Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Psycho-Pass, un thriller dystopique

 

Imaginez : un futur où la criminalité est théoriquement impossible, où il est possible de s’immerser complètement dans des espaces virtuels et où la technologie permet à chaque personne d’occuper un emploi à la mesure de ses talents. Je vous pose la question: la société que je viens de décrire est-elle utopique ou dystopique? Indice: regardez le titre.

C’est dans ce monde où la technologie prend (presque) toute la place que se déroule l’histoire racontée dans Psycho-Pass. Cette série sortie l’automne dernier mélange habilement les genres, mêlant la science-fiction à l’intrigue policière. Le premier épisode est solide, et vous tiendra en haleine dès les premières minutes jusqu’à sa conclusion. On constate rapidement à quel point le ton de la série est sombre, mais subtilement philosophique.

Au cœur de ce monde se trouve le système Sybil, capable d’analyser la personnalité et la santé mentale des humains par l’intermédiaire des psycho-pass, appareils que tous doivent porter. Si un matin votre psycho-pass reflète une aura plus verte que bleue, on vous poussera à aller en thérapie sans tarder! Gare à ceux qui négligeraient ces avertissements : leur coefficient de criminalité augmenterait, et, passé un certain point, ces personnes seront considérées comme des criminels latents.

Qu’advient-il de ces personnes qui n’ont souvent commis aucun crime? Elles sont appréhendées par la police et placées dans des centres – à mi-chemin entre la prison et l’asile – où elles tentent de faire régresser leur coefficient de criminalité. Peu de gens y parviennent; la plupart du temps, si une personne sort de ces centres, c’est parce qu’elle a été recrutée comme ‘Enforcer’ par le service de police. Ces agents sont recrutés pour leur capacité à penser comme un criminel, et ainsi assister les inspecteurs qui les dirigent.

Tous les membres du service de police se promènent avec des ‘Dominators’, des armes reliées au système Sybil qui permettent de lire les coefficients de criminalité et de se mettre automatiquement en mode approprié: verrouillé, paralysant, léthal. Ce dernier mode est particulièrement spectaculaire, car il entraîne l’explosion du corps atteint. Cette série n’est pas classée 17 ans et plus pour rien.

L’histoire est centrée sur l’Enforcer Shinya Kogami, supervisé par l’inspectrice Akane Tsunemori. Malgré un début difficile, ils finiront par avoir une bonne dynamique de travail qui leur permettra de résoudre plusieurs enquêtes. Les crimes auxquels ils seront confrontés semblent étrangement liés, et on découvrira rapidement leur point commun : Shogo Makishima, un humaniste fasciné par le côté sombre de l’homme, criminel échappant mystérieusement au système Sybil.

Personnellement, j’aime beaucoup le personnage du ‘méchant’ Makishima. Pour ceux qui se rappellent Death Note, il me fait un peu penser à Light : intelligent, charismatique, mais d’une cruauté atroce, presque aussi facile à aimer qu’à détester. Makishima fait souvent référence à des ouvrages de philosophie ou de littérature classique. Ceci, ajouté à son opposition absolue au système Sybil, donne une profondeur supplémentaire à son personnage.

Psycho-pass est une série fascinante jusqu’à maintenant, les quelques épisodes à paraître promettant une finale intense et dramatique. Si les titres ‘Le meilleur des mondes’, ‘Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques’, ‘1984’ et ‘Blade Runner’ vous rappellent de bons souvenirs, vous devriez éprouver un petit quelque chose devant Psycho-pass. En plus, l’animation et la musique sont d’assez bonne qualité, rendant l’expérience appréciable autant esthétiquement qu’intellectuellement. Bref, une petite merveille sanglante et artistique à souhait, à découvrir si le gore ne vous fait pas reculer.

TL;DR

Série : Psycho-Pass

Longueur: 22 épisodes prévus, 18 sortis.

On aime: La complexité des personnages, les références littéraires et philosophiques, le sang qui gicle sur fond de musique techno.

On aime moins: Les petits Deus Ex Machina occasionnels, qui sont tout de même acceptables.

Verdict: Si vous aimez la philosophie et la profanation de cadavres pour motif artistique, cettre série est concue pour vous. Plus sérieusement, Psycho-Pass est excellente et vous devriez y jeter un coup d’oeil.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.