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Tout ce qui tombe, au théâtre d’aujourd’hui

Du 30 octobre au 17 novembre est présenté au théâtre d’Aujourd’hui la bouleversante pièce « Tout ce qui tombe», premier texte scénique de Véronique Côté mit en scène par Frédéric Dubois.

 

Entre l’Allemagne et le Québec, entre la chute du mur de Berlin et aujourd’hui, les destinées ou les hasards de quatre couples s’entremêlent. Tous ont des choix difficiles, mais sommes-nous vraiment responsables de notre avenir? Le doute, les tourments de l’amour, les peurs et les espoirs des personnages tissent la trame de la pièce. Leur va et vient quotidien la rythmant est entre coupé d’épisodes importants, dramatiques, qui marquent le fait que les tournants d’une vie ne sont que de courts épisodes face à la routine.

En 1989, Morizt s’imagine passer sa vie avec Rose, mais il faut qu’elle quitte le pays pour retrouver son enfant. En 1999, Christophe, luthier québécois, veut avoir un enfant avec Charlotte, chanteuse d’opéra allemande, mais une séduisante québécoise l’attire. En 2009, Marco aime Sophie, mais il perd l’ouïe de jour en jour et disparait sans avertissement pour apprivoiser ce qu’il va bientôt ne plus avoir. Et il y a Marie, toujours prête à s’enfuir à cause de sa peur de l’échec, mais aussi par sa quête de «quelque chose d’extraordinaire».

«Pourrions-nous nous aimer davantage?». Tout ce qui tombe, ce sont ces murs que nous voulons vaincre dans nos relations mais qui ne disparaissent jamais complètement. «Dans les trois histoires il y a une notion de frontière. Frontière avec l’autre, frontière de la langue. Véronique s’est concentrée sur ce qui nous lie et ce qui nous sépare.»

Véronique Côté est sortie du conservatoire d’art dramatique de Québec en 2002. Elle a plusieurs fois mit son talent de comédienne au service des pièces de Wajdi Mouawad. Cette fois-ci elle s’est mise à l’écriture, mais bien sûr, l’influence de ce grand dramaturge sur ses textes est importante. Comme elle le dit, « L’univers de Wajdi, c’est la plus grande partie de ma vie professionnelle. C’est un peu normal qu’on sente une influence.» Elle s’est inspirée de l’histoire d’une comédienne allemande, Julianna Herzberg, qui a fui la RDA avec sa famille un peu avant la chute du mur de Berlin pour écrire cette pièce. Afin de parler de ces évènements historiques en toute légitimité, Véronique Côté a utilisé les relations amoureuses. «Des amours impossibles, c’est de ça que j’allais me servir. Mes personnages sont tous habités par ce que j’appelle le pressentiment de l’échec. Ils ne savent pas où ils sont, d’où ils viennent et à quoi ils appartiennent. »

Un voyage au cœur de la vie qu’il faut aller voir et qui ne va pas dans le cynisme comme bien d’autres. «Tout n’est pas perdu», dernière phrase de la pièce qui laisse les spectateurs avec un sourire flottant dans leur visage.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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