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Au cœur du Surnaturel Terrifiant de Montréal (STM)

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Seule photo publique d’un 129 fantôme © Angersblog.net

À peine les festivités d’Halloween passées que déjà nos avatars de zombies blafards et autres mort-vivants sans âme ont repris le chemin des classes fantomatiques où seule la pendule (où plus vraisemblablement son spectre) semble écouler un semblant de vie pendant les longs discours de nos chers professeurs squelettiques. Attablés à nos tables, obnubilés par nos sudokus bimensuels, nous songeons déjà que le prochain Halloween est encore bien trop loin. En êtes-vous si sûr? Ne serait-ce pas l’Halloween tous les jours pour certains petits chanceux ?

Seule photo publique d’un 129 fantôme © Angersblog.net

Seule photo publique d’un 129 fantôme © Angersblog.net

Vendredi 2 octobre, 11 h du matin, esplanade de McGill. Sous un soleil encore chaleureux du mois d’octobre, votre cher reporter venait de terminer une activité fort saine pour ses petits poumons enfumés et son ventre bedonnant : le flag football. À peine cette dernière terminée, la délectation de la culture allemande à base de choucroute et de bières savoureuses me conviait dans les contrées lointaines de Sherbrooke. Mais avant cela il me fallut rentrer chez moi par la ligne 129 de la STM. Bien décidé à rentrer chez moi pour louer un char, je pris donc le pas vers l’arrêt le plus proche, où je vis au loin se dessiner le contour d’un bus. Impossible pour moi de l’atteindre mais qu’à cela ne tienne, l’astre solaire étant à son zénith, il ne me restait qu’à marcher à l’arrêt suivant en attendant le prochain bus. Passage prévu à 11 h 47.

 

11 h 47, arrêt du parc Jeanne Mance

Ligne 129 en direction du Nord. Déjà attelé à ma tâche de badaud patient depuis dix minutes, quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’à 11 h 57 le bus n’était toujours pas passé. Surprenant? Certains me diront que je ne sais pas lire un horaire. Eh bien qu’à cela ne tienne, une fois celui de 12 h 06 arrivé je m’empresse de demander à son chauffeur si son collègue du 11 h 47 est bel et bien passé à bord de son cerbère de métal. Ce dernier acquiesce puis tourne aussitôt son regard sans vie vers la route. Se pourrait-il que je sois en présence d’un zombie? Se pourrait-il que je vienne d’être victime d’un poltergeist sans même m’en rendre compte? Que ma vision de faucon n’ait pas su distinguer le métal et le verre de l’air environnant? Je me promets alors d’enquêter sur ce phénomène dès que l’occasion se présente.

 

12 h 50, croisement Côte-Sainte-Catherine et Wilderton

Ligne 129 en direction du Nord. Après un rush épique pour préparer mes affaires pour mon trip à Sherbrooke et ayant un char à louer à 13 h, je m’empresse de me rendre à l’arrêt du 129 pour être sûr de ne pas louper mon train fantôme, pardon mon bus je voulais dire. Arrivée prévue à 12 h 54. 12 h 53. Rien à l’horizon. 12 h 53 et 59 secondes, toujours rien. 12 h 54, rien non plus. Je commence à perdre patience lorsqu’un cri retentit derrière moi. Une vieille dame – avec un sac trop petit pour elle et des vêtements démodés depuis les années Trudeau (je parle du père bien entendu) – que je n’avais pas remarqué jusqu’alors m’agrippe le bras et me dit : « Il est là, il est là. Vous le voyez vous aussi? Je ne suis pas folle? ». Devant moi il n’y a rien et je me vois donc contraint de lui répondre par la négative. Mais déjà elle ne m’écoute plus et commence à descendre Wilderton en criant à tous ceux qui l’entendent qu’il existe. Les pauvres gens ont dû la prendre pour une folle. Mais serait-il possible qu’une fois de plus mes sens m’aient joué un tour et que je n’aie pas vu le bus fantôme qui vient de passer devant moi? Qu’à cela ne tienne, j’appelle le numéro du Surnaturel Terrifiant de Montréal pour connaître la position de mon bus et le verdict tombe. Un bus est bien signalé à 12 h 54 alors qu’il est déjà 13 h. Quel effroi m’envahit alors, je viens d’avoir la preuve que les bus fantômes de la ligne 129 existent bel et bien! Ils se terrent parmi les horaires du 129 et attendent de pourvoir berner les utilisateurs d’un titre de transport de la Société de transport de Montréal qui auront payé en vain pour un service à la clientèle bien vivant. Il ne me reste plus qu’à acheter un titre du Surnaturel Terrifiant de Montréal pour espérer pouvoir espérer un jour voyager sur cette ligne, semble-t-il.

 

Vous l’aurez compris, le but n’était pas ici de s’atteler à un criticisme constructiviste aussi acerbe et pointilleux que fut la critique d’Aramark par les valeureux auteurs du Polyscope ces dernières années, mais bel et bien de s’atteler à une critique humoristique et sans langue de bois de la STM et de son service à la clientèle fantomatique.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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