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Critique : Milky Chance – Sadnecessary

Vous les avez connus avant qu’ils ne se connaissent eux-mêmes, parce que vous êtes un hipster? Vous les avez connus il y a quelques mois pour leur ver d’oreille estival « Stolen Dance »? Vous ne les connaissez pas, mais pas pantoute?

Et bien ils sont deux, ils sont allemands et ils jouent dans un registre électro-folk plutôt nouveau. Leur premier album complet, Sadnecessary, est paru il y a quelques semaines de cela, le 14 octobre, après plusieurs mois d’attente et a eu l’effet d’une bombe un peu partout dans le monde. Bon, c’est bien beau tout ça, mais ça sonne comment du Milky Chance?

 

Ça sonne vraiment bien. Pour Milky Chance, pas question de montées dramatiques, pas d’exagération dans l’émotion ni dans les paroles, juste une musique douce, posée et facile à écouter.

Roadtrip, dimanche matin frette avec un café, soirée bien arrosée, c’est le genre de musique qui convient à toutes les situations. Clemens Rehbein et Philipp Dausch n’en sont qu’à leurs premiers pas sur la scène musicale internationale, mais déjà, on sent une grande maîtrise de leur style. L’album est bien balancé entre chansons plus rythmées (on s’entend, c’est pas non plus du David Guetta…) et chansons plus calmes, chaque pièce a son intérêt et apporte un plus à Sadnecessary. Et malgré ce style relativement uniforme d’un bout à l’autre de l’album, le duo surprend par des élans reggae et des poussées folk, le tout concentré dans un disque des plus cohérents. On sent bien que le groupe prend son inspiration de plusieurs endroits, leur musique rappelant tantôt Bon Iver, tantôt Ben Howard, tantôt bien d’autres…

 

Point négatif, on a un certain sentiment de redondance en arrivant au bout de l’album, sûrement attribuable au manque d’expérience. Mais cela n’enlève rien à la qualité de la musique elle-même : sur le plan créatif et technique, le duo ne mérite que des applaudissements. Au travers de paroles plutôt mélancoliques, ils réussissent à donner le sourire, même un brin d’espoir pour ceux qui en ont besoin, et leur poésie, même simple, embrasse parfaitement l’ambiance retrouvée dans leur musique. Le duo dit raconter des histoires, des faits vécus au travers de ses chansons, et ça se sent. Sadnecessary est rempli d’authenticité, une musique honnête et sans artifices, probablement la source du fort réconfort qu’elle procure.

 

Donc malgré une certaine monotonie dans le choix des accords (si vous aimez Stolen Dance ou Flashed Junk Mind, vous aimerez l’album au complet…), Milky Chance frappe fort avec ce premier disque et donne déjà envie d’en entendre plus. Leur style particulier et leur créativité incontestable m’ont définitivement accroché, et c’est pour ça que j’irai d’un 4/5 pour Sadnecessary.

 

Malheureusement pour ceux qui désireraient les voir en show, leur spectacle au Métropolis en avril prochain affichait complet à peine quelques minutes après la mise en vente des billets… mais ne vous inquiétez pas, on n’a définitivement pas fini d’entendre parler d’eux!




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.