Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Chronique PolySphère : L’économie circulaire, ou comment fermer la boucle

Aperçu article Chronique PolySphère : L’économie circulaire, ou comment fermer la boucle
Cliquer pour agrandir
 (lien ouvrant dans une nouvelle fenêtre)
L’économie circulaire. Photo © JCE Thann-Cernay

Par Kim Gariepy et Sophie Lévesque

L’institut EDDEC est un collectif de professeurs de professionnels et chercheurs de Campus Montréal (Poly, HEC, UdeM) ayant pour mission de « soutenir et promouvoir la formation, la recherche et le développement, l’action et le rayonnement […] en matière d’environnement, de développement durable et d’économie circulaire. » Il fut créé au printemps 2014 dans le but de « fédérer le bassin de compétences » des trois institutions aux spécialités bien définies. Le 19 janvier dernier, un premier évènement public s’est tenu à HEC Montréal afin de démystifier le concept d’économie circulaire avec comme invités des professeurs d’HEC Montréal, des entreprises comme Insertech, Uber Montréal, Pratt & Whitney Canada, Novaxia et le Groupe Lavergne et des organismes publics comme Recyc-Québec.

 

C’est quoi l’économie circulaire?

L’économie circulaire est un concept économique datant des années 60, en essor depuis quelques années. De façon générale, on vise à maximiser l’utilisation des ressources dans le marché actuel pour limiter l’extraction des ressources en amont et réduire par le fait même l’enfouissement en aval. Une mentalité qui est bien plus respectueuse pour la quantité finie de matières premières sur la planète! Cela permet évidemment de s’éloigner du système actuel, qui est celui de l’économie linéaire où l’on mise davantage sur le modèle « fabriquer, consommer, jeter ».

 

Ok, mais comment on fait?

Tout d’abord, il s’agit d’optimiser le reconditionnement, le ré-usinage et la réutilisation des produits. C’est alors qu’on parvient à s’approcher d’une économie de fonctionnalité plutôt que d’une économie de fabrication. Il s’agit également de valoriser l’écoconception pour s’écarter du modèle d’obsolescence programmée en plus d’essayer de rendre les produits réparables avant d’être recyclables. L’ordre qui a été donné aux 3R est ici particulièrement important : Réduction, Réutiliser, Recyclage. Le recyclage est vu comme un dernier recours et non pas une solution! L’enfouissement perd donc son statut de dernier recours pour tomber dans l’illégalité, un idéal que plusieurs croient possible d’ici quelques dizaines d’années.

 

As-tu un exemple?

Le groupe Lavergne est une des entreprises faisant des efforts pour pratiquer l’économie circulaire. Étant le premier fournisseur de plastique pour la compagnie HP, les deux firmes travaillent en collaboration pour créer des produits en résine recyclée qui réintègrent ainsi des produits usagés (on ferme la boucle!). Ils diminuent donc leur empreinte carbone, en plus de diminuer de 30% leur consommation de ressources premières, ce qui leur sauve aussi pas mal d’argent. Le secret est donc que les acteurs d’une même chaîne de valeur se réunissent afin de pouvoir réfléchir au sein des systèmes complexes dans lesquels nous sommes afin d’observer des impacts sociaux, environnementaux et économiques.

 

Combattre l’obsolescence programmée

Vous êtes choqué d’apprendre qu’une imprimante typique est produite pour imprimer un nombre fixe de pages? L’obsolescence semble être un virus qui se propage dans l’industrie de la fabrication de biens à la vitesse de la grippe cette hiver, mais comment faire pour s’en débarrasser? L’économie circulaire propose que l’entreprise qui produit des biens tende vers la location de ceux-ci, elle a alors tout intérêt à ce que le produit en question dure dans le temps, soit réparable facilement et réutilisable le plus souvent possible! Trop souvent, la bonne foi n’est pas suffisante, mais un changement de système peut réellement faire la différence.

 

Qu’est-ce que Uber faisait là?

Uber est une entreprise de la Silicone Valley offrant des services de « taxi communautaire », c’est-à-dire que je peux être passager un jour, puis chauffeur le lendemain! Uber mise sur les technologies pour relier les besoins de transport des urbains et optimiser les trajets. Jean-Nicolas Guillemette de Uber Montréal ne s’en cache pas : « On cherche à permettre aux gens d’abandonner leur voiture ». Cet ancien du HEC dit avoir quatre valeurs : avoir du plaisir, faire la différence, faire de l’argent et les conserver ses valeurs dans cet ordre. Leur concept, ainsi que tout ce qui touche au partage des biens et services, s’intègrent parfaitement dans le concept d’économie circulaire.

Alors que Paul Lanoie a discuté d’éco-fiscalité sous le thème des « leviers économiques », JoAnne Labreque, aussi professeure à HEC Montréal, élabore sur le « levier consommateur ». Eh bien, un mouvement d’économie collective a pris beaucoup d’expansion depuis la crise en Europe, permettant à des gens de partager leurs possessions. Des exemples? Landshare permet de partager des espaces de potager, Kitchen Library permet de partager des équipements de cuisine de grande valeur ou qui ne servent pas souvent, freecycle.org permet de donner et recevoir des objets gratuitement,Troclégume.fr permet aux particuliers de partager leur récoltes, etc. Vous avez déjà utilisé Kijiji? Vous participez déjà à l’économie circulaire!




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.