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Tête à tête avec la réflection de Masoch

La vénus au vison au Théâtre Jean Duceppe

 

L’écrivain autrichien Leopold von Sacher-Masoch (1836-1895) était un de ces personnages qui par leurs passages non conventionnels sur la terre, marquent la conscience collective de l’homme. Pionniers du tabou, étant les premiers à admettre leur intérêt envers des activités jugées socialement inacceptables, ils en deviennent ambassadeurs à tout jamais.

Quel était l’héritage de Sacher-Masoch? En plus de ses écrits littéraires, Sacher-Masoch était connu pour ses pratiques sexuelles hors du commun. Celles-ci furent nommées après lui: Sacher-Masoch était « masochiste ». Le masochisme sexuel demeura défini comme un trouble psychologique par le DSM jusqu’en 1994.

Aujourd’hui en 2013, le masochisme est déclassifié du DSM et est devenu le sujet de pièces de théâtres destinées au grand public: le thème du masochisme prît place sur la scène du Théâtre Duceppe dans la pièce « La Vénus au Vison » de David St-Ives.

La pièce de théâtre prend place dans un gymnase scolaire. Dehors, la pluie tombe à flots et on entend le tonnerre. À l’arrière du décor, on voit un gigantesque miroir qui couvre la totalité du mûr au fond de la scène. Les spectateurs dans la salle sont confontés à leur réflexion tout au long de la pièce.

Sur scène on retrouve Thomas, un jeune dramaturge dans la trentaine qui prépare une adaptation de « La Vénus au vison » de Masoch, l’auteur masochiste.

« Les actrices de nos jours n’ont aucune passion! » raconte Thomas à sa fiancée qui l’écoute à l’autre bout du téléphone. « Où est le feu et la rage d’autrefois? » lamente-t’il à sa bien aimée.

Thomas a passé la journée à chercher une actrice pour jouer le rôle de Wanda von Dunajew dans son adaptation de l’oeuvre de Masoch. Les recherches de la journée n’ont pas abouti et Thomas n’est pas plus proche d’avoir trouvé son actrice. C’est à ce moment qu’entre dans le gymnase Wanda, une jeune femme au même nom que le personnage de l’oeuvre de Masoch.

Initialement, Thomas ne veut rien savoir de la jeune actrice. Wanda plusieures heures de retard et les auditions sont terminées. La démarche de la jeune femme ne suggère pas la présence d’un grand talent d’interprétation: sa voix est d’un ton rural et son vocabulaire est vulgaire. Wanda ne tient pas compte cette fermeture de Thomas envers elle et commence à jouer le rôle de Wanda.

Surprise: sa voix se transforme en celle d’une jeune femme raffinée du 19e siècle. Au grand étonnement de Thomas, elle joue le rôle parfaitement! C’est là que commence une relation ponctuée par d’étranges jeux de pouvoirs entre Thomas et Wanda.

Wanda devient curieuse sur les motivations de Thomas à adapter le classique de Masoch. Qu’est-ce qui l’intéresse dans cette exploration littéraire des jeux de pouvoirs et de la domination sexuelle? Est-ce qu’il voit un côté de lui-même dans le personnage de Masoch? Que veut-il dire par certaines phrases de son scénario? « C’est ambivalent! » lui dit-elle à plusieurs reprises. À chaque fois Thomas lui répond: «C’est pas ambivalent mais ambigu!».

Au fur et à mesure que la pièce progresse, Thomas et Wanda entrent et sortent de visions de réflections d’eux mêmes dans les personnages de Masoch. Le gigantesque mirroir à l’arrière de la scène force les spectateurs dans la salle à faire de même. Une exploration du subconscient est inévitable.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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