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Une carotte pour l’écologie

Parmi les nombreux mouvements de préservation de l’environnement, il en existe un appelé « Carrotmob ». Et on sait que l’âne préfère avancer à la carotte plutôt qu’au bâton.

Qu’est-ce la Carrotmob me direz-vous? Eh bien, il s’agit d’un mouvement fédérateur de personnes souhaitant des changements dans la vie quotidienne de leurs commerces. Les fondateurs de la Carrotmob, mouvement américain, sont partis du constat que les consommateurs avaient une influence non négligeable sur les attitudes des commerçants vis à vis de l’environnement.

Le principe : les clients vont proposer au commerçant un deal : ils mobiliseront un grand nombre de clients qui achèteront dans la boutique et en échange, le propriétaire de la boutique s’engage à utiliser les bénéfices récoltés par cette action pour rendre son commerce plus éco-responsable. Par exemple, il pourra changer ses appareils électriques pour que ceux-ci consomment moins d’énergie.

 

La première épicerie ayant bénéficié de ce service a dédié 22% de ses bénéfices à la diminution de son impact environmental. Conseillé par un expert, membre du mouvement, le propriétaire a décidé de remplacer son éclairage pour le rendre plus économe.

Bien sûr, les retombées de cette participation ne sont pas justes économiques pour le commerçant. LaCarrotmob a aussi des répercussions dans la pensée collective. Cette journée aura des retombées médiatiques, un client en parlera à ses connaissances, le commerçant d’en face voudra connaître les modalités pour y participer… Ainsi, la Carrotmob développera la renommée du commerçant et augmentera son cercle de clients. Au début localisé aux États Unis, le principe a été repris dans la même année au Candada, en Finlande, en France, en Allemagne…

 

Et même digitale!

Toutefois, les commerces « physiques » ne sont pas les seules cibles de ces actions. En effet, dans un contexte d’essor numérique, les responsables de la Carrotmob ont proposé d’autres champs d’actions pour impliquer les e-commerces. Les nouvelles technologies ont inspiré le mouvement désormais connu sous le nom « Green Code Lab ». Géré par une association, il regroupe des experts de l’éco-conception logicielle. Il est complété par la cantine numérique rennaise, qui est une association favorisant le développement et la création de pratiques numériques innovantes. Suivant le principe précédent, en échange d’un afflux de consommateur, les gestionnaires de la plateforme d’achat s’engagent à proposer un site accessible, ergonomique, développé par une approche d’éco-conception et mettant en avant les technologies Green IT.

 

Commerçants de quartier, ou commerçants virtuel, tous peuvent être sensibilisés à l’éco-responsabilité. La participation engagée n’étant pas excessive, et simple à mettre en place, il s’agit d’un concept intéressant pour toutes les personnes souhaitant s’impliquer facilement dans des actions en faveur de l’environnement.

Néanmoins, le mouvement ne se voit fonctionner que dans des villes suffisamment importantes et son rayonnement reste limité au Québec. Néanmoins, ces actions restent adaptées à un contexte économique difficile, puisqu’il s’agit juste d’acheter les produits dont le client a besoin, à un endroit et moment donnés, tout en permettant au commerçant de rendre sa boutique ou plateforme plus écologique.

Qui a dit que le bâton était plus efficace que la carotte ?




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.