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Tourmente en génie ?

Le coordonnateur de l’unité éthique de l’École, le président de Pageau Morel, une directrice de projet à SNC Lavalin et un syndic adjoint de l’OIQ étaient à Poly le 31 octobre pour discuter des répercussions de la collusion et de la corruption sur notre future carrière d’ingénieur.

Jeudi passé à la période 45, il était question de nos préoccupations reliées aux scandales dans l’industrie de la construction. En effet, la mauvaise presse sur des firmes de génie-conseil a eu des impacts sur les étudiants. À titre d’exemple, il était beaucoup plus difficile de trouver un stage l’été passé, particulièrement en génie civil.

Bernard Lapierre, le coordonnateur de l’unité éthique, explique ce dérapage par le fait que la société considère trop souvent l’éthique comme étant un système normatif. En fait, l’éthique n’est pas simplement une série de règles à suivre ou à contourner. Souvenons-nous du cours SSH5501! « L’éthique, c’est le travail que je consens à faire avec d’autres dans le monde pour réduire, autant que faire se peut, l’inévitable écart entre mes valeurs affichées et mes valeurs pratiquées. »

Ensuite, la représentante de SNC Lavalin a énuméré une série d’actions mises en place par la compagnie afin que leur engagement à l’éthique devienne une référence mondiale. Par exemple, en plus d’une mise à jour majeure de leur code d’éthique, il y a maintenant un chef de conformité dans chaque unité d’exploitation, une ligne d’assistance confidentielle, etc. Selon la représentante, les employés se sentent rassurés par ces nouveaux outils.

De l’autre côté, le président de Pageau Morel a traité l’éthique comme étant davantage une culture diffusée par la direction où le dialogue ouvert occupe une place importante et où les employés ont moins de pression reliée à la performance afin de traiter davanatge les enjeux éthiques.

 

Inutile de vous dire que ces deux compagnies ont des approches différentes en ce qui concerne l’éthique et que M. Lapierre a apprécié davantage la vision de Pageau Morel. Personellement, je crois que c’est bien d’avoir des outils pour nous assister, mais il ne faut jamais oublier que l’éthique n’est pas une finalité, mais une démarche entreprise en réflexion avec autrui.

Enfin, les compagnies de génie-conseil et l’OIQ (même si je n’en parle pas!) réagissent aux scandales afin de redorer leur image, ce qui va minimiser, avec le temps, les impacts sur notre nouvelle génération d’ingénieurs. M. Lapierre est optimiste et trouve que nous sommes dans une position stratégique afin de faire une différence lorsque ce sera à notre tour d’assumer nos responsabilités professionnelles envers la société.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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