Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

La folle histoire de la Sci-Fi

Aperçu article La folle histoire de la Sci-Fi
Cliquer pour agrandir
 (lien ouvrant dans une nouvelle fenêtre)
Quelques affiches de films © Martin Jacquet et tout plein de producteurs

Si la « science-fiction » existe en substance depuis que l’on raconte des histoires, c’est avec les avancées technologiques de la révolution industrielle que de nouvelles perspectives d’avenir apparaissent dans la littérature. On accorde souvent la paternité du genre à Jules Verne et H. G. Wells dans la dernière décennie du 19e siècle, au même moment que l’apparition du cinéma. L’histoire de la SF et celle du cinéma sont donc intimement liées. Afin de mieux saisir les enjeux actuels de la SF, je vous propose une rétrospective sur l’évolution de la SF au cinéma au travers de quelques dates clefs. Gardez néanmoins à l’esprit que ce n’est pas une liste exhaustive des grands films de SF, mais une sélection d’œuvres charnières qui ont impacté l’histoire du cinéma et du genre.

La préhistoire

Notre aventure commence en 1902, quand Georges Méliès (cocorico) réalise Le Voyage dans la Lune, un court métrage de 14 minutes inspiré de romans de Verne et Wells. C’est le premier film de SF, et il remporte un grand succès tant en France qu’aux États-Unis. Il démontre l’intérêt du public pour le genre, confirmé par Vingt Mille Lieues sous les Mers en 1907. Il faudra cependant attendre quelques années avant que le genre commence à s’épanouir au cinéma.

Chargement de la fusée dans Le Voyage dans la Lune  © Star Film

Chargement de la fusée dans Le Voyage dans la Lune
© Star Film

L’âge d’or

À partir des années 1925-1930, on parle en littérature de l’« Âge d’or » de la SF. Au cinéma également, de nombreux films à succès vont voir le jour. Dans l’expressionnisme allemand notamment, avec Fritz Lang qui signe en 1927 Metropolis, un film de plus de deux heures, un des projets les plus colossaux de l’époque, au budget faramineux. C’est une œuvre majeure d’anticipation qui inspirera la plupart des auteurs du genre, ainsi qu’un précurseur en effets spéciaux.

Au début des années 30, on voit l’apparition des films de monstres avec Frankenstein (1931), Docteur Jekyll et M. Hyde (1931), L’Île du Docteur Moreau (1933), L’Homme invisible (1933), ou encore le célèbre King Kong de 1933 qui est un des plus grands succès commerciaux de l’époque. Il est également très connu pour l’utilisation poussée des effets spéciaux novateurs. Ce seront les principaux représentants de la SF au cinéma.

L’industrie va cependant se complaire dans le succès de ces films en leur créant bon nombre de suites, mais pas d’innovations ni de bouleversement du genre, ce qui lassera vite le public. Peu à peu, la SF va devenir un sous-genre cinématographique principalement destiné au divertissement, alors que des livres majeurs de la SF apparaissent à cette époque, notamment le cycle Fondations d’Asimov ou 1984 d’Orwell.

King Kong sur l’Empire State Building  © RKO Pictures

King Kong sur l’Empire State Building
© RKO Pictures

La nouvelle vague

La fin des années 50 marque une nouvelle manière d’aborder la SF au cinéma, plus narrative, plus critique envers la société, bref, plus intelligente. Ce qui est surement en partie dû au fort impact de la guerre froide dans les esprits. Puis en 1968, deux films vont redéfinir l’industrie du cinéma SF.

D’abord, 2001, l’Odyssée de l’espace imprime définitivement le genre dans l’esprit du grand public et dans les cercles intellectuels. Kubrick signe un des plus grands chefs-d’œuvre du cinéma, qui sera littéralement adulé à sa sortie. Il est révolutionnaire dans sa construction, dans sa réalisation, dans ses thèmes, dans son visuel. Bref, même si c’est un film difficile à aborder, il faut l’avoir vu dans sa vie.

Ensuite, La Planète des Singes. Un film au budget minuscule et dont le succès sera si grand qu’il engendrera quatre suites, réconciliant par la même le public avec les sequels, mal vus à cette époque. Le principal impact du film sera de ramener la SF dans les bonnes grâces des producteurs qui seront plus enclins à investir dans des projets plus ambitieux, et sauvera la Fox de la faillite au passage.

Enfin, en 1977, boom. La Guerre des Étoiles. Le succès est colossal et le film explose le box-office mondial. Il popularise le genre à tel point qu’une course aux blockbusters de SF s’engage dans la décennie qui suit, tradition qui persiste encore aujourd’hui.

Le meurtre le plus long de l’histoire du cinéma  © MGM

Le meurtre le plus long de l’histoire du cinéma
© MGM

Depuis les années 80

Dans les années 80, de nombreux sous-genres de la SF fleurissent. Mais l’époque est surtout marquée par un nombre incalculable de films devenus cultes, que vous connaissez déjà tous. Il est cependant intéressant de noter Tron (1982), un pionnier de l’imagerie numérique, et qui a défini une esthétique propre à la SF dont l’héritage se fait encore ressentir aujourd’hui. De même, Jurassic Park (1993) inspirera un nouveau type de films, plus basé sur les effets spéciaux.

Puis en 1999 arrive Matrix. C’est le film qui a redéfini intégralement les codes du cinéma d’action, en donnant une bien plus grosse place à l’esthétisme. Les personnages doivent avoir la classe, les plans doivent être beaux, révolutionnaires et chorégraphiés. Il amorce la vague du « toujours plus » hollywoodien que l’on connait aujourd’hui. C’est probablement le film qui a le plus marqué le cinéma des dernières décennies.

Le meilleur costume de l’histoire des costumes  © Walt Disney Pictures

Le meilleur costume de l’histoire des costumes
© Walt Disney Pictures

Décennie des remakes

Depuis quelques années, toutes les grandes licences de SF se voient greffer des sequels, prequels et autres reboots. Terminator, Aliens, Star Trek, Jurassic Park ou les innombrables films Marvel. Les studios de production ont bien compris que la fibre nostalgique était un bon filon, a priori à raison comme le montre le succès commercial de Jurassic World ou de la hype infinie entourant Star Wars 7, et sont plus frileux quand il s’agit de démarrer de nouvelles licences ou de produire du contenu plus original. Il est intéressant de comparer cette période aux années 40, où la production de films reposait intégralement sur les succès du début des années 30. Reste à voir si le public va se lasser de ce type de contenu d’ici quelques années.

 

Toute l’évolution que la science-fiction a subie au cours du siècle dernier lui ont permis de gagner ses lettres de noblesse et de s’inscrire profondément dans la culture populaire mainstream. Et avoir ce bagage avec soi permet de jeter un regard plus averti sur les productions actuelles. Je vous encourage donc à vous plonger dans l’histoire de la science-fiction, au cinéma comme dans la littérature. Les films du genre ont comme caractéristique d’être quasi-systématiquement à l’avant-garde technologique en terme d’imagerie et d’effets spéciaux, car ils demandent une forte capacité d’immersion. Chaque film est donc profondément ancré dans son temps, et il en est encore de même aujourd’hui. Plus qu’un genre artistique, la science-fiction est un témoin à la fois des technologies et des rêves d’innovations scientifiques propres à une époque.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.