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Pitbull, roi du recyclage

Dans notre société de surconsommation, des artistes ont trouvé le moyen simple de faire des chansons sans trop se casser la tête... D’ailleurs, pourquoi faire du neuf quand on peut massacrer l’ancien?

 

Dans l’industrie musicale actuelle, constamment inondée de nouveaux artistes, il est très difficile de trouver la perle rare, j’ai donc développé une méthode très efficace pour trouver de bonnes chansons : écouter du Pitbull.

Ça peut surprendre, mais Mr. Worldwide m’a offert quelques bonnes découvertes!

Je ne parle évidemment pas de ses chansons en tant que telles, mais plutôt de celles qu’il volerecycle.

Laissez-moi vous expliquer le processus créatif de notre très cher Armando Pérez : la musique de plus de la moitié de ses chansons n’est pas de lui, il se contente d’en prendre une qui a déjà eu du succès et d’en faire un remix reggaetón/house.

Non mais y’a pas à dire, ça simplifie la démarche créative… Aucun besoin de plancher sur un beat, t’as juste à sampler, rajouter du bass drum, un snare, et c’est parti!

Ensuite pour les paroles, c’est simple : tu commences par t’annoncer avec un «Mr. 305 jajaja», tu rajoutes 3-4 «¡ándale!», des mots en espagnol incompréhensibles, ta situation géographique (From Miami to LA) et tu conclues avec un «bottles models». Le tour est joué.

Et ça marche à chaque fois!

Prenons par exemple la chanson qui l’a fait connaître du grand public, «I Know You Want Me (Calle Ocho)», cherchons ensuite le morceau samplé, «75, Brazil Street», et finalement la chanson originale : «The Bomb! (These Sounds Fall into My Mind)». Voilà! Vous venez de découvrir une super chanson samba/house des années 90, gracias a Pitbull.

Autre tube des années 90, «Push the Feeling On», impunément récupéré dans «Hotel Room Service», ravira les amateurs d’organ house.

Mon coup de cœur revient au sample de «Don’t Stop The Party», qui m’a fait découvrir «Funky Vodka» de TJR et un super son reggae des années 70 : «Funky Kingston».

Plus explicite, dans «Bon Bon», on entend clairement la reprise du Summer Hit 2010 «We No Speak Americano», lui-même issu de la chanson swing-jazz «Tu vuò fà l’americano» de 1956 (!!)

Pour continuer dans le filon «plus c’est vieux, mieux c’est», on peut aussi prendre «Back in Time» de la B.O. de Men In Black III et son sample «Love is Strange», ou encore «Shake Señora» et son refrain copié presque mot pour mot de «Jump in the Line».

Et Pitbull n’applique pas sa formule magique que pour lui, avec les nombreuses collaborations qu’il a faites, il ne fallait pas manquer d’occasions! C’est ainsi que J.Lo nous a fait danser l’été 2011 au son de «On the Floor», fortement inspiré de la «Lambada», elle-même plagiée d’un chant bolivien, «Llorando Se Fue»…

Bref, les possibilités sont infinies!

Et je vais arrêter de taper sur Pitbull, il va commencer à mordre.

Car il n’est pas le seul à faire ça! Si on prend un autre talentueux musicien des temps modernes, Flo Rida, on retrouve la même recette!

Qui n’a pas déjà eu ce «Oh oh, sometimes, I get a good feeling, yeah» dans la tête sans savoir que ça venait de la grande Etta James? Ou encore le «Come on, baby, let the good times roll» de Earl King et repris par Freddie King? On se doit de dire merci à Flo Rida de nous faire redécouvrir ces classiques.

La récup’, c’est donc très facile, et c’est sans parler de «You Spin me Round» ou «I’m blue», repris sans scrupules dans «Right Round» et «Sugar» pour le bien de son porte-monnaie…

Bref, vous l’aurez compris, si vous voulez percer dans l’industrie musicale, trouvez un bon son qui a eu du succès il y a plus de 20 ans, rajoutez une base house, du rap entre les refrains, et la scène internationale est à vous!




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.