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Le mérite de regarder nos notes d’évaluation

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Aperçu des notes sur un éditeur de texte. Remarquez que les colonnes ne sont pas bien alignées. Très pratique pour un Polytechnicien, non? Surtout quand notre note se trouve encore plus bas!

Avec mon regard scrutateur d’étudiant qui a étudié toute sa vie au Québec, j’ai dernièrement écrit un article expliquant qu’il n’existe pas un format standardisé de plan de cours au niveau universitaire à Polytechnique Montréal, contrairement au niveau scolaire précédent inférieur (cégep), contenant des informations organisées, exhaustives et utiles aux étudiants. Poly, notre institution d’enseignement supérieur, pourrait-elle encore rabaisser son seuil de qualité et de rigueur? Aujourd’hui, cet article décrit la culture polytechnicienne de publication des notes d’évaluation aux étudiants. (NDLA : intolérants au sarcasme et à la démagogie, ou gens déprimés, s’abstenir!)

En général, vers la mi-session et à la fin de la session, les étudiants reçoivent leurs notes par courriel. Quelle culture polytechnicienne ingrate! À ce courriel est attaché un fichier texte brut constitué majoritairement d’un amas de chiffres répartis par des tabulations, des espaces et des lignes verticales, quand ce n’est pas plutôt un fichier PDF. Dans tous les cas, c’est rempli de matricules (numéros d’étudiants) et de notes de tous les étudiants du même cours que le nôtre. A-t-on besoin de ça?

Aperçu des notes sur un éditeur de texte. Remarquez que les colonnes ne sont pas bien alignées. Très pratique pour un Polytechnicien, non? Surtout quand notre note se trouve encore plus bas!

Aperçu des notes sur un éditeur de texte. Remarquez que les colonnes ne sont pas bien alignées. Très pratique pour un Polytechnicien, non? Surtout quand notre note se trouve encore plus bas, quand il arrive que les colonnes sont plus croches encore!

Pollution visuelle

Au premier coup d’œil, c’est une vraie pollution visuelle. Quasiment aucune mise en forme, ni mise en page qui facilite la lecture par un humain, nécessitant de chercher une aiguille (notre note) dans une botte de foin (le #$%?! de fichier). À tous ceux qui connaissent le livre-jeu Où est Charlie?, vous comprendrez.

Réussirez-vous à trouver Charlie plus vite qu’un étudiant cherche sa note? ;) (c) www.objets-caches.com (NDLA Je ne garantis pas que Charlie est là)

Réussirez-vous à trouver Charlie plus vite qu’un étudiant cherche sa note? 😉 (c) www.objets-caches.com (NDLA Je ne garantis pas que Charlie est là)

Je vais vous épargner la méthode ironiquement ingénieuse et ridicule à Polytechnique pour repérer nos notes parmi un dépotoir de caractères, ainsi que pour deviner les abréviations arbitraires qui n’existent pas officiellement dans la langue française, si on fonctionne bien en français à Poly. Dans ce cas-ci, qu’on daigne donc nous laisser une légende d’abréviations, diantre! De plus, si nous avons le malheur de ne pas avoir un écran à (très) haute résolution pour obtenir une vue d’ensemble du « dépotoir de notes », il est ardu de s’y repérer, car cet « art » exige de pouvoir aligner mentalement chacune de nos notes avec le sigle d’examen associé dans un tableau croisé. Dans le pire des cas, nous aurons à naviguer dans la fenêtre de haut en bas et de gauche à droite de la page à l’écran, à plusieurs reprises, pour retrouver la bonne colonne de nos notes d’examens et la bonne ligne de notre matricule. Cela s’empire quand les colonnes sont mal alignées. Bref, tous ces efforts et tout ce temps perdu pour « mériter » d’accéder à nos notes officielles d’évaluation. Soyons-en fiers! Ça, c’est du « génie en première classe! » (Renvoyer le slogan d’une personne morale contre elle-même, ça doit probablement faire mal…)

C’est alors que la bien connue devise de l’École « Ut tensio sic vis », signifiant « le résultat est proportionnel à l’effort » prend trop bien son sens! On pourrait l’interpréter comme étant «Plus l’École fait suer, plus les étudiants transpirent…» Très édifiant quand on a l’impression (justifiée) qu’on ne fait pas exprès pour nous faciliter la tâche, ou dans le même sens, qu’on se fout de nous rendre la vie facile lorsque ce n’est pas un requis pour l’obtention de notre diplôme.

