Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

PolyDébat : une majorité minoritaire

ATTENTION : Le contenu présenté dans cet article ne représente pas la vérité objective de la situation discutée. Il s’agit d’une position de débat qui vise à faire réagir. Tu n’es pas d’accord ou tu crois qu’il y a fausseté? Viens en débattre au C231.5!

Vous avez tous vu ce phénomène politique, plus récemment aux dernières élections fédérales : un parti politique prend le pouvoir avec un gouvernement majoritaire, soit avec plus de 50 % des représentants à la chambre des communes portant ses couleurs. Je vous exposerai ainsi les raisons évidentes qui motivent la position présentée ici, c’est-à-dire que l’on interdise la possibilité de l’élection d’un gouvernement majoritaire dans toutes les sphères gouvernementales.

L’argument prédominant ici est l’évidente non-représentativité de la population dans la prise de décisions. En regroupant plus de la moitié des députés sous une même bannière, toutes les décisions désirées par le gouvernement seront automatiquement acceptées. Le gouvernement a donc tous les pouvoirs, et l’opposition n’a qu’une influence minime. Par contre, en regardant les suffrages, on remarque souvent que la proportion de vote est de beaucoup inférieure à la proportion de députés élus. Par exemple, lors des dernières élections, on a obtenu un gouvernement libéral pour qui environ 40 % des électeurs ont voté, mais qui remporte environ 54 % des sièges, et par conséquent 100 % du pouvoir. Qu’advient-il du 60 % d’électeurs en désaccord? Ils prennent leur trou pour les quatre prochaines années…

 

On a également une absence totale de discussion et de débat. En effet, le gouvernement est assuré de pouvoir faire passer ses lois, peu importe les contestations de l’opposition. Il ne leur est même pas nécessaire d’amender leurs projets de lois pour accommoder les idées de l’opposition, puisqu’ils obtiendront de toute façon le nombre de voix requis. On note ainsi souvent des cas extrêmes avec des réformes « mammouth » visant à remanier de manière importante plusieurs législations, parfois totalement différentes. De plus, ces réformes passent souvent sans que l’on puisse prendre le temps d’en discuter amplement. On voit aussi des procédures abusives, comme des baillons, qui éliminent toute tentative même de discussion pour rendre expéditif un vote par défaut favorable au gouvernement. Tandis qu’un gouvernement minoritaire doit toujours discuter, faire valoir les avantages de son projet de loi et faire des compromis pour gagner des voix dans l’opposition, un gouvernement majoritaire n’a pas cette nécessité, et encore moins cette envie. On note donc comme conséquence directe une diminution, voire une absence de profond dialogue. Le 60 % d’électeurs non-représentés mentionnés plus haut perd ainsi toute possibilité de faire entendre sa voix et de faire valoir son point de vue, ses idées et ses désaccords face aux propositions du gouvernement.

On peut donc voir des conséquences directes à la démocratie, simplement parce que le système permet l’élection d’un gouvernement majoritaire, où tous les pouvoirs sont données à une minorité d’électeurs. Cette aberration nous emmène bien loin du « pouvoir au peuple », mantra que toute société civilisée devrait faire respecter à tout prix.

 

Vous voulez encore débattre? De celui-ci d’un autre? Voici des petites propositions :

-Interdire les sondages en périodes électorales;

-Passer à un système de vote par tour, où le parti ayant le moins de voix est disqualifié;

-Que le premier ministre soit élu seulement sur le critère de beauté et de prestance capillaire.

 




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.