Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Tchaïkovski à l’honneur

 

Piotr Ilitch Tchaïkovski est un compositeur russe de l’ère romantique. Il est surtout connu pour avoir écrit des morceaux de musique très compliqués à interpréter.

Pour une raison obscur, l’ordre initial du programme a été inversé. Nous aurons donc le droit en premier à Manfred, puis au Concerto pour piano numéro 1. Cependant, avant le début du concert, ma partenaire me fait allumer sur le fait qu’il n’y a pas le piano sur scène…

La première partie du concert est un acte romantique écrit par Tchaïkovski. C’est un concert en 4 mouvements qui va bientôt se dérouler pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Bien que nos yeux peuvent être fascinés par la rigueur et l’esthétisme du mouvement, ils leurs arrivent à se fermer afin de profiter amplement de l’œuvre.

Le chef d’orchestre, Guennadi Rojdestvenski, énorme figure de la musique russe, dirige admirablement bien l’orchestre symphonique de Montréal. D’ailleurs, ce n’est pas sa première prestation avec l’OSM puisqu’il a déjà eu la chance de le diriger il y a quelques années pour deux concerts. Lorsque Rojdestvenski arrive sur scène, nous arrivons à ressentir son état russe. Il arrive d’un pas décidé, lourd, et d’un air grave… D’une main de fer dans un gant dans velours, il observe et guide les musiciens vers la symbiose des notes. Du haut de ses 82 ans, il arrive tout aussi bien que Kent Nagano à diriger l’orchestre. Grand connaisseur de Tchaïkovski et de son œuvre, cela ne m’étonnerait pas qu’il puisse diriger l’orchestre entièrement de mémoire. Ce serait même logique, car avec son âge, pour avoir une rigueur exceptionnel, il faut être exceptionnel. C’est donc une grande chance et un grand plaisir de voir le «maestro» faire ce pourquoi il est si bon.

La première partie, bien que très riche en émotion est faite pour les romantiques. D’ailleurs, elle est inspirée du célèbre poème de Lord Byron. C’est l’histoire d’un homme – Manfred – qui a des remords après avoir tué la femme de sa vie. Il décide donc de vivre seul comme reclus et maudit au cœur des Alpes. Si vous désirez en savoir plus sur le poème ou sur les explications avant chaque mouvement musical, je vous invite à regarder sur le site de l’OSM afin d’éclaircir votre lanterne…

Après chaque mouvement, tout le monde en profite pour prendre une grande respiration et également pour tousser. Il faut dire que tout le monde a les oreilles grandes ouvertes pour ne pas manquer une note. Personne n’ose applaudir entre chaque mouvement, préférant se garder pour une ovation à la toute fin. Puis, lorsque celle-ci fut terminée, l’entracte put commencer.

Au retour de celui-ci, le piano a été fièrement installé, trônant sur le devant de la scène. C’est au tour de Viktoria Postnikova de faire son entrée. Pour la petite histoire, c’est la femme du chef d’orchestre. Deux prodiges russes réunis sur les planches, mais également dans la vie. Et dans son cas, on peut réellement parler de prodige puisqu’elle a donné son premier concert à l’âge de 7 ans. Elle est également lauréate de plusieurs concours. Viktoria Postnikova doit, comme son mari, avoir une excellente mémoire. Du mieux que j’ai pu voir, il n’y avait aucune partition, et je ne l’ai jamais vue s’approcher de son magnifique piano pour tourner une page quelconque. Pourtant l’œuvre de Tchaïkovski est réputée particulièrement difficile. D’ailleurs, initialement dédié à Nikolaï Grigorievitch Rubinstein, il avait déclaré que le «concerto n’avait aucune valeur, [il] était injouable».

Pourtant, aujourd’hui encore, ce concerto est une œuvre majeure dans le travail de Tchaïkovski. Elle est constituée de trois mouvements. Et pendant notre concert, Guennadi Rojdestvenski a, tout comme la première partie, su magnifiquement bien géré l’orchestre.

Alors, si vous êtes tenté par la musique classique, courez vite voir ce concert, ou un autre. Vos oreilles vous remercieront!




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.