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DOSSIER: STAGES À 9 CRÉDITS

La direction ira de l’avant avec son projet de faire passer les stages de 3 à 9 crédits. Le Polyscope tente de cerner les impacts de ce changement sur la population étudiante.

La position de votre association étudiante

 

Le 3 juin dernier, la Direction des affaires académiques et internationales (DAAI) a présenté au Conseil académique un document concernant la « valorisation des stages au baccalauréat ». Ce document, après une brève présentation de ce qui est fait à l’Université de Sherbrooke et à l’Université Laval, proposait d’emboiter le pas à ces universités et considérer les stages du baccalauréat à Polytechnique comme valant 9 crédits plutôt que les 3 crédits présentement reconnus. Les arguments au soutien de cette proposition sont assez simples. D’abord, les autres universités, en faisant ce changement, pourront aller chercher plus de financement de la part du gouvernement, chose que Polytechnique doit faire également pour demeurer compétitive. Ensuite, si on fait un calcul d’heures allouées au stage, ces heures équivalent plus à neuf crédits qu’à trois. De plus, avec le passage à neuf crédits, les étudiants se verront attribuer un diplôme de microprogramme découlant de leur stage. Finalement, la réalisation d’un stage est très importante dans la formation d’un étudiant et contribue à l’acquisition des qualités exigées par le BCAPG.

L’AEP s’est d’abord opposée à toute modification des crédits accordés aux stages parce que le projet soulève plusieurs inquiétudes du point de vue étudiant et plusieurs questions demeuraient sans réponse. Du point de vue de l’AEP, si l’école désire réellement valoriser les stages, ce n’est pas l’attribution d’un microprogramme ou de crédits supplémentaire qui est nécessaire, mais bien l’amélioration du service du SSP, afin d’aider les étudiants à se trouver des stages stimulants, en quantité suffisante et à la hauteur de leurs aspirations, qui pourront réellement contribuer à leur formation. L’attribution de crédits supplémentaires change peu la valorisation du stage en tant que tel, mais plutôt sa rentabilisation aux yeux de l’École. De plus, l’attribution d’un microprogramme ne dupera personne, la nature du stage ne change pas, et les apprentissages réalisés par l’étudiant non plus. Il est difficile de croire qu’un étudiant de Polytechnique qui n’aurait pas son microprogramme en stage serait désavantagé par rapport à un étudiant de l’Université Laval qui aurait un microprogramme en ayant réalisé le même stage de la même durée dans la même entreprise, par exemple.

Ensuite, la question monétaire inquiète beaucoup l’AEP. Les stages à Polytechnique sont déjà les plus chers payés au Québec (CRÉIQ, 2013) . Bien que la proposition de la DAAI mentionnait que la facture étudiante n’augmenterait pas, la seule mesure concrète en ce sens était une obscure « bourse équivalente […] par une écriture comptable ». Jusqu’à aujourd’hui, même si la direction se dit prête à assurer que les étudiants ne paieront pas plus pour ce passage à neuf crédits, il reste que les différents impacts fiscaux ou encore les impacts sur l’aide financière aux études restent nébuleux pour l’École elle-même.

Somme toute, l’AEP supporte de tout cœur une initiative de la DAAI visant à valoriser les stages, du moment qu’il s’agisse de mesures visant réellement à valoriser les stages des étudiants, et non seulement à les rentabiliser. Des investissements humains et monétaires en ce sens seraient judicieux, permettant aux étudiants de Polytechnique de rayonner à l’extérieur de l’École et de rapporter les précieuses connaissances acquises lors de leur stage à Polytechnique pour compléter leur baccalauréat de 120 modestes crédits.

Le point de vue de Polytechnique

Le Polyscope a rencontré M. Yves Boudreault, directeur des études de premier cycle ainsi qu’Allan Doyle, Directeur du Service des stages et du placement, afin de les questionner sur le projet de stages à 9 crédits. Voici un résumé de cet entretien :

P : Qu’est-ce qui motive l’ajout de 6 crédits hors-programme aux stages de Polytechnique?

Pour M. Boudreault, il est important de remettre Polytechnique au niveau des autres programmes de l’Université de Montréal. En effet, dans la plupart des cas, un stage en temps plein de 12 à 15 semaines vaut bien plus que les trois crédits actuels. Il a d’ailleurs été souligné qu’un cours de trois crédits équivaut à 135 heures de formation alors qu’un stage demandera en moyenne entre 400 et 450 heures de travail.

M. Doyle a quant à lui insisté sur les avantages concrets du stage à 9 crédits pour les étudiants. Selon lui, cette modification permettra enfin de répondre à une demande récurrente de la population étudiante : la possibilité de faire un stage à temps partiel. En plus de permettre aux stages d’êtres étalés sur deux sessions (de respectivement 4 et 5 crédits), cela laissera le champ libre aux étudiants voulant suivre quelque cours et bénéficier du statut d’étudiant à temps plein.

Le statut d’étudiant à temps plein est d’ailleurs un facteur important de cette décision : les étudiants effectuant un stage facultatif à l’automne ou à l’hiver ne pouvant pas bénéficier du statut d’étudiant à temps plein, ils doivent renoncer à une bonne part de l’aide financière offerte par le gouvernement. Grâce au stage à 9 crédits, l’inscription à un seul cours du soir permettra de conserver ce statut.

P : Ce changement entrainera-t-il un coût supplémentaire pour les étudiants ?

M. Boudreault et M. Doyle ont tout deux affirmé que leur première priorité avait été de s’assurer que la mesure ne coûterait rien de plus aux étudiants. Actuellement, les étudiants paient pour les trois crédits que valent les stages, incluant les stages facultatifs. Dans le nouveau système, ils paieront toujours l’équivalent de trois crédits. La modalité du paiement n’est pas encore fixée, mais il semblerait que le coût des six crédits restant serait redonné aux étudiants, probablement sous forme de bourse. Ni M. Boudreault ni M. Doyle n’ont pu répondre au Polyscope qui souhaitait savoir si un tel remboursement aurait un effet négatif sur le plan fiscal pour les étudiants recevant déjà des bourses élevées.

P : Plus de crédits impliquent plus de subventions gouvernementales pour l’école. Les étudiants en bénéficieront-ils?

M. Doyle a fait savoir qu’une partie des fonds ainsi récoltés reviendront au service de stage et placement qui pourra ainsi offrir de meilleurs services à la population étudiante et être plus compétitif face aux autres universités.

P : On nous a informés que pour être accepté par le ministère, le programme de Poly devrait sans doute avoir recours à un Microprogramme. Qu’est ce que cela signifie concrètement?

Les crédits ne sont pas comptés dans les 120 crédits du baccalauréat du génie. Or, Polytechnique ne peut pas simplement ajouter 9, 18 ou même 27 crédits hors-programme à la formation du bac. Ainsi, un diplôme de « microprogramme » serait émis à chaque étudiant. Ce diplôme ferait mention des crédits supplémentaires. Bien qu’il soit plus de nature symbolique, il constitue néanmoins une reconnaissance supplémentaire des apprentissages effectués au cours des stages.

Mots-clés : Dossier Stage (15)

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