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Le Canada beau à voir à la coupe du monde

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Photo du match Irelande - Canada Photo © The Independent

Par Aymeric Guy

« Canadian eh? », un populaire commentaire de nombreux Irlandais réjouis et un peu ronds en réponse à l’accoutrement rouge vif et aux lunettes feuilles d’érable. Ils sont venus par dizaines de milliers au Millenium Stadium de Cardiff au Pays de Galles pour supporter l’Irlande dans son premier match de la coupe du monde de rugby 2015. L’immense stade couvert aux allures de navire, calmement posé sur la Taff River, s’apprêtait à recevoir quelque 68 523 spectateurs. Autour du stade, une ambiance de village olympique : des drapeaux de tous les pays, des cornemuseurs de rue et un tsunami de maillots verts autour d’un mur de graffitis spécialement dédié aux insultes à l’Angleterre.

 

L’atmosphère festive et décontractée s’expliquait probablement en partie par la différence de niveau entre les deux équipes. Pour l’Irlande, cinquième puissance rugbystique mondiale, il s’agissait d’un match d’échauffement face à une équipe canadienne littéralement semi-professionnelle. Ce débalancement n’a cependant pas miné les attentes du Canada. Après les hymnes nationaux, A Soldier’s Song chanté par le stade entier et un Ô Canada timide, d’excellents plaquages des hommes en rouge et une étonnante organisation sur le terrain ont réussi à surprendre même les plus sobres. Malheureusement, ces démonstrations de courage et de détermination étaient loin d’être suffisantes pour gêner la machine celtique. Leur rapidité d’exécution, leur capacité à créer des espaces et la très solide performance au pied et à la main du numéro 10 Johnny Sexton ont donné lieu à un festival offensif qui n’a pas déçu. En tout, sept essais irlandais et un seul canadien ont porté la marque finale à 50-7. L’espoir du triomphe surprise de David contre Goliath s’est éteint pour quelques heures, seulement pour se rallumer le soir même en Angleterre, lorsque le Japon battit l’Afrique du Sud dans ce qui restera longtemps le plus grand exploit de l’histoire de la coupe du monde.

Ce fut en tout point une incroyable expérience. Comme l’a si bien énoncé un nouvel ami au sourire aussi grand que la barbe : « Un grand sentiment d’appartenance et beaucoup de respect. C’est ça les valeurs, la mentalité du rugby. On se donne corps et âme pour son équipe et ensuite on va boire une bière avec l’adversaire. Ceux qui me demandent pourquoi je fais autant de chemin pour aller voir mon équipe perdre ne comprennent pas que ce n’est pas que pour le match : c’est pour tout ce qui l’entoure et tous les autres amoureux du sport ».




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.