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Dans les entrailles de la citrouille

Les étapes de décapitation d’un potiron pour l’obtention de délicieux biscuits : un processus zen durant la période trouble des intras.

Dans le présentoir, entourée de ses consœurs, elle irradie. Sa teinte riche et orangée épouse agréablement un profil aux asymétries charmantes.Ces belles courbes naturelles supportent une tige qui se dresse énergiquement vers les cieux comme un coussin moelleux devenu, par mégarde, le fourreau d’une épée. Son format, présentant un diamètre de 26 cm, permet un transport optimisé pour un sac de vélo. Sans le moindre doute, elle fait une victime de choix, je l’emporte moyennant une modique contribution de 8$.

 

L’éventration

Armée d’un couteau à steak, la carapace robuste de la demoiselle potiron me met rapidement en échec. Je m’équipe de trois couteaux de cuisine supplémentaires, ne sachant lequel viendra à bout des caractéristiques physiques de ma victime. C’est le couteau de chef qui y parvient, et ce, par l’administration de six coups exécutés de façon à cisailler le pourtour de la tige en hexagone.

Étêtée, la citrouille révèle de nouveaux organes : un agglomérat de graines recouvre les parois internes. Grillées et assaisonnées,elles assureront une délicieuse collation de fin de soirée. Mais c’est la chaire qui nous intéresse ici. Aussi bien que mal, je tranche la victime en deux et, les faces tournées vers le haut recouvertes d’un papier d’aluminium,je l’enfourne à 375°F pour une heure et demie. Une fois la chaire attendrit, je racle l’intérieur et broie la substance organique avec un peu d’eau au robot culinaire. En tout et pour tout, elle aura fourni 3 tasses de purée.

La profanation du corps

Comme la chair broyée nécessite certaines modifications pour être appréciée à sa juste valeur, j’entreprends de profaner un peu plus le corps de la victime.

Je mélange dans un bol 1¼ tasse de flocons d’avoine, 1¼ tasse de farine (de riz brun dans mon cas), 1 tasse de sucre, 1 cuillerée à thé de sel, 1 cuillerée à thé de cannelle moulue et 1 cuillerée à table de poudre à lever (bakingpowder). Et puis, j’y intègre à la spatule 1/3 de tasse d’eau ayant réagi avec 2 cuillerées à thé de graine de chia (pour un œuf végé) pendant une dizaine, 1 tasse de chair de citrouille, ½ cuillerée à thé de vanille, 1 cuillerée à thé de vinaigre de cidre et 3 cuillerées à table d’huile végétale. J’ajoute ¾ tasse de pépites de chocolat et ½ tasse de pacanes au goût. Sur une plaque couverte de papier parchemin, je dépose de petites boules de pâte à biscuit, une vingtaine, et les mets au four préchauffé à 375°F pendant une douzaine de minutes.

Le résultat est délicieux et nourrissant, quoiqu’un peu dense.Au détriment d’une citrouille (et de l’étude d’un intra!), il est alors possible d’apprécier les bonheurs de l’automne.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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