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Trois stages : Mon expérience en Génie info

Chaque stage et chaque entreprise sont différents. Pour certains, c’est une opportunité magique et joyeuse, pour d’autres, un broyeur d’âme. Voici donc les expériences que j’ai retirées de mes trois stages.

Étant étudiant en Génie informatique, j’ai eu la chance d’avoir un stage dans mon domaine… et un deuxième… et un troisième! Ce qui peut apparaître comme une bonne fortune s’est avéré moins agréable qu’à première vue.

 

En effet, chaque stage additionnel après notre premier stage ne compte pour aucun crédit, aucune expérience d’ingénieur Junior (pour l’Ordre des Ingénieurs du Québec), et doit absolument être payé à la Poly.

Puisqu’un stage compte pour trois crédits, il m’a fallu débourser un montant d’environ 475$ pour le plaisir suprême d’écrire un rapport de stage de 8 pages, ainsi que de devoir organiser des rencontres et des évaluations de stage avec mon coordinateur de stage.

 

Pourquoi m’être soumis à cette procédure une troisième fois? Simplement car ce fut pour moi un argument d’embauche. Puisque le gouvernement donne une subvention aux entreprises jusqu’à concurrence de 185$/semaine, si le travail est bel et bien enregistré auprès de l’école comme un stage, ce fut pour moi un avantage par rapport à mes concurrents d’entrevues.

Donc si vous êtes dans la même situation un jour, je vous encourage à calculer si le jeu en vaut la chandelle. Rappelez-vous aussi qu’un travail dans votre domaine est souvent très utile, spécialement considérant que les entreprises ont bien plus tendance à embaucher selon l’expérience que selon la performance scolaire.

 

Mais chialer sur les débours à effectuer afin d’être payé n’est pas le but de cet article. Je désire vous faire part de mon expérience de stage.

 

Comme mise en contexte, sachez que j’ai fait un stage dans une moyenne entreprise (PCO Innovation), une grande entreprise (AMT), et une micro-entreprise (Techso Solutions). Voici les comparaisons que j’en ai tirées :

 

Grande entreprise

La structure de l’entreprise était très présente. Je n’avais pas la liberté d’installer quoi que ce soit sur mon poste (malgré le fait que mon stage en développement requérait constamment que j’installe et essaie telle ou telle solution).

Beaucoup de sorties étaient organisées, telle une journée payée où tous les employés étaient obligés d’aller soit au golf, soit de faire des activités de plein air, suivies d’une réception où le vin coulait à volonté.

Plusieurs autres avantages et sorties étaient fréquents, et ultimement, les moyens plus importants de l’entreprise se faisaient sentir. Par contre, l’ambiance de travail a été, pour moi, moins agréable qu’ailleurs.

En effet, l’équipe des stagiaires était isolée dans un petit local, et la hiérarchie était très définie (j’ai fait l’erreur de m’adresser mon employeur de façon familière, et je me suis fait ramener à l’ordre très distinctement). Ce qui était une certaine contradiction avec la philosophie apparente de l’entreprise, puisqu’un déjeuner avait été organisé avec le directeur général pour faciliter la familiarisation des employés avec leur supérieurs.

Également, les rapports entre les employés des différents départements étaient plus froids, sans-doute dûs à l’isolation relative de chaque fraction. Ultimement, j’ai aimé mon expérience, mais ce ne fut pas l’endroit que j’ai préféré.

Moyenne entreprise

Il s’agissait de mon premier stage, mais déjà, j’avais la notion que la liberté d’action était grande.

Je travaillais au développement interne de l’entreprise (organisation de profils techniques), donc j’étais légèrement isolé du climat de rotation constante typique d’une compagnie de consultants. Tout de même, j’avais droit à tout le matériel nécessaire (4 ordinateurs, pour effectuer des tests), un bureau très confortable, et plusieurs activités d’entreprise (bières et déjeuners organisés du vendredi, 5 à 7 du jeudi, journée décontractée, etc.).

L’ambiance était très bonne, où il était fréquent de voir des employés discuter amicalement un peu partout, en plus de sortir souvent manger avec l’équipe les midis. Également, les horaires étaient assez flexibles, où un montant total d’heures était nécessaire, mais l’organisation de ces heures était possible.

Malgré tout, la productivité n’était pas affectée. La collaboration des employés permettait un échange de connaissances intéressant, et l’entreprise effectuait des profits acceptables (suffisamment pour se faire acheter par Accenture). J’ai donc aimé mon expérience.

Micro-Entreprise

Mon troisième et dernier stage (je gradue dans 3 mois! HAHA!) a été dans une entreprise où j’étais le premier employé.

J’ai trouvé le stage sur Kijiji, 2 mois après le début de l’été, où un ami de PCO Innovation m’a appuyé dans mon embauche. Il s’agissait de développement de sites web, où un ingénieur solitaire me donnait les contrats qu’il n’avait pas le temps de faire. J’étais tout de même payé à l’heure, mais le contexte me permettait de travailler à partir de chez moi, ce que j’ai fait pour 1 mois.

Je ne connaissais absolument rien sur le développement web, j’étais donc constamment en train de poser des questions à mon superviseur de stage, mais j’ai ultimement beaucoup appris, dans un contexte très pratique.

J’avais simplement une date d’échéance pour chaque projet, et m’assurait d’avancer suffisamment rapidement pour mener chaque projet à bien. J’avais une liberté d’action totale. Je travaillais parfois de 17h à minuit, ou la fin de semaine, ou le matin… Le rêve!

Il faut une certaine discipline et honnêteté pour travailler ainsi, mais j’ai énormément apprécié ce mode de travail.

Le dernier mois, deux employés se sont ajoutés à l’entreprise, et nous avons eu un petit local, donc il m’a fallu organiser mes heures. La petitesse de l’équipe faisait en sorte que nous avions des liens d’amitié très serrés, ce qui fut un changement agréable par rapport à mes expériences précédentes.

En conclusion, quel que soit l’endroit où vous effectuez votre stage, je vous suggère de développer de bons liens avec vos collègues. Ce fut pour moi l’élément le plus décisif dans mon appréciation globale. Bonne chance!




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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