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Pourquoi lutter contre l’eau embouteillée?

 

On s’en doute, l’empreinte écologique d’une bouteille d’eau n’est pas négligeable. Les trois étapes de son cycle génèrent une quantité considérable de gaz à effet de serre.

La production d’une seule bouteille d’eau d’un litre, bouchon inclus, nécessite environ 3,4 mégajoules d’énergie et trois litre d’eau. Il faut donc plus d’eau pour produire une bouteille que ce qu’elle contient. De plus, la matière première des bouteilles est du plastique, un dérivé du pétrole brut. L’extraction de cette ressource fossile demande de plus en plus d’énergie en raison de l’épuisement des réserves de pétrole faciles à extraire. Nous n’avons donc plus le choix de nous tourner vers de réserves plus difficile à exploiter, comme les sables bitumineux canadiens.

L’eau embouteillée parcourt souvent un nombre impressionnant de kilomètres par avion, bateau et/ou camion avant d’aboutir sur nos tablettes. Par exemple, l’eau Fiji (puisée à l’île Viti Levu) parcourt plus de 12 000 kilomètres pour atteindre Montréal, l’eau Evian (de France) plus de 5000 kilomètres et l’eau Perrier (de France) plus de 9000 kilomètres! En comparaison, l’eau du robinet voyage moins de 10 km en moyenne puisqu’elle reste généralement dans les limites d’un bassin versant. Or, nous savons que le transport entraîne une production importante de gaz à effet de serre et que cette production augmente avec le kilométrage parcouru. Seulement au Canda, trois millions de barils de pétrole sont nécessaires pour produire et transporter les deux milliards de litres d’eau consommés annuellement au pays.

Pour ce qui est de l’élimination des bouteilles d’eau le portrait n’est pas plus rose. En Ontario, on estime que 44 % des bouteilles finissent dans des sites d’enfouissement. Les entreprises d’eau embouteillées sont très réticentes à l’implantation de programmes de consigne puisqu’elles devraient alors contribuer financièrement au recyclage et s’engager à réduire la part de plastique vierge utilisé pour produire les bouteilles. Ces mesures ont toutefois l’avantage d’augmenter considérablement le taux de recyclage, comme c’est actuellement le cas au Québec pour les bouteilles de bière. De plus, n’oublions pas que le recyclage est un processus qui nécessite beaucoup d’énergie.

Santé

Les compagnies d’eau embouteillées misent souvent sur le fait que leur eau est plus « pure » ou encore « meilleure pour la santé », or, dans la très grande majorité des villes canadiennes, l’eau embouteillée est testée bien moins régulièrement et rigoureusement que celle du robinet. Cela s’explique par le fait que les deux types d’eau ne sont pas régis par les mêmes lois et normes gouvernementales. Celles relatives à l’eau du robinet sont bien plus sévères et complètes que celles relatives à l’eau embouteillée, les consommateurs ne devraient donc pas hésiter à consommer l’eau du robinet.

Équité

L’eau devrait être considérée comme un bien commun puisqu’elle n’appartient à personne, mais plutôt aux générations actuelles et futures, ainsi qu’à la faune et la flore. Cela implique que l’eau devrait être distribuée de façon équitable et responsable à travers le globe. De plus, en 2010, l’Assemblée générale des Nations Unies a reconnu que l’accès à l’eau et l’assainissement est un droit fondamental. Selon les Nation Unies, il y a actuellement plus de 880 millions de personnes qui n’ont pas accès à de l’eau potable salubre. Il est alors essentiel de lutter contre les entreprises qui prennent tranquillement le contrôle de cette ressource, car la privatisation de l’eau entrainera certainement des écarts encore plus importants au niveau de l’accès à l’eau potable. C’est plutôt à des institutions démocratiques que devrait revenir la gestion de l’eau afin d’en assurer la distribution équitable et responsable. Notons que l’eau embouteillée ne présente qu’une solution à court terme dans les pays en voie de développement et dans les communautés des Premières Nations. Il serait préférable de miser sur le développement de systèmes d’eaux sécuritaires et durables.

Pour en savoir plus, visitez le vivelerobinet.ca. Vous en apprendrez plus sur l’eau embouteillée, l’eau du robinet et sur les différentes activités organisées dans le cadre de « Vive le robinet » une campagne de Bottle Water Free Day.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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