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La démocratie canadienne mise à nue

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Dans le feu de l’action... Photo © Élections Canada

Vous croyez que le Canada est un chef de file en termes de représentation démocratique à travers le monde? Détrompez-vous. Le système démocratique canadien comporte de nombreuses lacunes et en voici la démonstration.

Vous vous êtes probablement déjà posés cette question : « Mon vote va changer quoi au fond? ». Pour arriver à y répondre, nous allons commencer par une vue d’ensemble du système législatif canadien, soit une monarchie constitutionnelle, que nous avons hérité de notre mère patrie l’Angleterre et qui comporte trois grandes instances énumérées ci-dessous en ordre d’importance

 

1 : Le souverain du Canada (La Reine Elizabeth II).

2 : Le sénat (chambre haute)

3 : La chambre des communes (chambre basse)

 

La Reine

Vous croyez que la Reine n’exerce qu’un rôle symbolique dans notre vie politique? La réalité est qu’elle choisit de jouer ce rôle car notre constitution lui confère tous les pouvoirs avec le titre de souveraine du Canada. Ayant constaté que la Reine avait mieux à faire qu’à nous gouverner (étant le monarque de quelques 15 autres états), on lui confère le rôle de lui désigner un représentant, le gouverneur général du Canada qui est actuellement David Johnston. Celui-ci désigne d’ailleurs les 10 lieutenant-gouverneurs qui représentent chacun la Reine d’Angleterre auprès de chacune des provinces canadiennes. Ces représentants sont bien cher payés pour faire pas grand chose d’utile à mon humble avis. Parenthèse : certains profitent de leur statut royal pour refiler toutes leurs factures aux citoyens. Je ne nomme personne par principe (Lise Thibault).

 

Le Sénat

La représentation du sénat divise le canada en 105 régions de manière incroyablement inéquitable. Les provinces des Maritimes y trouvent leur compte aux dépends de l’Ouest canadien et de l’Ontario. À titre d’exemple un sénateur de la Colombie-Britannique représente en moyenne 650 000 citoyens alors qu’un sénateur de l’Île-du-Prince-Édouard représente 34 000 citoyens. Ces sénateurs sont choisis par le gouverneur général et ne sont en aucune manière choisi par les citoyens qu’ils représentent. Un sénateur conserve son siège jusqu’à l’âge de 75 ans. Donc si demain M. Johnston m’appelle et me demande de combler un des 22 sièges actuellement vacant au sénat, c’est 50 ans de conditions salariales de rêve garantis (125 000 $ par année) qui m’attendent pour un travail très peu exigeant pour un polytechnicien. Malgré ces conditions idéales, nous observons encore une fois le comportement désespéré de plusieurs sénateurs croyant que les contribuables ont toujours eu envie de leur payer toutes leurs dépenses personnelles. Je ne nomme personne par respect (Mike Duffy).

 

La chambre des communes

Enfin! Une instance dont les représentants sont élus. Sa représentation est divisée en 338 régions relativement équitables, qui ont chacune un député. Lors d’une élection canadienne, il y a en réalité 338 petites élections. Le mode de scrutin est uninominal à un tour, c’est à dire que chaque électeur peut voter pour un seul des candidats et n’a pas de 2e choix. Le candidat qui a remporté le plus de vote devient député de la circonscription. Le parti qui a le plus de député formera le gouvernement, le 2e parti ayant le plus de député forme l’opposition officielle, le 3e la 2e opposition officielle, etc. Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de parti officiellement reconnu par la chambre des communes (c’est-à-dire qui possède au moins 12 députés).

 

Avant de répondre à notre question initiale, soulignons ici les lacunes de l’interprétation du vote.

 

D’abord, le système uninominal à un tour fonctionne très bien s’il n’y a que deux partis. Par contre, la donne change à plusieurs partis. Par exemple, si dans une circonscription où les électeurs sont très partagés dans leur choix, il peut arriver le scénario suivant : 26 % pour X, 25 % pour Y, 25 % pour Z et 24 % pour Roger. Le candidat X remporte son élection et représente 100 % des citoyens de sa circonscription et ce même si 74 % des électeurs ne voulaient pas de lui. Ce genre d’irrégularité de représentativité se produit très souvent et crée des aberrations aux résultats globaux. Par exemple: en 2014, le Parti Libéral du Québec a remporté 56 % des sièges avec seulement 41,5 % des votes, formant ainsi une majorité parlementaire qui lui permet de passer toutes les lois qu’il veut sans obligation d’avoir l’accord des partis d’oppositions qui, ensemble ont récoltés 56% des votes. Ceci n’est pas un cas rare. En fait, au Canada, il est très rare qu’un gouvernement majoritaire ait réellement obtenu plus de 50 % des voix.

 

Un autre type d’erreur du système peut être le couronnement de l’un alors que l’autre a reçu plus de vote. En voici une démonstration: si un pays a trois circonscriptions et 3 partis et fonctionne avec notre système bidon. À une élection, X remporte la première circonscription avec 100 % des votes, Y remporte la deuxième et la troisième circonscription avec les mêmes résultats suivant : 34 % pour Y, 33 % pour X et 32 % pour Roger. On constate que le parti X a remporté 66 % des votes et que Y seulement 34 %. Pourtant à cause de la répartition géographique des votes, Y remporte 2 sièges sur 3 et gouverne avec une majorité parlementaire. Ça n’arrive pas très souvent mais tout de même. À titre d’exemple, l’élection fédérale de 1979 a couronnée Joe Clark comme premier ministre du Canada avec 35,9 % des voix alors que Pierre-Elliott Trudeau en avait obtenues 40,1 %.

 

Une dernière aberration de notre système électoral est le fait que notre député ayant supposément le rôle de représenter ses citoyens est souvent forcé de suivre la ligne de son parti, n’en déplaise à ses électeurs qui ne s’en rendent jamais compte de toute façon. Certains députés conservateurs étant tannés de se faire taire par le premier ministre ont tenté de passer une loi retirant les pouvoirs royaux du premier ministre, mais en vain.

 

Répondons maintenant à la question de savoir si votre vote est utile. L’importance de votre vote varie donc selon si vous habitez dans une circonscription serrée ou dans une forteresse d’un parti X. Jadis, on pouvait se conforter en se disant que le parti recevrait 2 $ de financement pour chaque vote obtenu mais le gouvernement Harper a retiré cette mesure afin de nuire encore plus aux petits partis qui sont déjà nettement désavantagés par le système. Je dirais donc que oui, votre vote compte, mais pas autant qu’il le devrait.

 

Malgré tout, allez voter! Je vous encourage à voter pour un parti qui propose de changer ce système même si cette promesse est très difficilement tenable. Si vous voulez manifester un désaccord ou un refus global du système, allez voter quand même, il y a une multitude de partis qui représentent ce refus, notamment le parti Rhinocéros!

La Reine du Canada, Élisabeth II Photo © evil_bob




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.
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