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Suis-je une étampe? (réflexion sur le rôle d’une assemblée générale)

Ah quel feu roulant d’action auquel nous avons eu droit lors de l’Assemblée générale de l’AEP jeudi dernier? Quoi? Vous n’y étiez pas? Laissez-moi vous résumer tout ça : eh bien nous avons adopté les états financiers et… Et bien c’est ça…

 

Vous savez, une assemblée générale d’une association étudiante, c’est rarement palpitant. Toutefois, après une seconde assemblée annuelle à Poly, force est de constater que les AGs de l’AEP obtiennent la palme de l’ennui et de l’inutilité.

Tout d’abord, les résultats financiers : Ils sont inévitables et, par définition, assez ennuyeux. Pourtant, la présentation de ceux-ci n’a pas à être autant dépourvue de contenu. Pourquoi ne pas souligner les postes budgétaires qui ont le plus changé ou expliquer en quelques phrases ce qui a été modifié dans les finances de l’association? Cela aiderait sans doute plus à aiguiser les interrogations des membres que les pauses de cinq secondes devant des colonnes de chiffres suivies de l’éternel : «Quelqu’un a des questions?».

Bon, c’est vrai, peut-être que je chiale pour rien. Il ne faudrait pas allonger outre mesure la présentation des résultats financiers. En fait, le vrai problème de cette AG, c’est justement le fait que je n’ai rien d’autre à commenter que la présentation des états financiers. Pas une seule proposition soumise à un vote, pas d’information sur les dossiers en cours à l’association. En fait, le moment le plus intéressant de l’assemblée a été la réponse de Maxence Lenoir, VP éducation, à une question concernant les vols d’identité de polytechniciens récipiendaires de bourses (sujet couvert par le Polyscope à deux reprises cet automne). Ainsi, on a pu apprendre où en étaient les négociations entre l’Asso et l’administration et quel serait le plan de match si jamais la direction refusait les demandes des étudiants. Ce genre de compte rendu des activités de l’association ne devrait pas attendre les questions des membres et il serait particulièrement pertinent de la part des exécutants de présenter les progrès effectués dans certains dossiers importants.

En théorie, l’Assemblée générale est l’organe suprême de décision d’une asso. Les décisions importantes quant aux mandats généraux de l’exécutif et aux orientations à prendre devraient lui être confiées alors que la gestion des affaires courantes revient au conseil d’administration et aux membres de l’exécutif. Pourtant à Poly, on se contente en AG de ratifier les résultats financiers. Pardonnez-moi l’expression anglaise, mais il s’agit là d’un grave cas de «rubber stamping». Comprenez-moi, je ne suis pas nécessairement contre le fait que l’AEP se soit doté d’un C.A. fort et proactif, mais il reste que le manque communication et de consultation en AG dénude l’asso d’une partie de son caractère démocratique.

On m’a donné la réponse suivante : «Mais tu peux toujours venir parler au C.A. ou directement aux membres de l’exécutif!» Là n’est pas la question : le but de l’AG est justement de permettre à ceux qui ne souhaitent pas nécessairement jouer un rôle actif dans les affaires de l’Asso de faire entendre leur voix au moins une fois dans l’année. De la même façon fameux «Oui mais tu peux apporter des points en AG» ne peut pas faire office de réponse magique. Il est du devoir des exécutants de tenter d’intéresser les membres aux sujets qui les touchent directement.

Que faire alors? On m’a aussi fait remarquer que le Quorum de l’assemblée (le nombre minimal de membres présents) n’était atteint que grâce à l’obligation qu’ont les membres des comités de s’y présenter. C’est sans doute vrai, mais l’Asso donne plus l’impression de se complaire dans cet état de fait que de tenter d’y remédier. On n’a pas vu d’efforts particuliers en matière de publicisation de l’évènement, sans parler que d’attirer des étudiants à la seule lecture des états financiers… Finalement, il y a le problème du temps. Une assemblée de seulement 1h ne laisse certes pas beaucoup de place au débat. Pourtant, j’ai la solution toute trouvée : à l’instar de plusieurs autres associations étudiantes, pourquoi ne pas faire une deuxième assemblée à l’hiver? Une assemblée dépourvue de la torture des états financiers et consacrée à informer les membres sur les activités de l’Asso et à les consulter sur les orientations à prendre pour l’année suivante. Parce que j’aime bien les étampes, mais je n’aime pas trop me faire traiter comme l’une d’elle.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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