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Pique, le nouveau spectacle de Robert Lepage

Scénariste et metteur en scène accompli, Robert Lepage s’est attiré les louanges de la presse internationnale. Après une tournée en Europe, la pièce tant attendue est en représentation à Montréal jusqu’au 25 janvier, suite à quoi une autre pièce lui succédra.

 

En effet, Pique n’est que le premier opus d’une suite de 4 spectacles, chacuns explorant une facette de l’histoire. Coeur, le prochain spectacle, suivra de près, en représentation du 30 janvier au 9 février.

Dans l’enceinte magique des murs de la Tohu, le spectacle débute sur une scène ouverte à 360°, époustouflant tout le monde avec des acteurs qui n’en finissent plus d’apparaître et de disparaître comme par magie dans l’une ou l’autre des 34 trappes savamment orchestrées qui composent l’arène. Cet élément marié à l’ambiance surréaliste ravit rapidement la salle.

L’histoire suit 4 fils conducteurs, soit l’homme d’affaire accro au jeu, à Vegas pour une convention de vente de séries télévisées, le couple de québécois venus se marier à Vegas, les soldats s’entraînant près d’area 51, et une femme de chambre mexicaine illégale. Nous passons d’une scène à l’autre de manière originale et inventive, restant toujours dans la langue d’origine des protagonistes. En conséquence, il est utile au spectateur d’être trilingue (anglais, français et espagnol), quoi que toutes les conversations sont traduites sur des écrans géants autour de la salle.

Le thème général de la pièce est très sexuel et sombre, montrant chaque fil de l’histoire se dégrader, tombant dans le chaos, le jeu et la mort. Bien que ce type de spectacle peut plaire à beaucoup, j’ai personellement été déçu de constater qu’aucun personnage principal relevait la pente plus la pièce avançait. C’est une réaction qui m’est propre, mais ultimement, le goût laissé par la noirceur psychédélique de la pièce a supplanté pour moi le goût délicieux et enchanteur laissé par la mise en scène visuellement extraordinaire. C’est pourquoi j’aimerais assister au prochain opus de cette tétralogie : pour voir si l’histoire se «redresse» pour les personnages attachants de la pièce. Quoi qu’il en soit, si vous aimez les oeuvres de Robert Lepage, je vous recommande fortement de voir cette pièce riche en sens et en images fortes.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.