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Dieudonné – L’année de la quenelle

Critiqué de toute part, l’humoriste Dieudonné suscite les réactions polarisées. Où tracer la ligne? Voici les arguments.

Depuis maintenant 10 ans Dieudonné fait parler de lui, débuté par son spectacle « Le divorce de Patrick » qui lui récoltera l’ire des communauté juives, suite à quelques remarques humoristiques touchant au sujet sensible de la colonisation d’Israël. Malgré que les sketchs du spectacle tournent bien d’autres groupes en dérision (catholiques, musulmans, femmes, noirs, chinois, etc.), l’attention du public semble se focaliser uniquement sur la communauté juive.

Face à cette riposte médiatique, Dieudonné M’bala M’bala s’est justifié publiquement à de nombreuses reprises : il perçoit qu’il est injuste que le public puisse rire de sujets tels que la traite négrière alors qu’il ne faudrait jamais critiquer la guerre religieuse présentement en cours en Palestine. Il se défend en pointant que le contexte humoristique tourne plutôt en dérision les racistes de toutes délégations, plutôt que de prêcher des propos sérieux et eux-même racistes.

La France se fait glisser une quenelle

Suite à la réaction obtue et ciblée des médias et du gouvernement français, Dieudonné multiplie les explications, jusqu’à son spectacle « Mes Excuses » et « J’ai fait le con », où il fait à plusieur reprises un geste évoquant un bras d’honneur, jusqu’à atteindre la forme qu’on nommera « quenelle ». La signification du geste, selon Dieudonné, est très claire, signifiant « Je te l’enfonce dans le cul. »

Apparu pour la première fois dans un sketch en 2005, la quenelle fait sans équivoque question à l’action vulgaire qu’est le « fist-fucking ». Pourtant, à la base, la définission d’une quenelle, tirée du dictionnaire l’internaute, est :

« Quenelle: nom féminin,

Rouleau à base de viande ou de poisson hâché et lié avec des oeufs et de la farine. »

Cependant, au cours des attaques médiatiques et judiciaires retombées sur l’humoriste, des insinuations qu’il s’agirait d’un salut Nazi inversé sont reprises par tous les médias, qui se jettent sur l’occasion pour ternir l’image de Dieudonné. Bien entendu, les personnes adoptant des points de vue Nazi se sont donc emparées du geste, donnant corps à ces accusations gratuites. Cependant, il faut bien comprendre que ces dérives sont décriées par tout « quenelliste professionnel », Dieudonné en tête.

Le geste a d’avantage attiré le regard médiatique lorsque le joueur de soccer (bon « foot », pour les français) Nicolas Anelka glisse une quenelle après son premier but de la saison. Le joueur vedette s’explique en conférence de presse, disant que cette quenelle se veut un clin d’oeuil à Dieudonné, avec une signification antisystème.

Comme on peut le constater, la polémique face à la quenelle provient donc d’un mésentendu et d’une diffamation, entretenue par les opposants aux spectacles de l’humoristes… Spectacles d’ailleurs attaqués de toute part.

Le spectacle Le Mur, devant être présenté en tournée dans la France, a été interdit dans plusieurs villes, dont Lyon, Nantes, Tour, et Bordeau, entre autres. Ce sujet fait l’actualité en France depuis une semaine, maintenant que Dieudonné a décidé d’annuler son spectacle face à la pression, le retravaillant jusqu’à l’édulcorer et rapatrier les blagues en tant que sous-entendus. La nouvelle version, appelée Azu zoa, écrite en 3 nuits, a déjà été présentée le 9 janvier à Paris. L’humoriste a l’intention de contester en justice le baillon d’expression dont il est le récipiendaire.

Malgré tout l’effort déployé pour étouffer financièrement et médiatiquement Dieudonné, le soutien de la population française se fait sentir par l’artiste. En effet, Dieudonné est en tête de vente de billets dans la république française, déclaré l’humoriste le plus populaire sur le territoire. Dieudonné a d’ailleur un site et une chaîne youtube, sur laquelle il reçoit des dons de fans pour payer les nombreuses amendes, cumulant maintenant 65000$, assignées lors de procès perdus contre des associations décriant l’antisémisme.

Conclusion

Dans un contexte où certains pays sont mis à feu et à sang pour des sketchs riddiculisant des figures religieuses (référence aux conflits entourant les caricatures du prophète Mohammed), il est judicieux de choisir les sujets à tourner en dérision. Malgré des intentions de dénonciations de racisme et de doubles mesures sur les groupes « disponibles » pour l’humour, l’opinion public continue de se diviser entre ceux qui comprennent que certaines paroles dites dans un contexte humoristiques ont moins de poinds, et ceux qui sautent au rideaux à un rien et qui cherchent des microbes là où il n’y en a pas. Pour les indécis, je suggère de regarder ses spectacles, histoire de vous faire votre propre opinion.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.