Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Sur une planète près de chez vous

Aperçu article Sur une planète près de chez vous
Cliquer pour agrandir
 (lien ouvrant dans une nouvelle fenêtre)
Mark Watney contemplant le vide du film. Image tirée du film © screenrant.com

Après Gravity et Interstellar, c’est Ridley Scott qui nous livre son nouveau film block-buster ultra-réaliste révolutionnaire : The Martian. À croire que ce nouveau genre attire de plus en plus de réalisateurs «talentueux». Après les deux désastres de Cùaron et Nolan, qu’en-est-il de ce nouveau venu? Spoilers : C’est pas terrible.

Mais commençons par le commencement. Le film raconte l’histoire de Mark Watney (Matt Damon) laissé pour mort sur Mars lorsque la mission Arès 3 a quitté la planète. Sauf que SURPRISE, il a survécu au choc d’une antenne radio, et à sa combinaison percée. S’en suit une série de péripéties, toutes plus prévisibles les unes que les autres [NdlA : ne regardez surtout pas la bande-annonce si vous comptez voir le film !], afin de sauver notre astronaute. Admettons, il faut bien qu’il y ait un film. Et adapter l’idée de film de sauvetage au contexte spatial dans un cadre réaliste, c’est une très bonne idée.

Parlons d’abord du positif : c’est une claque visuelle. La profondeur des cadres donne une 3D absolument fantastique. Tout le grandiose des paysages désertiques est très bien rendu, et le film propose pas mal d’idées visuelles innovantes. Les visioconférences des personnages sur Terre sont très bien gérées, et la plupart des transitions rendent très bien. L’idée de suivre la vie du héros « dans la caméra » lorsqu’il enregistre son journal de bord ajoute à cette impression de continuité. Toute la première partie où Matt Damon tente de survivre seul sur sa planète et de communiquer comme il peut fonctionne très bien aussi. Mais si faire un beau film avec un bon premier acte suffisait à faire un bon film, Interstellar en serait un.

À l’exception notable de Mark, tous les personnages sont superficiels. Aucun n’a de réelle personnalité ni aucun background auquel le rattacher, car le film ne prend même pas la peine de les introduire : tout ce qu’il nous donne, c’est un sous-titre avec nom/fonction lors de leur première apparition. Ce sont des clichés qui servent tous d’outils scénaristiques. Scénario qui se base d’ailleurs sur un seul et unique ressort : l’ascenseur émotionnel. À partir de 30 minutes de film, non content de savoir ce qui va se passer, on sait quand ça va se passer. C’est d’autant plus accentué par le fait que le film ne présente aucun enjeu réel et on sait ce qu’il va advenir des personnages. Les seuls points d’ombres sont les décisions prises par la NASA, qui se révèlent une ou deux fois surprenantes. Incohérentes certes, mais surprenantes.

Même le personnage principal n’est pas travaillé jusqu’au bout. S’il rendu assez attachant et a une certaine personnalité, le film ne traite pas du tout de l’impact psychologique de rester seul sur une planète pendant 2 ans. Il y a de quoi griller quelques neurones, mais on nous montre seulement un petit rigolo qui se prend pour un pirate de l’espace. Plus de l’ordre du ressort comique qu’autre chose.

Finalement, c’est un film bien emballé et plutôt agréable pour le côté visuel, mais sans vrais saveurs ni enjeux. Le film avait pourtant un casting talentueux et un réalisateur grandiose. Dommage que Scott ait laissé son talent dans les années 90. Mais le résultat est moins catastrophique que ses performances des dernières années, et j’ai plein espoir que Prometheus 2 sera moins viscéralement nul que le premier du nom. Ou pas. En attendant, n’allez pas voir The Martian. Ou alors allez-y en IMax 3D 7.1 ++ pour au moins profiter des images et du son, qui sont à peu près les seules choses à sauver.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.