscope s’est doté d’un nouveau logo, le logo FSC pour Forest Stewardship Council que l’on pourrait traduire par le conseil pour la gérance des forêts. Ce conseil est en fait une organisation non-gouvernementale à but non lucratif. Créée en 1993, suite au sommet mondial sur le développement durable de Rio en 1992, elle est soutenue par WWF Canada, Greenpeace et la fondation David Suzuki. Les objectifs de...