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La menace des analyses de cycle de vie

Par Polycube

Polycube est un organisme qui milite contre Polysphère. Le mandat de Polycube est de sensibiliser les gens sur l’importance de la pollution et de militer pour des émissions incontrôlées de tous les polluants imaginables. Il est particulièrement connu pour avoir encouragé l’extinction des baleines ainsi que pour avoir fait du lobbying pour forcer le gouvernement à adopter une loi obligeant les entreprises à ajouter du plomb dans la nourriture pour bébé.

Ce printemps, au Québec, par les manifestations de centaines de milliers d’étudiants, a montré un péril bien plus grave que ce dont pouvait s’imaginer notre élite politique. Les étudiants ont agi de la manière la plus pernicieuse pour endormir les Québécois : d’abord en portant un carré rouge soi-disant inoffensif, puis en criant des slogans tels que : «Le Capital nous fait la guerre, guerre au Capital ! » (sic !), pour finalement faire des manifestations où il y avait plus de drapeaux rouges dans les rues du Québec que celles de l’URSS.

Ceci n’était malheureusement que la pointe de l’iceberg. Un péril beaucoup plus grand s’est installé à l’École Polytechnique de Montréal : l’enseignement des analyses de cycle de vie. Dans plusieurs programmes, il est maintenant obligatoire de se faire enseigner qu’il faut limiter la pollution en considérant les impacts de toutes les étapes de fabrication des produits de l’industrie. Cette pensée infiltre maintenant pratiquement toutes les activités du génie.

Bien sûr, il fallait s’attendre à ce qu’une telle initiative provienne des ingénieurs. Ceux-ci soutiennent la doctrine que l’être humain doit s’adapter aux lois de la nature en utilisant celles-ci pour son bien-être. Il n’y a qu’un pas à faire pour penser que l’utopique bien-être de la population ne peut se faire que grâce à un équilibre entre la richesse matérielle, la société et l’environnement.

Soyons clairs : l’équilibre, c’est la mort, quel que soit l’échelle considérée. Un être humain qui est en équilibre avec son environnement n’a pas d’échange net avec son environnement : il ne peut donc respirer. De la même façon, une usine qui produit tel produit chimique qui aurait comme déchet chimique de l’acide sulfurique à 1200°C se doit de la lancer telle quelle dans l’atmosphère. Les tentatives de procéder autrement font mourir les entreprises.

Comme toute marchandise, l’être humain se doit de servir à la machine de l’économie en se faisant acheter sa force de travail par les entreprises créatrices de richesse. Il n’y a pas d’autre raison à l’existence de l’être humain : les entreprises laissent juste assez de temps aux employés pour se reproduire. Les remplaçants de ces employés, appelés bébés, ne sont cependant pas tout de suite fonctionnels en tant que créateur de capital : plusieurs tonnes de nourriture, des conditionnements émotionnels intenses ainsi que la programmation de leur intelligence doivent être ajoutés au bébé afin de finir l’assemblage du nouvel employé.

Pour être vraiment rigoureux, l’être humain, comme le reste de l’Univers, est une illusion. C’est la valeur monétaire de l’être humain, en tant que telle, qui existe. Les seules interactions réelles dans l’Univers sont les lois de l’échange des marchandises : les lois physiques ne sont que le reflet de celles-ci. Par exemple, quand le patron, créateur de richesse, demande à un ingénieur de concevoir un tel produit, les lois de l’Univers se mettent à fonctionner selon les désirs du patron. C’est le rôle de l’ingénieur : refléter dans le monde matériel abstrait les besoins monétaires concrets du patron.

(À vrai dire, le patron n’existe pas réellement non plus : il n’est qu’un représentant matérialisé du Capital. Le Capital est la seule entité à exister réellement.)

Tout cela marcherait bien, si ce n’était pas de la propagande communiste qui sévit maintenant dans nos universités. À l’heure actuelle, plusieurs agents, pendant que vous lisez ces lignes, sont en train de montrer à nos étudiants l’organisation d’une future société totalitaire dystopique. Les futurs ingénieurs apprennent qu’il est de leur devoir de concevoir les produits afin d’avoir un contrôle sur la pollution causée par la production et la consommation de biens matériels. On sait que le contrôle de la consommation ne peut mener qu’à deux choses : le rationnement, avec ses files d’attentes interminables et la mort. Déjà, avec des initiatives comme Consigne Québec, beaucoup d’opportunités de production d’aluminium ont été empêchées à la source. Elles ont empêché la création d’emplois, la création de valeur à partir de nouvelles ressources naturelles. Puisque la vie est en réalité un mouvement de valeurs monétaires, empêcher la création de ces valeurs a causé la mort du potentiel de millions de dollars de biens matériels.

Ce système est parfait. C’est le summum de l’évolution de la société : la distribution des ressources selon le marché-libre est un modèle indépassable. Les ingénieurs doivent absolument continuer à suivre le modèle établi précédemment : travailler pour augmenter indéfiniment la production et la consommation de biens matériels. Ainsi, nous aurons la garantie que ce merveilleux système sera le dernier que la Terre connaîtra.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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