Ingénieux sur la confidentialité

Pour joindre l’utile à l’agréable, il se peut qu’il y ait un petit post-scriptum dans ledit courriel disant que le contenu est « confidentiel » et qu’on nous rappelle d’effacer le fichier et la cache du navigateur après consultation de nos notes. Je me dis « Wow! » sachant que la confidentialité, à Poly, ce n’est vraiment pas leur fort. J’aimerais, de ce fait, relater la nouvelle de Radio-Canada d’il y a un mois à peine, rappelant le fait que des informations confidentielles des étudiants diplômés et anciens boursiers de Polytechnique, entre 2005 et 2012, ont été usurpées à l’École, puis les malfaiteurs en ont profité pour s’approprier de l’argent qui n’est pas à eux, aux dépens de ces étudiants… Il s’agit du vol d’identité.

Où est donc le problème?

Je me demande alors si des stagiaires en secrétariat sous-payés tapent les notes de façon textuelle devant de vieux écrans en ligne de commandes MS-DOS, ou si le personnel enseignant utilise en fait un logiciel graphique convivial comme il se devrait au 21e siècle. Si c’est le premier cas, tout s’explique. Cependant, si c’est le deuxième cas, , #$%! que les étudiants transpirent pour rien quand vient le temps de vérifier leurs notes. Dois-je rappeler qu’on est au niveau universitaire et qu’il s’agit de gens assez adultes, et non d’adolescents vivant leur puberté? (NDLA : désolé pour les adolescents qui n’ont pas (encore) développé des savoirs universitaires.) Est-ce que le personnel enseignant et/ou leurs subalternes envoient délibérément les notes sous un format de fichier brut pourri pour les étudiants ou est-ce qu’ils sont coincés avec un logiciel datant de l’époque du FORTRAN et du COBOL? Ont-ils le choix dans le format de la présentation des notes?

Conclusion

Bref, consulter nos notes à Polytechnique Montréal au cours de la session, c’est une perte de temps, une perte d’énergie et une perte (ou plutôt renonciation) à plusieurs de nos droits, notamment, à la vie privée, à la dignité et à la jouissance paisible de consulter nos notes. Des solutions, il y en a plusieurs, mais je vous laisse la créativité ou l’expérience d’en proposer. Je pense par ailleurs à l’interface très conviviale et jolie qui s’appelle Omnivox, développée par Skytech Communications Inc., à l’attention des étudiants collégiaux de l’ensemble du Québec. L’affichage des notes sur Omnivox est de loin meilleur (esthétiquement) que celui sur Moodle, pour les étudiants et pour le personnel enseignant! (NDLA : Je n’ai pas l’intention de faire de la publicité gratuite pour la compagnie et je n’ai [malheureusement] pas été commandité par cette dernière.)

L’interface Omnivox (Léa) pour les étudiants du cégep. Voyez comment le formatage de l’affichage est plus aéré que Moodle ou le « dépotoir ». Et en prime, on a un graphique!

L’interface Omnivox (Léa) pour les étudiants du cégep. Voyez comment le formatage de l’affichage est plus aéré que Moodle ou le « dépotoir ». Et en prime, on a un graphique!

Pourquoi l’École n’est-elle pas capable de publier nos notes personnelles dans le Dossier Étudiant de façon professionnelle, au lieu de nous envoyer carrément une poubelle par courriel? La société québécoise a pourtant convenu implicitement que les notes d’évaluation des étudiants sont des informations confidentielles. Ne croyez pas qu’afficher le matricule améliore la confidentialité. D’un point de vue sociétal, au Québec, on n’est pas fort pour avoir de l’initiative et innover. Pensons au système routier (incluant ponts et viaducs) dont l’entretien est à refaire trop régulièrement aux dépens du Trésor de l’État. Puis à une échelle polytechnicienne, le remplacement des anciennes horloges dans les corridors (et dans les classes) dont on ne voit pas l’aboutissement du projet depuis le 11 septembre dernier. Tout ceci pour dire qu’on peut avoir de bonnes idées, mais on est incompétent pour les réaliser efficacement, ou juste trop paresseux, ou procrastinateur, sans vision d’avenir pour mettre les choses de l’avant. Conséquemment, c’est ma conclusion hâtive de parier que j’aurai au moins quatre années de cauchemars à « rechercher » mes notes d’évaluation.

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