Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Critique Gastronomique : Le grand défi Aramark

Aperçu article Critique Gastronomique : Le grand défi Aramark
Cliquer pour agrandir
 (lien ouvrant dans une nouvelle fenêtre)
Déjeuner : 2 Oeufs Bacon. Photo © Joël Girard-Lauzière

Est-il possible de survivre une semaine en ne mangeant qu’à Polytechnique malgré le monopole alimentaire Aramark? Pour vous, j’ai risqué ma vie pour tenter l’expérience et vous livrer mes impressions.

Je me présente au restaurant du premier étage du Pavillon principal le mardi 15 septembre et je m’assois à table le bide bien vide. J’attends pour commander une assiette consistante. Tout compte fait, je n’ai pas été accueilli (-1), pas de menu présenté (-1) et même pas un peu d’eau pour patienter (-1).

J’ai réalisé après quelques minutes que le thème de ce restaurant est d’aller chercher la nourriture soi-même dans la cuisine et payer sa nourriture avant même de la manger en faisant une file indienne interminable (-1), pour socialiser avec des pairs ou simplement fixer son plat en salivant.

Le menu est affiché sur une seule page et propose 3 repas chauds et sur une autre page sont affichés les 9 prix différents, dépendamment du choix et des ajouts (soupe, jus et dessert). Cependant la correspondance entre le prix et le plat choisi n’est pas faite (-1), mis à part que le moins cher est le plat végétarien.

Il est parfois difficile, entre un cours de Thermo et de Calcul, de déterminer lequel entre le macaroni à la viande et la longe de porc correspond au plat du Chef et au plat du Chef Plus. D’autant plus que les lundis, tous les plats sont végétariens, mais un seul plat a le tarif végé. La serveuse elle-même a induit en erreur un pauvre de mes collègues (cas isolé j’en conviens) qui tentait tant bien que mal de choisir le plat qui lui reviendrait 0,25 $ moins cher. Ce n’est qu’à la caisse qu’il réalise la trahison de la serveuse. Se plaignant à la caissière, elle affirme qu’elle avait pourtant averti la serveuse, ce qui traduit une mauvaise cohésion de groupe et un potentiel de début de conflit (-1). Les professeurs d’HPR ont été avisés et étudient la possibilité de donner leur cours aux employés d’Aramark plutôt qu’aux étudiants l’année prochaine.

Je donne une note de 4/10 pour le service, 2 points pour la connaissance du français par presque tous les employés et 2 points pour avoir souri au moment du paiement.

Jour 1

J’ai pensé compléter ce déjeuner avec un des fruits en vente, mais je me suis rappelé les deux choses suivantes : d’abord que le prix est probablement bien trop élevé pour sa valeur et ensuite que la seule fois que j’ai acheté un fruit chez Aramark, il y a 3 ans, c’était une orange et je l’ai toute vomie avec le reste de mon dîner en après-midi.

Bien que les blancs d’œufs avaient à la fois une apparence, une texture et un goût de plastique, le plat était tolérable.

Pour quelqu’un qui mange des céréales avec du lait tous les matins pour déjeuner depuis sa naissance, la consommation de gras de bacon aussi tôt était une expérience nouvelle, que les papilles et l’estomac ne s’entendent pas à reproduire.

La présentation est un peu meilleure puisque servie sur un plat plutôt elliptique que rond, avec une aire plus grande ce qui permet de contenir plus. Par contre, attention avec cet agencement : le pain du sandwich risque de s’imbiber du trop-plein de vinaigrette de la salade de légumes. Heureusement, c’est le goût de la sauce du porc effiloché qui prend le dessus. Seuls les doigts ressentent le désagrément graisseux de cette absorption : une napkin était à prévoir.

Et oui, les machines distributrices sont également sous le contrôle d’Aramark, ce qui m’a permis de satisfaire ma faim précoce de 16h dûe aux portions modestes offertes par Aramark, tout en respectant les règles du défi.

Inconvénient : cette machine ne prend que le change. Et comme il est écrit dans la précédente édition du Polyscope, il est insupportable de traîner du change sur soi. Mais bon, la machine est impassible : j’ai dû changer un 5 $ dans la machine à change et comme d’habitude, elle l’a recraché comme si j’étais un contrefacteur. Après de multiples essais en rentrant le billet dans tous les sens, j’essaie finalement avec un vieux billet de 5 $ qui est accepté du premier coup… C’est depuis 2011 que les nouveaux billets en polymère sont en circulation, il serait donc peut-être temps de changer de machine.

Bref, j’ai fini par manger ma barre tendre et ça a comblé mon petit creux.

Le repas est bon, mais je dois reconnaître que l’utilisation d’un terme qui m’était inconnu (inculte que je suis) : « bisque de patates douces et poivrons » me donnait l’impression d’une soupe quelque peu raffinée, mais elle s’est avérée être, à mes yeux et ma langue, une soupe rouge avec quelques mottons dedans. Ayant toujours eu un faible pour les crèmes, je suis déçu d’avoir l’impression que cette année, elles sont moins crémeuses, comme si elles avaient été diluées avec de l’eau.

 

Jour 2

Dans cette cafétéria, on a la chance de choisir soi-même la garniture de son sandwich! Quelle excitation, je vais enfin pouvoir manger exactement ce que j’aime. La serveuse ne semble pas partager cet enthousiasme, en plus de prendre le plus petit et mince pain pour me servir. Elle le remplit de la garniture que je lui demande, mais, au moment de mettre l’assaisonnement, surprise! Elle met la mauvaise sauce! Au lieu de mettre celle que je préfère, elle met celle que je déteste le plus. Bon en vérité, c’est quelqu’un d’autre qui m’a acheté ce repas à cause des contraintes temporelles. Heureusement, parce que je l’aurais retourné sur-le-champ. C’est bien dommage, car d’habitude j’avais de bonnes expériences avec eux. Mais bon, ils sont mal tombés et me voilà forcé de leur faire mauvaise presse. Encore une fois, la faim revient tôt.

Je me rends donc à la cafétéria un peu à l’avance (15 minutes avant l’ouverture) pour essayer les sautés. Un autre étudiant attend lui aussi et utilise une technique fort ingénieuse pour se faire servir même si l’heure n’est pas venue : il complimente les cheveux d’une serveuse et l’en voit ravie. Mais pas de chance, il ne s’agit pas de la serveuse des sautés… Cette dernière, une fois arrivée, ne bronche pas à cette stratégie et reste fidèle à sa montre suisse. On avait amplement le temps de placer nos légumes dans le contenant pour en avoir le plus possible et que ça tienne quand même, jusqu’à ce que notre plaisir s’estompe. Une affiche indique qu’un plat de légumes trop rempli coûtera 1,52 $ + taxes de plus. Mais bon, le sauté était, je dois dire, assez bon.

 

Dernière constatation : En me présentant pour un repas chaud à 18h30 (30 minutes avant la fermeture), j’ai obtenu presque deux fois plus de quantité de nourriture qu’à l’habitude!

 

En conclusion, si vous avez du temps, faites-vous à manger!

Souper : Lentilles au cari et quinoa. Photo © Joël Girard-Lauzière




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.