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Culture Gui-iK : Êtes-vous nomophique ?

 

La dépendance au téléphone est un véritable fléau de notre société. De plus en plus de personnes sont tellement accros à leurs téléphones. Mais jusqu’à quel point est-on devenu accro à notre téléphone ? Nos voisins anglophones ont trouvés un nom pour cette dépendance : la nomophobie. C’est une contraction de No Mobile Phobia. On parle souvent de drogue au sens strict du terme. Être accro à la cocaïne, aux pilules. Mais le téléphone a ceci d’intéressant, c’est-à-dire d’être une dépendance sans drogue.

Tenir son téléphone dans la main peut souvent être vu comme un acte narcissique. Après tout si on est nomophobique, c’est que notre téléphone est en quelque sorte une extension de soi-même, et par le fait même une extension de son corps. Je ne sais pas jusqu’à quel stade vous êtes rendu mais pour ma part m’enlever mon téléphone en période de cours c’est assez difficile à vivre.

Et, paradoxalement, lorsque je pars en vacances, lorsque je retourne en France (eh oui je suis français!) je n’ai pas de téléphone et je ne me sens pas plus mal. Mais est-ce juste un effet temporaire parce que je sais que je ne peux consulter mes courriels en tout temps, je ne peux être sur bbm, viber, whatsapp et autres moyens de communication dénaturant la langue française en tout temps ?

Et pourtant, même si mes amis me font souvent la réflexion de me servir régulièrement de mon téléphone soit en soirée, soit pendant lors d’un diner, il faut admettre que nous le faisons tous ! Mais la semaine dernière j’ai été témoin d’une chose assez impressionnante. Alors que je travaillais dans un café, j’ai dû prendre une pause pour me rendre dans la salle de bain, et alors que tout était normal, un homme est rentré, téléphone à la main, est venu faire ce qu’il avait à faire puis est reparti le plus naturellement du monde sans lâcher une seule fois son téléphone.

Peut-on devenir tellement accro que l’on ne peut lâcher son téléphone pendant ses petits besoins ? Est-ce que nous allons tous finir ainsi, cellulaire greffé à la main, écrivant nos textos d’une main, faisant nos besoins de l’autre ? En parcourant 9gag, et oui, j’ai plus d’une dépendance, j’ai également vu une photo dans les toilettes ou l’on pouvait voir avant des bandes dessinés et aujourd’hui une tablette numérique. Si c’est pour lire pourquoi pas. Quand on est jeune, c’est toujours agréable de lire un magazine. Vous pouvez même amener un Polyscope avec vous ! Mais une tablette ? On va commencer un jeu vidéo, puis on y jouera encore et encore…

Il faut réaliser que c’est le portable qui doit être à notre service, et non l’inverse ! Si la tendance se poursuit, nous allons tous aller à la direction opposée et nous allons finir par être déconnecté du monde réel en s’enfermant dans ce monde virtuel que nous créons ! Il ne faut pas oublier que notre téléphone est là pour que l’on puisse rencontrer des gens pas pour que l’on s’enferme aux toilettes pour écrire des messages ou pour appeler. Car oui, j’ai également vu des gens rentrer dans les toilettes, faire leurs affaires, et ressortir sans pour autant finir leur conversation vocale !

Évidemment, ce genre de dépendance typique de notre époque peut se retrouver sur bien des formes, et si vous vous pensez libre de cette dépendance téléphonique vous pouvez être assujetti à d’autre toxicomanies sans drogue. On pourra citer la dépendance à la télévision, aux jeux vidéo, à internet, à votre iPod ou iMachin !

« On est dans une société robotique où l’on doit faire plein de choses à la fois. Une partie de la population pense que si elle n’est pas connectée, elle loupe quelque chose. Et si on loupe quelque chose ou si on ne peut pas réagir tout de suite, on développe des formes d’angoisse ou d’énervement. Les gens n’ont plus de patience », selon Phil Marso, auteur en 2004 du premier livre entièrement rédigé en SMS

Il faut pouvoir exister en dehors de ce mode virtuel et arrêter de vivre au travers du téléphone. Le besoin de contact, cette impossibilité de ne pas couper le cordon cache certainement une anxiété, une angoisse de la solitude.

«Parallèlement à tout cela, les réseaux sociaux créent des liens avec des communautés et font qu’il y a un besoin de mise à jour constante et de consultation en permanence. S’il y avait un petit compteur sur chaque téléphone comptabilisant le nombre de fois où on le vérifie, on serait surpris», souligne Damien Douani.

Donc où est la ligne du bien et où est la ligne du mal dans les téléphones ?

C’est à Taiwan, que deux psychiatre ont découvert une maladie mental touchant les utilisateurs d’iPhone appelés IAD – iPhone Addiction Disorder – en donnant des exemples extrêmes d’utilisation par les individus. Parmi le cas le plus extrême, on relate celui d’un étudiant à l’université qui regardait pendant les 24 heures de sa journée l’écran du téléphone.

Pour l’instant il n’existe pas encore de nom de syndrome pour les utilisateurs de BlackBerry (ouf je suis sauvé) ni pour ceux utilisant les systèmes android…

Essayez de le couper de temps en temps, et de vous en détacher au profit de rencontres «tangibles» avec vos amis lors d’un karaoké des plus douteux.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.