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Le plagiat à Polytechnique

Une nouvelle mi-session vient de se terminer et des nouvelles histoires sur le plagiat sortent également. Ce n’est pas faute de l’école de tout mettre en œuvre afin de réduire au maximum le plagiat. L’école Polytechnique nous explique que le plagiat consiste à

– S’approprier le travail créatif de quelqu’un d’autre et (…) le présenter comme sien;

– S’accaparer des extraits de texte, des images, des données, etc. provenant de sources externes et les intégrer à son propre travail sans en mentionner la provenance;

– « Résumer l’idée originale d’un auteur en l’exprimant dans ses propres mots, mais en omettant d’en mentionner la source » (Direction des bibliothèques de l’Université de Montréal, 2011).

– « Copier (un auteur) en s’attribuant indûment des passages de son œuvre » (Robert, 2009).

Et bien évidemment je vais citer mes sources pour ne pas être accusé de plagiat. Mais, en période d’examen, comment le réglement sur le plagiat et anti-tricherie s’applique-t-il ?

Tricherie en période d’examen ?

Dans le programme de génie Civil, Pr. Raymond Desjardins tente de restructurer entièrement le programme pour en enlever progressivement les examens à livre ouvert. Ce changement s’explique par plusieurs raisons. La première est que tous les étudiants sont inégaux devant un même examen. Ceux qui ont pleins d’amis dans les années supérieures auront des intras, des finaux, des anciens devoirs, des anciens exercices qui lui permettront de mieux réussir l’examen. Pour ceux qui ont passé mécanique des fluides il y a encore 3 ans, il y avait cette «légende» du livre qui avait tous les exercices types possibles et dont le professeur prenait au moins 2 exercices sur 4. Donc sans même comprendre la matière, et en possédant ce livre, il était possible de réussir le cours avec une excellente note.

Ainsi, sans la possibilité d’avoir toute la documentation possible, il a été suggéré que les possibilités de triche et de plagiat allaient être réduites.

Mais je suis contre cette idée. Ce n’est pas vrai qu’en empêchant d’avoir toute la documentation possible que tout à coup la triche va disparaître. Elle est tout simplement déplacée, remise à un niveau plus petit, mieux organisé et encore plus fermé. Un des véritables enjeux de l’École Polytechnique devrait être d’obliger les professeurs à faire des nouvelles questions, des nouveaux examens, et de permettre aux étudiants la visualisation des anciens examens. Car, si un étudiant n’avait pas accès à des intras et des finaux avant la réforme, il n’en n’aura toujours pas plus. Il semble inacceptable qu’on interdise à un élève de se recopier et de permettre à un professeur de garder les mêmes examens années après années. Je suis le partisan d’un libre-accès à l’information, et c’est en ouvrant l’information à tout le monde que les chances de révisions seront égalitaires.

Dans certains cours, une solution a été trouvée à mi-chemin entre la possibilité d’avoir toute la documentation et aucune documentation. C’est le cas du cours de béton (CIV3504) où depuis cette année uniquement le livre du cours est permis pendant l’examen. Mais encore une fois, je trouve cela inadmissible de laisser passer le plagiat et la triche pour permettre ce genre de documentation. Pour ceux qui ne sont pas en béton, ni en génie Civil, voici un bref récapitulatif. Jusqu’à l’année dernière, toutes les documentations étaient permises. Les étudiants avaient donc le droit aux notes de cours, ainsi qu’à leurs travaux pratiques, et évidemment certains élèves venaient également avec des anciens examens avec l’espoir de voir un exercice équivalent. Le livre de notes de cours était un document PDF réalisé par le Pr. Massicotte. Mais depuis cette année, la seule documentation permise pendant l’examen est le même document PDF, mais cette fois imprimé chez un imprimeur et vendu pour la somme de 50$. Ainsi, un étudiant qui devait imprimer 200 pages à la coop et qui payait une vingtaine de dollars doit maintenant payer 50$ pour le même document et cela au nom de la tricherie et du plagiat. Mais cela n’enlève rien au problème puisque les étudiants ont toujours la possibilité d’annoter les pages du livre; et à en voir pendant l’examen, certaines pages étaient plus noir de crayon à papier plutôt que d’encre. Selon moi, l’autorisation d’un seul document pendant l’examen déplace le problème car au lieu d’amener les TP et les anciens intras, ils recopient dans le livre les exercices qu’ils pensent pertinent. Et les prochaines générations qui possèderont ce livre n’auront même pas à écrire tous les examens.

Le troisième problème qui se révèle à Polytechnique doit faire face à un remaniement total et à une rétrospection des plus sévères. Il s’agit de la tricherie avec l’aide des surveillants. Car, on peut avoir des anciens examens et s’entrainer avec, on peut avoir toute la documentation possible, mais il est INADMISSIBLE de voir encore aujourd’hui des élèves se faire aider par des surveillants, que ce soit volontaire ou pas.

J’ai un exemple tout récent: durant l’intra de Calcul Scientifique (version A). Alors qu’un élève demande au surveillant d’appeler le professeur, le surveillant prend sur lui de répondre à la place du professeur en outrepassant sa fonction de surveillant et aidant par la même occasion l’élève. Le pire, c’est que le surveillant est revenu pour savoir s’il y avait d’autres questions. Ce genre de comportement doit être sévèrement puni et les surveillants ciblés ne doivent plus surveiller d’examen. Il peut avoir des conseils disciplinaires pour certains cas de tricheries, il devrait exister la même chose pour les surveillants qui aide à frauder.

Une autre histoire m’a été racontée il y a maintenant un an. Je ne sais pas si elle est vraie ou fausse, mais étant donné que deux groupes d’amis sans lien me l’ont raconté je ne serai pas surpris qu’elle le soit.

Il s’agit d’un surveillant qui aurait échangé une feuille entre deux étudiantes. Pour remettre en contexte, pendant un examen, deux filles tentaient de s’échanger des feuilles et au lieu de punir l’acte, le surveillant, qui devait connaitre les deux tricheuses, s’est associé au forfait.

Comment peut-on être à Polytechnique et cautionner ce genre de comportement ?

Enfin, le dernier point que je voudrais amener est les absences motivées. Est-ce que le registrariat ne se demande pas pourquoi en période d’intra ce sont souvent les mêmes noms qui viennent apporter un mot du médecin? Au bout des années on remarque souvent les mêmes matricules qui sont absents pendant un intra, qui durant le cours suivant disent qu’ils n’étaient pas prêts et qu’ils le feront en différé une semaine plus tard. Être malade durant un intra j’y crois, mais être malade durant tous les intras de chaque session, j’ai un peu plus de mal…

Le système n’est pas parfait, mais je suis sur que nous pouvons l’améliorer tous ensemble 🙂




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.