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Arnaud alias Onra

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Onra à la console. Photo © Johnny Martin

Le 26 septembre dernier, le Newspeak à Montréal accueillait Onra, un musicien électronique de renom. Le Polyscope toujours à l’affût des évènements de l’heure y a assisté évidemment.

La salle est vide lorsqu’on arrive dans cette ébauche de hangar à l’aménagement sobre et aux allures industrielles. Béton et filages au plafond décrépi côtoient tables basses et longs bancs noirs capitonnés. Ces longs bancs noirs capitonnés où les gens se rapprochent, d’ailleurs, pour discuter. Sinon on ne s’entend pas, c’est l’idée. Le néon rouge indiquant les toilettes mixtes façonne la noirceur alors que le DJ occupe l’ambiance. C’est le Newspeak. Ce repaire de la musique électronique tient son nom du novlangue, néologisme tiré du roman 1984 de George Orwell. Ce langage issu d’un régime totalitaire vise le contrôle de la pensée de ces citoyens, il s’agit donc d’une touche d’ironie de la part des fondateurs des lieux qui voient leur établissement comme fécond de nouveauté.

Au fur et à mesure de la soirée, la salle se densifie en substance humaine. Quelques DJ se succèdent, une bière est renversée sur une console et ramassée à la va-vite avant l’arrivée de l’artiste français. Onra. Un pilier du milieu électro, ce qui lui permet, j’imagine, de se laisser désirer jusqu’à 1 heure du matin. Mais ça vaut le coup de l’attendre. C’est l’auteur du fameux album Chinoiserie, celui qui a, entre autres, inspiré Nicolas Jaar a emprunté le chemin de la production musicale. (Comme quoi l’art nourrit l’art.) Son «set», s’inspire à la fois des tonalités hip-hop de son dernier album «Fundamentals» et des mélodies orientales de son début de carrière.

Son son se distingue de ce qu’on a entendu depuis notre arrivée. Il remplit la pièce et les corps s’échauffent. Quelques danseurs au talent indiscutable qui en début de soirée envahissaient le «dancefloor» s’effacent progressivement dans la foule compacte. Cette foule bigarrée rassemble anglos et francos dans un même battement. Et derrière Onra, quelques individus, probablement une certaine élite du milieu, appuie ses bons coups musicaux. Même l’élite tripe! Une fumée quasi opaque est libérée à intervalle régulier, percute l’éclairage et flirte avec la musique. Les pièces s’enchaînent avec fluidité, la cohérence est maintenue. On quitte avec le souvenir vaporeux d’une bonne soirée. Pour l’endroit et pour l’artiste.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.