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Rattrapage de début de session

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Cette grue est rouge. C’est important. Photo © L’actualité

Pour un éditorialiste en vacances, il est frustrant de voir s’enchainer les moments politiques absurdes sans pouvoir les commenter. Je profite donc de ce premier édito pour faire sortir la vapeur accumulée. Accrochez-vous.

Élection fédérales

 

Évidemment, le premier sujet d’importance sont les trépidantes, voir passionnantes, élections fédérales qui nous ont tenus en haleine durant les dernières semaines (lisez ici le sarcasme). Notre bon premier ministre, voulant couper l’herbe sous le pied des centrales syndicales qui souhaitaient profiter de l’été pour passer leur message anti-conservateur, a lancé à la fin juillet la plus longue compagne électorale de l’histoire du pays. Quelle habile justification pour cette campagne interminable? « C’est tout à fait légal. » En effet, ce l’est selon la loi sur les élections à date fixe mal écrite que vous avez vous-même votés. Bravo champions.

 

Reste que dans une ironie du sort fort à propos, les conservateurs se retrouvent à souffrir une interminable agonie. Ils veulent se présenter comme champions de l’économie? Boom, une récession technique au Canada. Ils veulent diriger le débat sur la sécurité? Que non, la crise des réfugiés nous rappelle qu’ils ont fermé les frontières du Canada aux demandeurs d’asiles internationaux. C’est presque triste pour Stephen et son équipe, sauf que tout cela est pleinement mérité.

 

Du côté du NPD, on a certes pris les devants, mais on mène maintenant une campagne d’un ennui profond. Le chef Thomas Mulcair a perdu ses crocs. Dans un effort pour éviter un phénomène de peur chez la population que j’appellerais « Oh non! Les gauchistes veulent nous ruiner! Fuyez! ©», les néodémocrates nous servent une campagne résolument centriste, sans prise de risque et sans envergure. Si cette stratégie a dominé la politique canadienne pour des décennies, elle semble dangereuse pour un parti qui n’a jamais gouverné le pays. Certains pourraient se dire que plutôt de voter pour une copie des libéraux, ils peuvent choisir la version originale…

 

Ainsi, les libéraux de Justin Trudeau bénéficient d’une lente mais solide remontée. Dans un revirement d’évènements inattendus, le chef a pris des positions concrètes (!!!), voir risquées, comme le renoncement à l’équilibre budgétaire à court terme et l’investissement massif en infrastructures. Il reste maintenant bien assez de temps pour Trudeau pour prendre le dessus, en autant qu’il puisse garder la tête hors de l’eau lors des débats. Le NPD devra épicer un peu sa campagne s’il veut stopper la montée libérale.

 

Sans surprise, une campagne de 78 jours, c’est plate. Mon côté givré souhaiterait quelques déclarations malheureuses, voir un nouveau scandale bien senti. Cela ne saurait tarder. Mon côté blé entier voudrait bien d’un véritable débat d’idées. Autant rêver.

 

Primaires républicaines aux États-Unis

 

Je ne m’attarderai pas. Il était une fois un parti qui a perdu lamentablement ses élections présidentielles de 2012, malgré un président sortant peu populaire. Le parti s’est écrié « Nous nous sommes égarés nous devons nous réconcilier les femmes et l’électorat latino! ». Trois ans plus tard, ils sont prêts à élire un magnat de l’immobilier débile et misogyne, qui traite les immigrants mexicains de violeurs. Comme ils disent au Sud : « Well Played, Mr. Trump ».

 

L’automne s’annonce chaud

 

Au Québec, la rentrée scolaire a été agitée. Parents et enseignants s’opposent aux compressions supplémentaires en éducation. Le ministre de l’éducation, François Blais, continue à jouer la même cassette : « Les compressions ne toucheront pas les élèves, il y a du gras à couper dans les commissions scolaires ». Il faut dire que sa capacité à répéter le même mensonge sans fléchir est impressionnante. Le mépris du gouvernement libéral envers l’éducation est aberrant et ils mériteront amplement la contestation à venir. Classes plus nombreuses, coupe des services aux élèves en difficultés, mises à pied du personnel de soutien, infrastructures vétustes, voir dangereuses… Tout porte à croire que les libéraux veulent achever un système public déjà mal en point. Évidemment, cela est fait en vertu du principe « de rigueur budgétaire », qu’on nous promet mettre en place pour sauver les générations future du spectre de l’endettement. Sacrifier l’éducation pour les générations futures, on aura tout entendu.

 

Le gouvernement libéral a pris son rythme de croisière. Sa stratégie est élégante : mettre en place des comités d’études, comme celui de la révisions des programmes et celui sur la fiscalité, remplis de gens qui détestent l’État. Ensuite, quand ces comités proposent, ô surprise, la réduction de la taille de l’État et de la destruction de nos services sociaux, le gouvernement se repose sur leurs conclusions comme si elles étaient des évidences. Plus de débats, plus d’idées, seulement de l’idéologie, des technocrates et des économistes. Des technocrates de droite, évidement.

 

Ok j’arrête

 

Ouf ça fait du bien de laisser sortir le méchant! Je suis content de retrouver le Polyscope et sa page éditoriale. Je vous promets d’ailleurs pour les semaines prochaines moins de chialage, un peu plus de profondeur et surtout une belle variété de sujets. À moins que je transforme tout ça en une chronique d’insultes sur Donald Trump. À suivre.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.