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Watamote: Quand une anti-héroïne vole la vedette

Watamote, c’est le titre abrégé de «Watashi ga Motenai no wa dou Kangaetemo Omaera ga Warui!», qui signifie à peu près: «De toute façon, c’est de votre faute si je ne suis pas populaire!»

De façon générale, dans les animes et les mangas, les héros sont dessinés pour ressortir du lot, soit par leur beauté, ou leur force de caractère. Ce n’est pas tout à fait le cas pour Tomoko Kuroki, la protagoniste de la série Watamote, qui a été adaptée cet été en anime.

Dès le début de la série, l’apparence de Tomoko nous frappe : elle a de grands cernes violets sous les yeux et des cheveux en batailles qui lui cachent une partie du visage. Son but dans la vie? Devenir populaire dès son entrée imminente à l’école secondaire. Elle croit être prête : elle a pratiqué des centaines de fois ses interactions sociales, particulièrement celles de nature romantique, grâce aux jeux vidéos de type «dating simulation». Rapidement, elle constatera que le monde réel est à un niveau de difficulté plus élevé que le virtuel…

Watamote est une petite série, légèrement répétitive, mais dans l’ensemble très sympathique. Si vous êtes un peu otaku sur les bords, vous allez bien vous amuser à repérer les références à d’autres séries populaires éparpillées au fil des épisodes. Le style est humoristique, et l’histoire un peu sadique envers la pauvre Tomoko qui accumule déboires et faux-pas sociaux. Elle a bien une amie qu’elle n’a plus vue depuis quelques mois, mais durant cette période, celle avec qui elle se tenait à l’écart du groupe est devenue un papillon social, bien mise et rayonnante, bref, exactement le genre de personne que Tomoko voudrait être!

On s’attache rapidement à cette protagoniste non-conventionnelle, malgré ses tentatives pathétiques d’être reconnue, sa perversité, son mauvais caractère et son dédain général pour ses pairs. Je ne veux pas me lancer dans de grandes théories, mais je crois que la raison pour laquelle ce personnage est aussi apprécié est son humanité. Trop souvent, les personnages féminins sont des êtres virtuellement parfaits: des corps de mannequins, une attitude positive face à la vie, toujours prêtes à supporter leurs amis sans toutefois se laisser marcher sur les pieds, etc. Ça ne veut pas dire que les personnages suivant ce modèle sont ennuyeux; simplement, c’est rafraîchissant de suivre les aventures d’une fille qui possède peut-être plus de défauts que de qualités.

S’il y avait une morale à tirer de Watamote, outre le fait que les jeux vidéos ne remplacent pas les expériences réelles, ce serait qu’on n’a pas besoin d’être parfaite pour être un personnage principal. Et ça, je pense que plusieurs d’entre nous méritent de se le faire dire.

TL;DR

Série: Watamote, aka Watashi ga Motenai no wa dou Kangaetemo Omaera ga Warui!

Longueur: 12 épisodes

On aime: L’originalité du personnage, l’humour un peu noir, les références

On aime moins: La redondance de l’histoire, la fin ouverte de l’anime (on aurait tellement envie d’en savoir plus !

Verdict: À voir dans une période de cynisme et de misanthropie. Au moins, ça vous fera rire.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.