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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

De Darpa à Robocup

De grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités.

Aimeriez-vous d’un monde où les humains ne travaillent plus de leur mains? Où chaque désir est rempli par un autre? Un esclave robotique.

 

Ce futur tant romantisé par d’innombrables auteurs de science fiction semble loin. Mais plus tant que ça lorsqu’on jette un oeil sur les nouveaux joujoux de Darpa, l’agence de projets de défence et de recherche avancée Américaine. Cette division d’ingéniérie, associée à de nombreuses universités et programmes de recherche, tels que Boston Dynamics, enfante à chaque année de nouvelles créations, émulant toujours mieux la nature.

Il suffit de voir le nouveau vidéo du WildCat, un robot quadripède de la grosseur d’un taureau gallopant à plus de 25 km/h, pour ressentir un petit fond d’inquiétude… et d’excitement. Il fonctionne à l’essence, similairement au LS3, un robot semblable qui peut transporter 400 lbs sur 32 km. Mais aussi vite que cette bête peut aller, elle ne bat pas le Cheetah, un robot courant à plus de 45 Km/h, plus rapide que Usain Bolt. Dans la catégorie humaine, Atlas, un humanoïde complet capable de garder son équilibre sur une jambe alors qu’il reçoit un boulet de 20 livres sur le côté, est l’évolution militaire de PetMan, pouvant marcher rapidement en terrain accidenté.

Bien entendu, ces robots sont à usage militaire, qui finance la majorité des recherches en robotique avancée. Mais une compétition organisée à chaque année par Darpa se concentre également sur la recherche et le sauvetage en zones sinistrées. Hubo, Shaft, Thor et Simian sont des humanoïdes cabables d’opérer des outils humains, mais doivent encore êtres raffinés avant déploiement définitif. Une flotille incroyable de petits robots ingénieux sont aussi capables de reconnaissance, tels que SandFlea, pouvant sauter jusqu’à 9 m, sont présentés chaque année à cette compétition.

Combinons maintenant cela aux robots japonais dont le réalisme humain trompe chaque personne leur parlant, ainsi qu’aux robots Koréens reproduisant les mouvements des personnes équipées de senseurs spéciaux, et il n’est pas impossible d’imaginer un futur avec un potentiel incroyable à se transformer en utopie ou en cauchemar très rapidement.

Désirez-vous participer à ce futur? Si vous préférez être optimiste, joignez donc Robocup! Je suis certain que vous avez vu une annonce en montant au 5ème du pavillon Lassonde. Cette compétition amicale a pour but de créer des humanoïdes pouvant battre l’équipe championne de la coupe de soccer en 2050. La prochaine édition aura lieu au Brésil, du 19 au 25 juillet, et, comme le concours de Darpa, comprend une catégorie de sauvetage, en plus d’une compétition de robots domestiques, capables d’acheter seul chaque articles sur une liste d’épicerie, et un volet de soccer (ou « football », pour les français de ce monde). L’équipe polytechnicienne de robocup se concentre sur des robots à vision périphérique non humanoïdes, mais une catégorie d’apparrence humaine existe également.

Il me faut encore parler des drones, de l’intelligence artificielle, des membres robotiques, des interfaces encéphales, et tant d’autres, mais si je voulais que vous ne reteniez qu’une chose de cet article, c’est que les capacités physiques des robots à nous servir ou nous détruire s’améliorent. Il ne faut pas attendre que des humanoïdes robotiques militaires chargent dans les lignes ennemies pour entamer le débat sur les limites à s’imposer.

Les drones autonomes avec capacités léthales sont sur le point d’êtres autorisés par l’armée américaine, nous obligeant à réagir dès maintenant, ou à nous taire à tout jamais. Pas la peine de tomber dans la paranoïa, mais il faut savoir dans quelle direction souffle le vent, pour savoir s’il faut construire un cerf-volant, ou un paravent.

Et en tant que Polytechnicien, nous sommes en première ligne dans ce domaine. Nos amis, collègues, et nous-mêmes, seront amenés à participer au développement de ce futur. Il est dont important d’y réfléchir.

Donc vous, dans quel monde voulez-vous vivre?




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.