Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

De bonnes nouvelles d’Haïti

 

Entre les problèmes en Syrie, la condition des femmes en Inde et les scandales de corruption, Haïti reste toujours bien classé comme générateur de mauvaises nouvelles.

Trois ans après le tremblement de terre, les analyses hurlent encore (et avec raison!) aux scandales quant au manque d’organisation du pays. En effet, une grande partie des dons ont été investis en installations temporaires qui sont devenues de grands camps de réfugiés. Les conditions de vie sont à peu près épouvantables entre le manque d’eau, de nourriture et d’hygiène. Mais n’ayez pas peur, je ne suis pas là pour faire une montée de lait sur les conditions de vie du tiers-monde! Vous avez accès à assez de mauvaises nouvelles dans les médias sans que je participe au gavage collectif. Il n’y a pas que des problèmes en Haïti, il y a aussi de l’espoir.

Puisqu’il est plus facile de vendre des journaux avec des photos d’enfants malades ou mourants de faim, on passe souvent à côté des projets intéressants. L’organisme Oxfam s’est spécialisé dans le développement durable et arrive à soutenir de belles initiatives haïtiennes qui auraient avorté sans leur aide. Une de ces initiatives s’est passée à Port-au-Prince, dans un atelier de transformation de fruits.

Petite mise en contexte, l’atelier Himalaya est une petite entreprise qui se spécialise dans la transformation de fruits frais à des fins de conservation. Après le tremblement de terre de 2010, la production de l’atelier a chuté de 85%. Cette situation est problématique puisque les Haïtiens ont peu de méthode de transformation de leurs récoltes. Par exemple, 70% des mangues sont gâchées puisque les conditions de préservation sont mauvaises. Cette entreprise est donc nécessaire afin de permettre aux agriculteurs de conserver leurs produits. De plus, ils peuvent écouler leur marchandise en surplus et éviter les pertes. En effet, l’atelier Himalaya valorise et offre une grande variété d’aliments à la population de Port-au-Prince, puisqu’ils sont en contact avec plusieurs agriculteurs.

En juillet 2012, Oxfam Québec a investi 50 722$ dans cette entreprise pour encourager son développement. Avec cet argent, un entrepôt a été construit, des outils spécialisés ont été achetés et une formation solide sur l’hygiène a été donnée aux employés afin d’augmenter la qualité de leurs produits. Depuis, l’atelier Himalaya a pu augmenter sa production et les points de vente sont passés de 10 à 21 et le rendement de l’entreprise s’est hautement amélioré grâce à une meilleure connaissance de l’administration et de la gestion. Ce changement permet aux habitants de Port-au-Prince d’accéder à des produits diversifiés comme des confitures, des liqueurs et du beurre d’arachide. De plus, la majorité des travailleurs de l’atelier sont des jeunes et des femmes et cette évolution leur permet d’améliorer leur indépendance et leurs conditions de vie. C’est un des nombreux projets qui visent à améliorer les conditions de vie des Haïtiens avec succès!

Même si je n’ai pas fini de m’insurger devant les injustices du monde dans lequel on vit, il faut admettre que tout n’est pas toujours noir. Malgré le pessimisme chronique des médias, je garde mon sourire aux lèvres et me réjouis encore de ce genre d’histoire inspirante qui devrait paraître plus souvent dans nos journaux.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Le Polyscope en PDF+