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Critique : Le voyage de Victor

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Photo © PolyPhoto

Lors de la répétition générale de Poly-Théâtre, la représentation intitulée Le voyage de Victor est une reprise de l’œuvre de l’auteur Nicolas Bedos. J’ai constaté le grand talent de l’équipe de Poly-Théâtre dont les spectateurs ont la chance d’être témoins et dont vous, lecteur, devriez être témoins aussi. D’une durée de deux heures, la représentation théâtrale est mise en scène par Faiza Maskhouni, un des talents de Poly-Théâtre.

Le récit se passe en plusieurs actes et chaque acte se passe d’abord avec Victor, vraisemblablement amnésique, et une femme dont l’identité reste floue au début. En effet, elle ne révèle pas à Victor son identité quand ce dernier le lui demande. Plus on avance dans le récit, plus on apprend quel homme misogyne et désagréable était Victor avant son accident de voiture. On se demande alors ce qu’est l’identité d’une personne. Victor, confronté à ne pas savoir qui il est et qui il était, se questionne sur son identité. Est-on ce qu’on est ou ce qu’on a fait, même si on ne s’en souvient plus ?

 

Puis s’ensuit une recherche dans le passé de Victor de façon décousue. Plus il creuse dans son passé, plus Victor doit confronter ses démons. On découvre qu’il a été marié, qu’il a un fils, que ce garçon n’a pas eu la vie facile avec la séparation violente de ses parents et qu’il a sombré dans la constante envie de fuir la réalité, c’est-à-dire la drogue. Enfin, le spectateur apprendra qui est cette femme qui est constamment auprès de Victor, et ce qui s’est passé peu avant l’accident de voiture, lequel a emporté le fils de Victor.

 

Je suis passé par une gamme de sentiments durant toute la représentation. L’arrivée des informations sur les personnages qui venaient au compte-gouttes, mais dont chaque goutte nous récompense et nous amène à vouloir patienter encore pour avoir la suite. Les acteurs jouent si bien leur personnage que je me suis facilement laissé ensevelir dans le monde de Victor.

 

Durant chaque intermède, nous pouvons constater de la diversité dans le spectacle avec de la danse, du chant, du mime, de la manipulation de marionnette, des sketches, notamment, avec de la musique d’un chanteur français. À la reprise de l’acte principal, il y a en arrière-plan une projection d’une citation de type maxime et proverbe. Mais ces intermèdes sont relativement liés au récit principal de Victor, chose qu’on découvre vers la fin de la représentation.

 

Le dénouement a été l’apogée émotif, selon moi. En effet, d’une part, on voit des scènes relativement violentes. L’une où le fils adulte s’en prend à sa partenaire pour lui arracher un joint, au point que le corps de cette dernière était sur le point de rendre son dernier souffle. L’autre scène est entre Victor et la femme qui l’accompagne, qui est en fait sa conjointe, laquelle prend un couteau dans sa main, symbole expressif de la colère d’une mère voulant arracher la vérité à Victor sur le jour de l’accident. Mais dans l’ensemble, heureusement, il n’y a pas eu de sang, même faux.

Enfin, quand on découvre que le fils, en faculté affaiblie, tenait à conduire la voiture dans laquelle son père était passager, le récit se termine bien, de façon paisible. C’est une belle fin. Le vieux couple s’en va dormir ensemble. Mais le lendemain matin, Victor redevient amnésique, il ne reconnaît pas sa conjointe, laquelle est exaspérée de cette perte de la personnalité de son mari. Toutefois, le couple arrive à passer outre cet obstacle et nos tourtereaux sortent de la maison ensemble. C’est ainsi que le récit se termine.

Le journal gauchiste que lit Victor Photo © PolyPhoto

Le journal gauchiste que lit Victor
Photo © PolyPhoto




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