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Un aller simple pour Mars

La fondation hollandaise Mars One prépare la première colonie d’humains sur Mars pour 2023. Pas de géant ou mission suicide?

Alors que la NASA ne compte pas lancer de programmes de colonisation de Mars avant 2030, Mars One se positionne aujourd’hui en première place pour ce projet. Évidemment, ce sont les innombrables défis techniques qui en ont rebuté plus d’un, alors comment Mars One, société à but non lucratif, pourrait prétendre en triompher? La réponse est simple : il n’y aura pas de voyage retour pour les cosmonautes.

 

Le défitechnique

La colonisation de la planète rouge n’est pas une partie de plaisir : sept mois de trajet, assolissage par une gravité non négligeable (1/3 de g), changement brusques de température jusqu’à -87°C, pression trop faible pour la vie humaine… Selon le site de Mars One, toutes les technologies actuelles permettent cette prouesse et sont maîtrisées. Le succès de la mission résiderait en plusieurs points clés. Tout d’abord, l’établissement permanent éviterait un voyage de retour qui est certainement le plus gros obstacle actuellement. Avant l’expédition, plusieurs convois achemineraient des charges utiles comme des habitations et de la nourriture lyophilisée ou surgelée. L’utilisation de ressources in situ, comme la prétendue glace martienne, pourraient fournir de l’oxygène par électrolyse. Les panneaux solaires seraient la principale source d’énergie.

La mission

Il y aura plusieurs dimensions au rôle de l’expédition. Les astronautes devront s’acclimater et préparer les installations pour les autres colons, qui devraient amarsir sur une base régulière. En effet, la fondation voit Mars comme une première étape vers la colonisation de l’espace (rien que ça!). La recherche scientifique annoncée reste très vague : observation des effets des conditions extra-terrestres sur le corps humain et confirmation de l’existence de la vie sur la planète.

Quels candidats?

Confiant en l’engouement que peut susciter son projet, la société a mis en ligne un service de candidature. Il faut envoyer une vidéo de présentation, pour la modique somme de $38. Selon le PDG Bas Lansdorp, ce montant permet de limiter les candidatures non sérieuses tout en étant accessible à chacun. A ce stade, aucune compétence particulière n’est requise, si ce n’est une motivation à toute épreuve. Je recommande de visionner les compilations de candidatures en ligne : le florilège d’ingénieurs, médecins et autres scientifiques philanthropes et illuminés est ponctué de quelques hurluberlus particulièrement grotesques! Bien sûr, aller dans l’espace est un rêve qui coûte quelques millions de dollars au commun des mortels. Il n’est donc pas surprenant de voir des candidatures de tous horizons. A terme, une émission de télévision sera diffusée pour élire les derniers candidats afin d’amasser des fonds supplémentaires.

Faisabilité financière

Une fois encore, le site de Mars One reste très vague sur le sujet mais le coût est évalué à 6 milliards de dollars. On comprend que le concept est encore à l’état d’embryon et que sa réussite dépendra de sa médiatisation. Il a d’ailleurs suscité le soutien de bon nombres de scientifiques reconnus et diplômés, dont même un prix Nobel de physique. Cela étant, le fait de mettre en place une admission payante si tôt tient un peu de l’extorsion en cas d’annulation du programme… Par pure curiosité, on espère qu’il va aboutir pour assister à la plus formidable expérience humaine.

En attendant, faites passer le mot aux gens que vous ne supportez plus, ils pourront courir la chance de ne plus jamais vous revoir!




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