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A-t-on un plan pour nos cours?

Après une première chronique intitulée « Après un an à Poly, je ne demande pas la perfection » expliquant la grande permissivité de l’authentification du mot de passe sur l’interface Horde du courriel de Poly, la chronique d’aujourd’hui fait le point sur la présentation du plan de cours à Poly. Les étudiants qui ont eu un parcours académique au cégep constateront qu’à Poly, le plan de cours n’est pas nécessairement rédigé avec une rigueur exemplaire. Étonnant pour le niveau universitaire, non?

(NDLA C’est un texte d’opinion, contenant du sarcasme, de l’ironie et autres figures de style permettant de jouer avec les mots. Texte destiné à un lectorat averti.)

Plan de cours incomplet ou bâclé?

D’un cours à l’autre, la présentation peut ne pas être standardisée. (Pourtant, en sciences appliquées, on s’applique à suivre une méthode prescrite et rigoureuse, suivant une convention, une norme, pour que tout le monde puisse s’y repérer.) Le type d’information qu’on trouve dans un plan de cours peut ne pas être présent dans un autre plan de cours. Plus encore, les informations auxquelles s’attend un étudiant provenant du cégep peuvent carrément être absentes du plan de cours à Poly. (Si les ingénieurs pouvaient écrire un rapport avec des données manquantes, ça ferait dur pour la science. Alors, pourquoi ne pas être systématique dans la rigueur de la production de documents écrits, entre un rapport scientifique et un plan de cours?)

Dans une institution d’enseignement supérieur, un plan de cours, c’est le document de référence par excellence sur le fonctionnement du cours et de ses activités connexes. C’est, par analogue, le texte de loi du Code Criminel ou du Code civil du Québec au sein de chaque cours. S’il n’est pas rédigé avec la rigueur qu’il se doit, le plan de cours perd sa fonction de référence et ne devient qu’un vulgaire document qui pollue l’espace de travail de l’étudiant. Plus encore, ce qui n’est pas écrit est soumis à l’insécurité qu’on dit une chose une journée, puis qu’on dise autre chose une autre journée. (Bref, la relation étudiant-professeur a le risque d’être équivalente à celui de citoyen-politicien, où le discours change selon les circonstances.)

La réputation et l’image

Au nom de la réputation d’une école de génie qui se veut être géniale (mais à Poly, il se passe des choses pas géniales; c’est le point de mes chroniques d’ailleurs), de l’image qu’elle veut projeter à la communauté polytechnicienne (mais qu’elle échoue lamentablement), il importe alors que l’École ou ses départements se dotent d’un format standard de plan de cours avec un minimum d’informations requis qui permettent de répondre aux intérêts des étudiants…et du personnel enseignant.

Or, dans un bon plan de cours, on s’attend à ce qu’il y ait, au minimum, les informations suivantes à la disposition de l’étudiant :

  • Les coordonnées et disponibilités du professeur ou du chargé de cours ou du chargé de laboratoire;
  • Les objectifs du cours;
  • La matière du cours durant le trimestre;
  • Le calendrier du cours théorique et pratique;
  • Les périodes d’évaluation, leurs durées et la matière couverte par l’évaluation;
  • La pondération et le lieu d’évaluation;
  • Les documents admis ou non aux évaluations;
  • La reprise ou non des évaluations;
  • Les modalités de remise des travaux, les retards et les pénalités;
  • Les seuils de réussite du cours;
  • Les livres obligatoires;
  • Les ressources disponibles (ex. CCM, tutorat, SEP etc.);
  • Les recours possibles (ex. plainte, l’Ombudsman, etc.).

Il arrive que la présentation du cours se fasse dans des diapositives. Le problème apparaît dès que la diapositive possède des informations qui sont absentes de l’officiel « plan de cours ». Cela devient alors contre-productif quand l’étudiant cherche l’information dans le « plan de cours » (car ça devrait s’y retrouver) puis que le lendemain, l’enseignant le renvoie à la diapositive.

Une école d’ingénieurs où l’organisation des cours est décidée par des ingénieurs et que des choses pas géniales se produisent, c’est juste aberrant. Peut-on se permettre d’être fier d’une école d’ingénieurs avec des ingénieurs qui manquent de contenu dans la présentation de leur cours? Déjà que l’école exige du corps professoral d’être obligatoirement enregistré à l’Ordre des ingénieurs du Québec afin d’être à l’emploi à l’École.

En attendant que la situation s’améliore (car en politique, ça prend du temps), l’ensemble des étudiants devra continuer à harceler le personnel enseignant sur des informations absentes du plan de cours, se résigner à subir la situation ou, au contraire, faire savoir aux hautes instances que la situation qu’il subit et qui est décrite dans cet article l’énerve.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.