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La société pornographique

Cher lecteur du Polyscope, avez-vous déjà remarqué à quel point la pornographie envahit un peu plus nos écrans chaque jour ? Retour sur l’éloge des extrêmes.

Bon, en théorie j’ai déjà attiré les lecteurs indécis en disant juste le mot pornographie. Mais, nous sommes dans une société pornographique. Je ne dis pas que c’est une bonne chose, je ne dis pas non plus que c’en est une mauvaise, je laisse les enfants de nos enfants de nos enfants décider. Peut-être que dans quelques années des artistes comme Miley Cyrus seront comparés à Madonna. Ils se diront qu’elle a inventé un style, banalisé la nudité et que l’on est bien mieux à vivre comme ça. Aujourd’hui pour qu’un clip soit vu par des millions de personnes il faut absolument qu’il choque, qu’il contienne de la nudité, et cela renvoi forcément à l’image de notre société.

Il faut également différencier plusieurs types de pornographie. Il y a évidemment la pornographie au sens propre du terme. Tu ne vois pas? Mais si, celle que l’on peut rencontrer sur les sites de cul en tout genre, mais il y a également la pornographie visuelle que l’on peut voir tous les jours à travers les publicités. Maintenant, pour vendre, il faut faire de la pornographie. Pour faire vendre un produit laitier? Alors on fait une petite allusion à la couleur du liquide pour nous rappeler à quel point c’est bon. Une vente de voiture, alors on nous rappelle à quel point l’excitation monte en voiture. Publicité sexiste?

Évidemment.

Les tabous reculent chaque jour, et il n’y a pas de quoi s’en féliciter. On pousse tout et n’importe quoi à la compétition et la concurrence qui en résulte fait le reste. Il faut donc toujours en faire plus que son précédent, il faut toujours faire la démonstration du plus fort.

Parlons peu, parlons sexe.

Entre les films qui font l’apologie du sexe sous une couche de sentimentalisme (Comme Friends With benefits, No Strings Attached, Closer…) ou le film récent sans tabous (et sans but) de Joseph Gordon-Levitt Don Jon, le sexe n’a jamais été autant au centre des activités.

La pornographie met en relief les différentes frontières de certaines normes sociales et considère ses consommateurs d’un point de vue comportemental. Il façonne les jeunes générations sur le comportement. La pornographie ce n’est rien d’autre qu’un transfert de marchandise. Un produit que l’on peut vendre, acheter, échanger sans aucun problème. Certains d’entre nous le trouvent positif et ne voient rien de mal là-dedans, et à l’inverse certains vont le diaboliser.

Ce qui m’amène à parler du film de Lans Van Trier « Nymphomaniac ». Ce film ne va sortir au cinéma que le mois prochain, mais il est déjà sorti en Europe. Le synopsis se décrit ainsi : « La folle et poétique histoire du parcours érotique d’une femme, de sa naissance jusqu’à l’âge de 50 ans, racontée par le personnage principal, Joe, qui s’est autodiagnostiquée nymphomane. Par une froide soirée d’hiver, le vieux et charmant célibataire Seligman découvre Joe dans une ruelle, rouée de coups. Après l’avoir ramenée chez lui, il soigne ses blessures et l’interroge sur sa vie. Seligman écoute intensément Joe lui raconter en huit chapitres successifs le récit de sa vie aux multiples ramifications et facettes, riche en associations et en incidents de parcours.»

La presse parlait déjà de Nymphomaniac comme d’un porno pur et dur. Peut-on donc associer nymphomanie à pornographie? Et pourquoi donc sommes-nous toujours attirés vers le sexe? C’est quoi cette mal aisance par rapport à l’utilisation du corps nu?

Le sexe est donc devenu une marchandise à la même sauce qu’un cachet d’extasy ou qu’un rail de cocaïne, sauf qu’il est devenu entièrement légal sur internet et qu’une simple recherche sur un moteur de recherche permet de trouver tous les fantasmes du monde. Une étude américaine montre qu’il y a plus de 68 millions de recherches pour de la pornographie aux États-Unis. Si c’est 68 millions aux É.-U. alors je vous laisse imaginer le nombre de recherches à travers le monde qui parlent de sexe.

Fétichisme

Alors pour ceux qui ne le savent pas encore, voici la définition du fétichisme.

Un fétichisme sexuel est une excitation sexuelle causée par un contact visuel et/ou physique d’un objet, d’une partie du corps spécifique ou d’une situation. Ce type de fétiche peut inclure le partialisme (toucher ou visualisation des parties du corps, entre autres seins, fesses, jambes, nombril, mains, nez ou plus communément pieds), un ou plusieurs objets (gants, collants, bottes et chaussures), ou une matière (cuir et latex).

On dit merci Wikipédia.

Alors qu’on soit pour ou totalement allergique, il faut bien avouer que nous sommes tous attirés par un fétichisme particulier. Que ce soit être attiré par les blond(e)s, brun(e)s, ou se faire plaisir avec des ballons ou s’imaginer être un cheval, nous avons tous un fétichisme.

De ce fait, est-ce qu’il est possible de relier les fétichismes grandissant à la pornographie? C’est sûr et certain que la pornographie exploite, ou du moins tente d’exploiter, les vices cachés des gens afin de leur faire acheter leur plaisir. Le porno est en soi transgressif, mais pour se renouveler il a besoin de se réinventer. Parce que si le porno n’arrive pas à se réinventer, les gens vont commencer par se lasser. Ils ne trouveront pas, dans le porno et dans les fétiches, les petites situations qu’ils n’arrivent pas à créer à la maison. Alors le porno pourrait stagner et ainsi redevenir un produit neutre.

Seulement, le porno, cela reste virtuel. Il n’y a pas de contact physique. C’est une donation de soi… à soi! Alors, aujourd’hui, le but n’est pas de devoir se conformer à tous les stéréotypes que l’on peut voir, mais bien de trouver quelqu’un avec qui le partager.

J’aurais aimé vous parler plus en détails du monde pornographique, de ses dérives, mais je ne voudrais pas trop vous choquer. Alors en attendant…




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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