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Fautes de français dans les cours

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Au cours de mes 24 ans de vécu au sein de la société québécoise – ce qui est toute ma vie jusqu’à présent – il est culture que professionnalisme rime avec écriture sans fôte faute. C’est ce que mes enseignants de l’école primaire et secondaire ont régulièrement martelé à « l’Avenir du Québec » (c’est-à-dire leurs élèves, dont moi). Permettez-moi de dire « Come on! » quand je mets les pieds dans un cours à Poly.

Quand j’assiste à un cours, il arrive parfois, sans généraliser, que certaines diapositives de certains cours contiennent des erreurs évidentes d’accord en genre et en nombre. Comme je l’ai déjà écrit en début de cette session, je ne demande pas la perfection. Peut-on remettre en question la crédibilité de l’enseignement à Poly lorsqu’on sait qu’elle offre des cours en français aux étudiants – et offre des cours de français aussi aux étudiants qui ont eu une évaluation écrite qui laisse à désirer – mais que l’autorité professorale se permet des écarts dans la grammaire française et n’en fait pas un drame? Je n’en fais pas un drame non plus. Je peux comprendre que personne n’est parfait. De plus, les professeurs sont sûrement débordés par leurs mandats, et ceux qui n’ont pas la bonne maîtrise de la langue française sont lésés dans leurs diapositives. Mais quand on exige aux futurs ingénieurs de s’efforcer à améliorer leurs connaissances en langue française à Poly, mais que le personnel enseignant n’y accorde pas autant d’importance, aussi minime soit-elle, on se retrouve dans une variante du paradoxe proverbial « faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais ». Je répète, ce n’est pas généralisé. Bref, c’est une question d’image que l’on reflète aux étudiants dont il est question ici via les diapositives, et aussi de cohérence du message qu’on veut discourir à la future « clientèle » (mot horrible à utiliser dans le domaine de l’éducation, en passant).

Après deux sessions (ou trimestres) réguliers d’études en tant que futur ingénieur, je dois avouer que je ne me préoccupe plus tant de ce « problème », si je peux l’appeler ainsi. C’est probablement le mauvais réflexe que nous, humains, avons parfois de fermer les yeux aux problèmes sociétaux avec le temps, par habituation. En s’exposant perpétuellement à une circonstance dérangeante, on finit par ne plus la remarquer. Sous toute réserve, c’est comme la violence conjugale; la victime se fait tabasser par son ou sa partenaire, puis à la longue, la victime s’habitue au point de ne plus considérer la situation comme étant « problématique ».

Si un enseignant sait que son imperfection humaine se répercute notamment dans la difficulté de maîtriser la langue française, il peut pourtant demander l’aide d’un collègue ou d’un subalterne pour corriger les erreurs de français. À ce que je sache, les notes de cours ne sont pas réécrites à partir de zéro à chaque session. De plus, les profs ne sont pas seuls au monde dans l’école; il y existe donc un entourage qui peut « collaborer », « travailler en équipe », « s’entraider » de façon ponctuelle pour faire la correction linguistique (ex. secrétaires, chargés). D’ailleurs, « collaborer », « faire un travail d’équipe », « s’entraider » sont des concepts qu’on enseigne et qu’on fait pratiquer aux futurs ingénieurs de Poly de nos jours.

En conclusion, soyons plus que clairs : je ne demande pas la perfection et je n’exige pas la suprématie du français. Je ne fais que me poser des questions sur le professionnalisme reflété dans les diapositives.

C’est ainsi que se concluent mes chroniques sur les aberrations à l’École Polytechnique, pour cette session (ou trimestre). Peut-être qu’après le temps des fêtes, j’aurais encore des choses à dire pour poursuivre mes chroniques dans cette même lancée, peut-être pas non plus…




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.