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Du culte québécois, vu de France

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Affiche du film © TVA Films

S’il y a un aspect de la culture québécoise qui n’a jamais franchi l’Atlantique, c’est bien le 7e Art (exit Xavier Dolan). Nouvel arrivant au pays de la poutine, c’est avec un mélange de curiosité et d’appréhension que j’ai cherché à en savoir plus ce mystère cinématographique. Dans une galaxie près de chez vous : rapport de visionnage.

Remise en contexte : en 1998 sort sur petit écran la série Dans une galaxie près de chez vous. D’abord pensée comme une série jeunesse, elle trouve un public adulte et sera rapidement considérée comme une série culte, ce qui amènera deux long-métrages en 2004 et 2008. Le scénario en bref : en 2034, la couche d’ozone est détruite par l’activité humaine et la dernière option pour l’humanité est de faire appel à la première puissance mondiale (le Canada, évidemment) pour rechercher une nouvelle planète sur laquelle migrer. Tâche qui revient au capitaine Patenaude et à l’équipage du Romano Fafard. (Merci Wikipédia)

J’étais emballé : un pitch de SF certes classique mais qui fonctionne, la promesse d’un humour débile à souhait, le statut de film « culte », le tout avec un accent québécois à couper au couteau. Je sors ma bière du frigo et je m’installe face à l’écran, plein d’espoir. Puis le film commence.

Une scène d’introduction aux couleurs désaturées, avec des enfants acteurs digne de la pièce de théâtre de l’école primaire Victor Hugo du village d’à côté. Aïe, première impression pas franchement réussie. Une transition dézoomée et quelques mouches plus tard, on est introduit à nos personnages principaux, une équipe somme toute assez attachante. On y trouve des personnages originaux, dans un tout qui reste cohérent. C’est déjà mieux. Mais une fois l’intrigue dévoilée, l’histoire débute et s’enchaîne sans que l’on soit jamais vraiment captivé. On rigole bien, mais sans plus.

La principale difficulté qui survient quand on adapte une série sur grand écran est d’adapter le format épisodique de 30 minutes à une construction en 3 actes d’1 h 30, ce que le film réussit assez bien malgré une légère impression globale de désordre. Mais si le film gère habilement les aspects d’expositions, il peine cependant à définir ses enjeux. Difficile de ressentir du stress quand le film ne met jamais les personnages en réelle position de danger. Le film est plus basé sur ses ressorts comiques que sur sa construction narrative. Dommage car l’histoire est intéressante et on aimerait bien s’y sentir impliqué.

Cette sensation est d’autant plus marquée que le dosage de l’humour est très grossier. Entre sketchs bien trop longs et ceux qui reviennent beaucoup trop souvent, on est vite sorti du film par toutes ces longueurs. Dommage encore une fois, car le scénario possède une (relativement) bonne profondeur de lecture et un message bienveillant, mais est bien trop souvent désamorcé par une bonne blague bien lourde. Ceci dit, ça reste plus profond et bien moins chiant qu’Interstellar.

Mais est-ce que j’en fais trop? Après tout, c’est film un film au budget minuscule, pensé avant tout pour plaire aux fans de la série, qui y trouveront sûrement leur compte, et pour étaler des blagues et autres catch-lines cultes. N’étant pas québécois, je passe certainement à côté de beaucoup de références, qui font le sel du film. Mais bon nombre de gags font rire à gorge déployée (Une pluie de sécheuses quoi. J’en ai eu mal aux côtes). Pour tous les non-québécois qui n’en ont jamais entendu parlé et qui veulent rire un coup, allez-y, c’est cool (usage de substances récréatives fortement conseillé).

Pour les autres, regardez La Cité de la Peur [NdDirlo : oh que oui.], c’est un bon film, au moins.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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