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Pont Champlain : une lueur d’espoir pour le transport

Les nerfs en sphère – La chronique d’un vert

 

Le gouvernement québécois a annoncé dernièrement qu’il songeait à implanter un système léger sur rail (SLR) dans le projet du nouveau pont Champlain. Quoi? Du transport en commun efficace pour desservir la Rive-Sud? On ose penser à un projet de développement urbain intelligent? J’ai retrouvé un peu d’espoir en la vie, moi qui suis encore si amer du projet de reconstruction de l’échangeur Turcot et de l’absence de vision qui en découle.

Le Bureau des partenaires du pont Champlain examine présentement les différentes possibilités de transport en commun pour le nouveau pont. Trois scénarios sont présentement sur la table. Premièrement, il y a le maintien de la situation actuelle, c’est-à-dire la voie réservée durant les heures de pointe. Deuxièmement, il pourrait y avoir des voies réservées améliorées qui permettent un trajet plus rapide jusqu’au centre-ville. Enfin, la région métropolitaine de Montréal pourrait innover son offre de transport en commun en se dotant d’un SLR. Vous devinerez que le troisième scénario est de loin mon préféré.

Obstacle majeur à cette augmentation de popularité de la Rive-Sud : un tel projet coûterait de 1,4 à 2 milliards et dépend, entre autres, de l’argent que le gouvernement fédéral est prêt à y investir. En effet, le pont Champlain est la propriété d’une société d’État qui relève du ministère des Transports du Canada. Ceci est dû à des raisons historiques de financement et au rattachement à la compétence fédérale reliée à la Voie maritime du Saint-Laurent.

Pour le projet du SLR, le partage des coûts entre le gouvernement provincial, responsable d’une partie importante du réseau de transport, et le gouvernement fédéral est donc un enjeu important. Une telle bataille n’est certainement pas partie gagnée si on se réfère à l’historique de non dialogue du gouvernement Harper.

Je ne suis certainement pas un expert en développement urbain et je ne maîtrise clairement pas les e enjeux reliés à un tel projet. Cependant, je suis suffisamment futé pour me rendre compte que le présent casse-tête de congestion entre Montréal et la Rive-Sud reflète un retard important en 2012. François Cardinal de La Presse résume bien le portrait actuel : « La situation est ridicule. Chaque jour, soir et matin, un employé de l’AMT est obligé de déposer manuellement des centaines de cônes orange sur le pont Champlain afin de créer un corridor ponctuel pour les autobus… »

Ce serait vraiment bien si, cette fois, on réussit à saisir l’occasion pour investir dans un projet collectif à long terme. Ce pourrait être un projet qui revitalise des quartiers et qui réduit notre pollution atmosphérique, nos émissions de gaz à effet de serre et notre dépendance au pétrole. Ce pourrait être le moment de consolider notre expertise dans l’électrification des transports et dans le génie québécois.

Le projet de reconstruction de l’échangeur Turcot a initialement été vu uniquement comme un projet autoroutier par le gouvernement québécois alors que ça aurait pu être une occasion de mettre en oeuvre des projets ambitieux de développement urbain durable. Il a été reproché que la Ville de Montréal n’était pas suffisamment impliquée dans la prise de décision. Maintenant que le gouvernement péquiste est plus favorable aux projets de transport en commun, ce serait bête que Harper freine un tel projet de développement économique.

Un développement urbain durable passe nécessairement par la cohésion entre les zones résidentielles et les lieux de travail ainsi qu’un réseau axé sur un transport en commun efficace et confortable.

Le système léger sur rail (SLR)

Un SLR est tout simplement une jolie expression francophone pour désigner un tramway. Un train traditionnel circule sur des rails inclinés vers l’intérieur de la voie alors qu’un SLR utilise plutôt des rails plats. De plus, un SLR fonctionne généralement à l’électricité.

– 32 000 personnes par période de pointe (par rapport à 22 000 par jour)

– temps de parcours de 17 à 19 minutes

Parcours : Quartier Dix/30, secteur du boulevard du Quartier, les stationnements Chevrier et Panama à Brossard, Îles-des-Soeurs, Pointe-Saint-Charles, axe de la rue Wellington, quartier Griffintown, axe de la rue Peel et quartier de Bonaventure.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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