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Spectre : 007/20?

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James Bond à droite, Madeleine Swann à gauche. © Columbia Pictures

Trois ans après le succès colossal de Skyfall, Sam Mendes revient avec le 24e opus des aventures de James Bond : Spectre. Alors que le film a déjà dépassé le demi-milliard de recettes au box-office mondial en dix jours d’exploitation, les critiques et la tendance qui se dessine sur Internet sont plutôt négatives. Voyons ce qu’il en est!

Ce qui est probablement le plus gros défaut de Spectre, c’est d’arriver après Skyfall. En effet, ce dernier était non seulement un excellent film, mais probablement aussi le James Bond le plus spécial et original. Sachant que le film serait forcément comparé à son prédécesseur, Mendes avait deux solutions : tenter de créer un film innovant mais qui n’égalerait que difficilement Skyfall, ou bien renouer avec les bases de la saga et proposer un film plus « classique ». Force est de constater qu’il s’est penché vers la seconde option. Le pari était cependant risqué : un tel retour en arrière dans le style n’est pas forcément bien reçu dans le contexte du cinéma moderne.

« Ça veut dire quoi classique? »
Le film est donc très typé James Bond classique. La construction assez simple, le méchant très manichéen, la grosse brute, les Aston Martin, la veuve, la James Bond girl, les courses-poursuites, pour ne citer que ça. Rajoutons par dessous tout ça un humour bien direct, style James Bond de Sean Connery, et on obtient un film qui renoue avec les racines.

« Mais ça ne me dis pas si le film est bien! »
J’y viens, j’y viens. Parlons dans un premier temps du positif. Le film commence par un long plan-séquence, suivi d’une scène d’action fabuleuse et très bien rythmée. James y est très classe, comme il se doit, mais également typé action comme les autres films de l’ère Craig. Puis, toute la première moitié du film consiste en un immense build-up vraiment bien fichu pour l’apparition du gros vilain. Les scènes de tensions y sont bien gérées, et certains passages sont très contemplatifs et agréables. L’esthétique globale du film est proche de celle de Skyfall, ce qui donne une certaine unité à l’ensemble. De même pour les prises de vues et la réalisation. Mendes a su rester cohérent d’un film à l’autre.

« Alors, c’est bien? »
Le film n’est pas exempt de gros défauts malgré tout. Après tout ce build-up, on s’attendait au moins à voir un méchant vraiment méchant. Et bien non, ici, le grand vilain a des ambitions ridicules et n’est jamais menaçant. Il ne met pas réellement James en difficulté. De plus, il arrive au bout d’1 h 40 de film, et la fin est expédiée. Waltz n’est pas vraiment convaincant dans un rôle qu’il connaît pourtant trop bien. La grosse brute non plus n’est ni convaincante ni inquiétante, d’une part par son écriture bancale, et d’autre part par la performance douteuse de l’acteur. Ce qui amène à ce qui pose réellement problème : c’est une assez piètre conclusion de l’histoire tissée par les derniers volets de la saga. Si l’on ajoute à ça le manque de dynamisme de certaines scènes d’action (surtout après la scène d’intro, qui met sûrement la barre trop haut) et une fin très creuse, on arrive au générique avec l’impression qu’il manque quelque chose. On voudrait avoir un peu plus à se mettre sous la dent!

« Du coup, c’est nul? »
Et bien pas vraiment. Sans être un chef d’œuvre, on prend beaucoup de plaisir devant le film. James est assez bien développé et la performance de Craig est assez irréprochable. Léa Seydoux est également très bonne (on parle de jeu d’acteur hein). Mais il y a surtout un beau dosage de l’humour et de la tension dans l’ensemble du film qui permet d’être embarqué de bout en bout. Vous pouvez aller voir 007 : Spectre sans avoir peur de regretter vos piécettes, surtout si vous êtes fan de la franchise, notamment des vieux films de Connery ou Moore. Mais ne vous attendez pas à voir le film de l’année en rentrant dans la salle.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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