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Killer Joe de William Friedkin

Ah lala William Friedkin, petit chenapan, toujours une belle comédie romantique dégoulinante de pâquerettes sous le chapeau hein ? Apres L’exorciste, French Connection, ou encore Douze hommes en colère, quelle jolie petite merveille nous as tu pondu la ?

 

Killer Joe c’est simple. C’est l’histoire de Chris, petit dealer de son état, aussi pitoyable que disgracieux, qui, pour éviter de se faire flinguer comme un phoque en période de chasse ferait mieux de trouver 6000 dollars rapidos. Pas facile, la vie de crapule.

Dans l’énergie du désespoir Chris va avoir une idée, primitive et sans scrupule, cela va de soi : une arnaque a l’assurance vie bien retors, que sa canaille de mère a acquis pour 50000 dollars. Hors de question qu’il la tue lui même, pour cela il lui faudrait des couilles. Non, il a une meilleure idée : il va faire appel à Killer Joe, flic le jour, tueur à gage la nuit. Le seul hic : le bonhomme veut être payé en avance et on ne discute pas les règles… a moins qu’on lui laisse s’amuser, se distraire avec la charmante sœur de Chris, Dottie…

La tendance du film ne laisse clairement pas de place à l’apitoiement, au romantisme ni à n’importe quel sentiment à faire pleurer dans les chaumières. Non le film choque, défie les lois de la morale et des bonnes mœurs. Chaque personnage met mal a l’aise par sa vulgarité, sa bêtise et inspire le dégout autant par son manque de scrupules que par son opportunisme. La tension du film va en crescendo : mêlant humour noir et jeu de massacre. On passe très vite du rire nerveux qui commente la scène malsaine et dérangeante au silence choqué bouche ouverte, abasourdi, ahuri même par la sauvagerie et l’extrême théâtralité de la dernière scène. Ce film donne un point de vue nihiliste et barbare de la société américaine à l’heure ou la campagne de Mitt Romney, mormon averti, aux présidentielles américaines, bat son plein.

On sort de la salle, assez perplexe par ce que l’on vient de voir et en même temps fasciné par l’immoralité sans limite que le réalisateur ose mettre en scène. Il va de soi que la contenance de l’oeuvre et sa crédibilité résident aussi et surtout dans le jeu des personnages. Matthew McConaughey incarne certainement le rôle de Killer Joe à la perfection et opte pour un registre à ce jour dissonant de ce qu’on a pu lui connaître. Quant à Gina Gershon, elle incarne exactement le rôle de la femme vénale fardée comme un camion de pompier à un défilé national, sans aucun instinct maternel.

Une chose est sûre mes loulous, c’est qu’après la dernière scène, je mets une croix sur le poulet frit Kentucky à vie ! Une inspiration pour les altermondialistes peut être suffisamment horripilante pour enrayer la consommation de malbouffe ?

Je ne dis plus rien maintenant a part vous conseiller d’aller le voir. C’est un film que l’on retient, dirigé par une main de maître.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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