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Les profs de Poly votent pour la grève

Le 26 mars, la communauté polytechnicienne a appris via un communiqué de la direction générale que les professeurs ont voté pour « un mandat de grève à la hauteur de 73,2 % (avec un taux de participation de 81 % des professeurs). »

 

Avec l’obtention d’un mandat de grève, l’Association des professeurs de l’École Polytechnique de Montréal (APEP) peut maintenant déclencher une grève à tout moment. Le comité de stratégie de l’APEP est responsable de décider du moment opportun. Au moment de mettre sous presse, le suspens demeure, alors que la rumeur court d’une possibilité de déclenchement dès jeudi le 28 mars.

Avec 73,2 % des membres qui ont voté en faveur de la grève, le résultat du référendum de l’APEP est assez imposant. Les négociations semblent ardues. Même si actuellement le salaire est le principal enjeu, le conflit repose également sur des changements importants dans les avantages sociaux, dont la retraite. En effet, le régime de retraite est largement déficitaire à Polytechnique et c’est un enjeu pour tous les syndicats et associations de l’École. D’ailleurs, ces regroupement sont tous en train de négocier leur nouvelle convention collective. La dernière convention de l’APEP a pris fin en 2011, alors que les autres ont terminé en 2012. Ainsi, l’aboutissement d’une entente tarde entre l’École et l’APEP. Le 14 mars, Polytechnique a donc demandé la nomination d’un conciliateur en vertu du Code du travail du Québec. Le mercredi 27 mars, les deux partis ont rencontré le conciliateur(trice) qui a été désigné.

Afin de mieux comprendre les raisons de cette confrontation, le Polyscope a posé des questions et obtenu des réponses de Christian Mascle, président de l’APEP, ainsi que celle de la direction de l’École par le biais des Service des communications et des relations publiques.

Point de vue de l’APEP

« Nos revendications sont basées sur les salaires OIQ [Ordre des ingénieurs du Québec] pour une formation et des responsabilités équivalentes à la nôtre, les salaires dans les universités québécoises et canadiennes. Elles ont été documentées auprès de la Direction. », affirme M. Mascle. « M. Guy [le directeur général de Polytechnique] démontre toujours aux professeurs que l’École se classe parmi les meilleures écoles en génie au Canada. Il faut que les professeurs aient un salaire en rapport. », ajoute le président de l’APEP en enchaînant que « les employés de l’École verront dans les années à venir des changements importants dans leurs avantages sociaux et en particulier pour leur retraite. » Ces changements sont dûs principalement au régime de retraite déficitaire. M. Mascle conclut en déclarant que « la demande d’un conciliateur est un peu ridicule et dilatoire, puisque l’École a refusé de déposer des offres. »

Point de vue de la direction

L’École n’a pas voulu expliquer pourquoi elle n’est pas d’accord avec les revendications de l’APEP. « Cette question est présentement en discussion et nous ne souhaitons pas interférer dans le processus de conciliation. Ceci étant en dit, nous pouvons vous assurer que nous souhaitons offrir les meilleures conditions de travail aux professeurs de Polytechnique dans le respect du contexte budgétaire actuel. », affirme la direction. Voici l’explication de l’École en ce qui concerne la durée des négociations. « Un cadre de règlements sur le Régime de retraite a fait l’objet d’une entente de principe avec l’ensemble des syndicats et des associations. Une entente sur la partie normative incluant les clauses à incidence monétaire a été réglée jusqu’au 31 mai 2015. Les discussions actuelles portent sur le cadre salarial des années 2012-13, 2013-14 et 2014-15. Nous avions déjà convenu d’une entente salariale pour l’année 2011-12 qui a été mis en application. »

Conséquences d’une grève

La direction soutient qu’elle souhaite « arriver à une solution satisfaisante pour les deux parties afin d’éviter que les étudiants soient pénalisés à l’approche de la fin de la session et des examens. » Les conséquences occasionnées par le déclenchement de la grève ne sont pas connues en raison de l’incertitude liée au moment du déclenchement de la grève ainsi que la durée de celle-ci. En théorie, les chargés de cours, qui ne sont pas représentés par l’APEP, doivent continuer à se présenter en classe tel qu’indiqué dans le communiqué envoyé par la direction. Ce sont donc seulement les cours donnés par des professeurs qui sont annulés durant la grève de l’APEP. Chose certaine, ce sera un casse-tête pour la direction de trouver une façon de reprendre le temps perdu. Cependant, avec une grève aussi tard dans la session, les conséquences risquent d’être minimisées pour les étudiants. Encore là, ceci implique une conciliation d’ici les examens.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.