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Quid de la représentativité de l’élection canadienne?

Lundi soir, dès 19 h, les résultats de l’élection fédérale canadienne commençaient à être disponibles sur le net (enr.elections.ca).

Dès 19 h, donc, nous nous sommes mis à scruter les résultats qui tombaient, pour constater au début du dépouillement une très nette tendance de l’Est à voter Libéral. Mais des chiffres m’ont surpris : à 20 h 30, 33,46 % des bureaux de vote étaient dépouillés, pour valoir 32 sièges sur 308, soit 10,3 %, ce qui représente 354 076 électeurs sur 25 638 379 électeurs, soit 1,48 %. Il faut donc constater que près du tiers des bureaux de vote canadiens représentent seulement 1,48 % des électeurs, mais surtout, que ces mêmes 1,48 % des électeurs sont représentés à une hauteur de 10,3 % dans la chambre basse!

D’où, une question intéressante : quid de la représentativité des élections?

Pour établir une comparaison, nous avons cherché les mêmes statistiques au niveau de la France, et nous nous sommes penchés sur les deux chambres des deux États : le Sénat, commun aux deux d’un côté, et la Chambre des communes (Canada) / l’Assemblée nationale (France). Pour caractériser la représentativité des chambres, il faut définir le quotient électoral, c’est-à-dire le nombre d’électeurs représentés par un élu ou représentant au niveau politique.

Les données citées dans la suite de l’article correspondent à ce que nous avons trouvé sur les sites web officiels, et datent respectivement de 2001 pour le Canada et de 2008 pour la France.

Cette comparaison, à laquelle on peut trouver à redire, permet de dégager plusieurs constats. D’abord, les écarts-types de quotients électoraux sont beaucoup plus élevés au Canada qu’en France (4 fois plus pour la chambre basse, 9 fois plus pour le Sénat), et représentent au Canada respectivement 1 ‰ et 7 ‰ de la population.

Ensuite, on constate que certains citoyens sont beaucoup moins bien représentés que d’autres (au Canada et en France); seulement, cette sous-représentation est plus significative au Canada qu’en France : par exemple, les citoyens de Colombie-Britannique sont les moins bien représentés au Canada avec un représentant pour 0,362 % de la population canadienne pour la chambre basse et un représentant 2,170 % de la population canadienne pour le Sénat. À titre de comparaison, en France, ce sont les citoyens du Puy-de-Dôme qui sont les moins bien représentés avec 1 représentant pour 0,197 % de la population à l’Assemblée nationale et ceux de l’Isère qui sont les moins bien représentés au Sénat avec un représentant pour 0,465 % de la population.

À l’inverse, au Canada, ce sont les citoyens du Nunavut qui sont les mieux représentés.

Certes, le découpage électoral a toujours été un sujet délicat, où qu’il se déroule. Mais voir de telles disparités entre des provinces (ou des départements dans le cas de la France) invite quand même à se demander si le système électoral ne devrait pas subir un petit rafraîchissement.
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*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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