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La fin d’une ère

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Bien dit John, bien dit.

Le pionnier de la nouvelle humoristique met un terme à son aventure à Comedy Central. Retour sur une carrière formidable qui lui a valu bien des superlatifs.

Le 6 août dernier Comedy Central diffusait la dernière émission du Daily Show de Jon Stewart, émission de nouvelles comiques rendue une référence en la matière grâce au plus zélé des présentateurs. Le comédien/producteur américain mettait un terme à ses 16 ans à la barre du Daily Show, émission qu’il a monté de toutes pièces.

 

Pourquoi la fin d’une ère? Jon Stewart est le premier d’une lignée de satiristes politisés. Plus que drôle et réfléchi, l’homme est brave et cru, qualités complémentaires et rares dans l’industrie du show-business. Que ce soit pour dénoncer les crimes de guerre israéliens dans la bande de Gaza, les violences engendrées par le port d’arme à feu ou le profilage racial grandissant, Stewart s’attirait bien souvent les foudres de la droite conservatrice. Qu’il s’agisse de la frange républicaine du Congrès américain ou l’équipe entière de Fox News, la peau du comédien libéral se vendait cher. Son sourire narquois caractéristique laissait toutefois deviner que cette confrontation idéologique lui était jubilatoire. Parfois des excuses étaient faites aux personnes touchées par ses segments, mais toujours avec une pointe de cynisme ô combien savoureuse. Ce même cynisme qui a inspiré le sarcasme iconique de Stephen Colbert et la rigueur parfois perverse de John Oliver.

 

L’épisode final du Daily Show s’est rapidement transformé en hommage à l’homme. Panélistes et collaborateurs en mode remerciements qui se bousculaient pour dévoiler le rôle que Jon Stewart a joué dans leur carrière. Il a même eu droit à un petit bien-cuit, gracieuseté des politiciens qu’il a tant raillé! Mais l’instant émouvant de l’émission restait en aval: Jon avertit ses spectateurs de se prémunir et de dénoncer la ‘’Bullshit’’ médiatique américaine en restant alertes aux puanteurs télévisées lâchées par Fox News avec la désormais célèbre phrase ‘’If you smell something, say something’’. Passer du gag à la prise de conscience sociale en quelques mots. Du Stewart tout craché.

 

La passation des pouvoir s’est aussi faite dans le rire. Trevor Noah, le comédien sud-africain; bel homme, sourire charmeur et humour juste assez incisif. Habitué aux collaborations avec Stewart, c’est maintenant pour le rôle de son mentor qu’il se prépare. Les montréalais ont eu la chance de faire plus ample connaissance avec lui lors du festival Juste pour Rire dans un gala portant son nom. Un numéro réussi sur l’olympien/meurtrier Oscar Pistorius, héros déchu de son pays natal, a suffi à prouver au public qu’il pouvait s’aventurer dans les sujets épineux. Les critiques ont tous souligé son talent pour l’imitation de personnalités connues de l’actualité. Voilà un créneau qu’il pourrait exploiter pour sortir de l’ombre de Jon Stewart.

 

Beaucoup sont prêts à parier que Jon restera dans l’ombre de l’émission mais pour l’instant le moment est venu pour lui de desserrer la cravate, d’enfiler ses pantoufles et de commencer à apprécier le Daily Show de l’autre côté du téléviseur. Souhaitons-lui un bon visionnement, c’est la moindre des choses.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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