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Bousculade avec Georges Laraque

Quand un ex-joueur de la LNH interfère avec une journaliste du Polyscope, voici ce que ça donne.

J’attends en file depuis une vingtaine de minutes déjà. Et suis rendue à la porte quand on me la ferme au nez. On me dit qu’il m’est impossible d’entrer, que la capacité maximale est atteinte. J’insiste. J’essaie la carte de la journaliste. Rien n’y fait. Sécurité l’impose. Je me résigne. Je stagne un peu. Parce que, tsé, c’est choquant.

C’est choquant d’autant plus que je me fais alors bousculer par un individu costaud comme deux qu’on se dépêche de laisser entrer. « What? » Vous l’aurez deviné au titre. Je parle ici de Georges Laraque. À peine un « Scusez » au passage…

Laissez-moi vous remettre en contexte.

Ça se déroule à Montréal un samedi après-midi, le 27 septembre dernier pour être précise. Il fait beau. Comme un redoux automnal. Voilà pour ce qui est de la situation « géohistoricoclimatique ». Concernant l’évènement en question. Je serai franche envers les individus ayant commencé la lecture de cet article pensant qu’on y traiterait principalement d’accrochage et d’ex-joueur de la LNH. Je vous arrête un instant : je m’étendrai plutôt sur le tout premier Festival végane de Montréal. Les pendules remises à l’heure, vous pouvez poursuivre.

 

Entrée

Le festival débute sur une brève conférence de Dany Plouffe, un chercheur en géographie à l’Université McGill. Il commence en nous informant que la situation agricole mondiale semble à première vue bien se porter : depuis 1990, la superficie mondiale occupée par les terres agricoles, soit les sols arables cultivés de façon permanente, s’est maintenue à 38%, un équilibre perpétué par un taux de déforestationde certaines zones critiques comme l’Amazonie équivalent au taux de reforestation de d’autres pays tels que le Canada et de la Russie. Plus encore, la sous-alimentation a diminué, alors que la population a augmenté.

Mais ces résultats statistiques, bien qu’optimistes, ne nous informent pas sur les coûts environnementaux importants qui découlent de l’agriculture industrielle tels que l’appauvrissement des sols, la production de gaz à effet de serre, la pollution des eaux, pour ne nommer que les principaux. L’orateur ne s’attarde pas sur ces impacts, mais dirige plutôt le public vers les actions à adopter pour les minimiser. Et le comportement tout indiqué selon lui : « Manger autrement ». Car chaque étape de plus dans la chaîne alimentaire implique une perte énergétique. Notons, par exemple, que de ce 38% de terres agricoles, 87% est employé à la production de la viande, celle-ci ne correspondant pourtant qu’à 25% de l’apport en protéines mondial et 15% de l’apport calorique (FAO).

 

Pièce de résistance

La journée se déroule autour de conférences, de panels et de démos culinaires en continu, mais le plus impressionnant reste sans doute les trois salles de l’UQÀM où abondent exposants de 10h à 18h. Restaurants, traiteurs, épiceries fines et organismes pour la défense des droits des animaux sont réunis pour offrir à un public grouillant et curieux des céréales de quinoa soufflé, des morceaux de végé-pâté et une tonne d’échantillons de desserts plus savoureux les uns que les autres, et le tout sans produit d’origine animale bien sûr. Mention spéciale à la crème brûlée à la mangue du restaurant Invitation V.

On en ressort d’abord repu (comprendre ici saturé), puis informé. On apprend, entre autres, que le Commensal a troqué son nom pour le sobriquet Resto Végo (éliminant du même coup le comptoir flexitarien de ses succursales!) et qu’une nouvelle initiative, la Veganosphere (veganosphere.com), vise à répertorier toutes les ressources végétaliennes du Québec.

 

La cerise sur le pudding de chia!

Durant l’après-midi, Stéphanie Audet (stephanieaudet.com), cuisinière bouillonnante, nous partage ses astuces de voyageuse végane. Ce qu’elle apporte dans sa valise : un mélange de graines de tournesol germées, déshydratées et assaisonnées (au poivre et curcuma pour rendre le tout antioxydant X 1000), une pâte de miso pour ajouter à une soupe ou simplement à de l’eau chaude (boisson japonaise matinale pour réveiller un corps ensommeillé), des feuilles de nori pliées dans un sac Ziploc qu’elle badigeonne d’huile de coco, du lait minute dans un pot maçon fait d’eau et de beurre de noix incorporé au mélangeur…

 

Pour en finir avec Laraque

Les organisateurs ne s’attendaient pas à recevoir autant de visiteurs, les conférences ont fait salle comble. Je n’ai donc pas pu assister à celle qu’offrait Georges Laraque sur le sport et l’alimentation végétalienne. Fort heureusement, elle sera diffusée sur le site internet du festival!

C’est beau de voir autant d’individus prendre des moyens concrets pour réduire leur empreinte écologique. Je critique, par contre, ces quelques initiés rencontrés au cours de la journée qui s’impliquent, à mon avis, de façon contreproductive en considérant la diète végétalienne comme une fin en soi, comme une vérité absolue qu’il suffit d’atteindre pour être exaucé, qui s’expriment par des « Le chou frisé, c’est extraordinaire! J’en broie dans mes céréales. »

 

Recette

Je vous laisse avec une recette simple proposée par la boutique de noix Prana qui consiste à mélanger 3 c. à table de graine de chia dans une tasse de lait de noix, puis à laisser reposer 45 minutes pour un délicieux pudding! Et pourquoi ne pas décorer le tout de cannelle moulue et de graines de citrouille.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.