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Le début et la fin

 

Déjà ! C’est déjà la dernière édition ordinaire du Polyscope de cette session ! Ne pleurez pas mes agneaux, nous serons de retour cet hiver et notre édition spéciale « kapoté » sera là pour animer votre session d’examens. Certaines mauvaises langues pourraient souligner qu’avec 20 éditions du Scope par année, prendre un éditorial complet pour annoncer chaque fin de session me soulage de 10% de mon travail… Je vais donc outrepasser ma lâcheté proverbiale et aussi faire un brin de jasette sur les élections américaines. Si je n’écrivais pas cet éditorial moins de deux heures avant l’envoi du journal, on croirait presque à mon assiduité.

Quatre ans de plus !

Obama a été réélu, vous le savez. Ce n’est pas une si grande surprise, mais il faut avouer que Mitt Romney lui a drôlement chauffé les fesses dans les dernières semaines. Alors que tous les résultats catastrophiques étaient envisagés (égalité au chapitre des grands électeurs, une victoire démocrate malgré une défaite au plan du vote populaire ou même, ô malheur ! Une victoire républicaine), le camp Obama a finalement gagné avec une marge importante. Avec plus de 300 grands électeurs il a fait mentir les analystes politiques qui prédisaient une lutte serrée et Mitt Romney n’a pas réussi à s’imposer dans les « swing states », ces États clés qui changent d’allégeance au gré des élections et qui décident bien souvent du résultat. Encore mieux, il a aussi amassé plus de 50% des voix, un exploit pour un Président sortant que, si j’en crois La Presse, même le grand Bill Clinton n’avait pas réussi à réaliser…

Les Républicains s’enfoncent et ils s’enfonceront encore plus

C’est une défaite cuisante pour le parti républicain qui n’a pas réussi à utiliser le contexte économique difficile et à cristalliser la frustration des Américains. Ce qui est particulièrement désolant, c’est la réaction des élites radicales du Parti. De ce côté de la frontière, nos chroniqueurs politiques s’entendent pour dire que la défaite républicaine est en partie due à la radicalisation de Mitt Romney qui a dû tourner le dos à ses valeurs de modéré (droit à l’avortement, défense de sa propre réforme de la santé ressemblant à celle d’Obama etc.) pour gagner les primaires républicaines et a choisi comme colistier Paul Ryan, un conservateur fiscal aux politiques suffisamment musclées pour effrayer l’électeur moyen. On peut aussi ajouter à tout cela le fait que les Républicains s’entêtent à défendre des idées rétrogrades (opposition au mariage gai et à l’avortement) et on se retrouve avec une belle recette pour un échec retentissant. En fait, la seule chose qui a permis à Romney de rester dans la course fut sa performance au premier débat… où il s’est présenté comme bien plus modéré que dans le reste de sa campagne.

Malgré tout, ce n’est pas cela que retiennent les radicaux républicains… Pour eux, un autre modéré vient de remporter une cuisante défaite et ils refusent de voir que la faute leur revient. Les membres du Tea Party, cette branche « extrémiste » du Parti, réclament déjà un candidat plus «musclé » pour les prochaines élections. On pourrait se désoler de leur fermeture d’esprit et de leur stupidité… Je vais me contenter de savourer leur défaite anticipée. Parfois, j’ai presque de la pitié pour les « libertariens » et conservateurs fiscaux qui doivent s’associer à la droite morale friande de fermeture d’esprit et de crétinisme congénital. Ceux qui croient que l’Église a son mot à dire dans l’État, qu’un mariage entre conjoints de même sexe est une aberration, qu’une femme tombant enceinte à la suite d’un viol reçoit un don de Dieu et qui pensent toujours qu’Obama est un musulman. Oui, j’ai parfois un peu pitié… mais ça passe généralement assez vite.

C’est le début d’un temps nouveau ! (J’aime bien cette chanson mais je suis pas mal certain que ce n’est pas la première fois que j’utilise ce sous-titre)

On verra bien ce qu’Obama pourra faire, considérant qu’il n’a toujours pas le contrôle de la chambre des représentants. Je n’ai pas hâte de voir à quel genre de compromis il devra consentir pour sortir le pays de l’impasse politique qui sévit en ce moment. On s’en reparle en janvier !




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.