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La santé mentale : son contraire vous fait-il PEUR?

Les personnes atteintes d’une maladie « normale » ne font peur à personne de l’entourage. Par maladie « normale », je veux dire, par exemple, le cancer, la grippe, le rhume, la migraine et la toux qui sont des affections physiques bien connues. Mais il existe depuis tout le temps une autre sorte de maladie, c’est la maladie mentale. Étrangement moins connu de la société, ce type de maladie rend les gens aux alentours mal à l’aise d’en parler. De plus, de nos jours, il semble être politiquement correct d’appeler cela des « troubles mentaux » au lieu de « maladies ». Et avec raison…

Essai sur l’origine de cette peur injustifiée

Avez-vous remarqué dernièrement la campagne publicitaire de Bell intitulé « Bell Cause pour la cause » à la radio, à la télé et sur des affiches, qui a pour but de sensibiliser la population sur les préjugés que subissent les gens atteints de maladies mentales, ainsi que son concept? D’où proviennent tous ces préjugés qui portent préjudices à ces êtres humains?

Les employeurs n’ont pas envie de les engager, beaucoup ont peur de les approcher comme s’ils avaient la peste, et ces derniers subissent alors des situations de rejet et d’isolement, et sont méprisés, car on croit à tort qu’ils sont juste paresseux, qu’ils se trouvent une raison pour prendre des vacances ou pour se chercher de l’attention.

Qu’est-ce qui explique cette situation au sein de notre société? En fait, la chose qui fait peur, ce n’est pas la maladie, c’est la peur de l’inconnu. « Maladie mentale » est synonyme d’étrangeté et de bizarrerie pour plusieurs, vu que c’est un sujet tabou. Puis tout sujet qui est tabou dans la société est enclin à des préconceptions qui maintiennent l’ignorance, la peur ou le dégoût.

Quand on dit « maladie mentale », qu’est-ce que cela évoque en vous? Serait-ce la représentation des asiles psychiatriques et des individus aux comportements anormaux dans des films américains? Est-ce ce que vous avez entendu dans l’actualité? Je me réfère ici d’abord au controversé dossier du Dr. Guy Turcotte qui a tué ses deux enfants pour troubles de l’adaptation. Aussi, je pense au cas d’Alain Magloire, abattu par la police de Montréal parce qu’il avait l’air menaçant avec son marteau à l’égard d’un policier. Des personnes comme ces deux-ci vous feraient-elles peur si vous étiez à côté d’elles?

La réponse est évidente. Mais ne tombez pas dans le piège de la généralisation. Ô généralisation, quand tu nous tiens! Ce n’est pas tous les gens atteints d’un trouble mental qui deviennent violents ou criminels. Et pas tous les gens violents ou criminels ne souffrent de trouble mental. Il faut comprendre qu’il existe plusieurs troubles mentaux, et non pas un seul. Puis pas tous les gens affectés se comportent de façon aussi cauchemardesque que dans des films d’épouvante pour l’Halloween, marquant l’imaginaire.

Survol sur la réalité souvent inoffensive

Les troubles sont classables par catégories : il y a notamment les troubles de l’humeur, les troubles anxieux, les troubles de déficit de l’attention, les troubles du spectre autistique, les troubles alimentaires, la schizophrénie, les troubles de la personnalité, les troubles obsessionnels-compulsifs, le jeu pathologique, la cyberdépendance, la démence, etc. Y en a-t-il que vous trouvez dangereux?

Pour vous aider à démystifier ce genre de maladie, je vous présente, dans cet article, un portrait sommaire des différents troubles mentaux qui sont répertoriés dans le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), qui est un peu comme l’encyclopédie des psychiatres. Ce livre de référence n’est pas à être utilisé machinalement et le bon jugement du psychiatre est toujours bienvenu. De plus, pour que ce soit un diagnostic valide, le critère primordial à évaluer est que l’individu soit lésé par le trouble, c’est-à-dire que plusieurs sphères de sa vie (vie personnelle, familiale, sociale, professionnelle) soient gravement affectées.

Sous toutes réserves, je crois que cela veut dire que si vous, adulte, 1) avez toutes vos facultés intellectuelles, 2) êtes obsédé à vous laver les mains exactement 100 fois par jour et que vous avez une peur bleue de serrer la main des gens, mais que cela ne dérange personne, ni vous, et que cela ne nuit à personne, vous n’avez pas à consulter un médecin puisque ça ne va pas « mal » pour quiconque.

Advenant que vous n’ayez pas toutes vos facultés intellectuelles et que ça va « mal », les intervenants qui veulent que vous (adulte) soyez pris en charge doivent passer par les tribunaux pour valider le droit extraordinaire de vous imposer des soins médicaux.

Toutefois, dans tous les cas, s’il y a menace à la sécurité de l’individu ou de son entourage, c’est le 9-1-1 immédiatement.

Pour le cas des enfants, c’est évidemment de la responsabilité des parents ou tuteurs de consulter un médecin.

 

Les causes

Il est rare qu’il existe une seule cause précise à un trouble mental, parmi les facteurs génétique, socio-économique, environnemental, biologique ou psychologique, l’âge ou encore le sexe. De plus, à ce jour, la science n’a pas encore percé tous les mystères des troubles mentaux. Toutefois, on considère généralement que les causes sont multifactorielles.

Certains troubles se manifestent généralement, mais pas nécessairement, aux environs de l’âge de la puberté (ex. TDAH, Syndrome de Gilles de la Tourette, troubles dépressifs, troubles alimentaires), tandis que d’autres apparaissent à un âge avancé (ex. maladie d’Alzheimer). Sinon, un trouble peut se manifester n’importe quand (ex. cyberdépendance, jeu pathologique, troubles de la personnalité) dépendant des circonstances de la vie. Même la drogue déclenche l’apparition de trouble mental. Dans ce cas-ci, les manifestations d’un trouble peuvent durer le temps de l’intoxication ou devenir permanent après la consommation de drogue.

Le portrait de personnes atteintes d’un trouble mental

À la lumière de ce qui précède, quand vous vous rendez à l’école ou au travail, regardez autour de vous pour voir si vous pouvez deviner qui est atteint d’un trouble mental et de justifier votre sélection. En fait, je veux dire par là que même si une personne avait un diagnostic de trouble mental, il n’a pas (voire jamais) l’air d’un « fou », mais plutôt d’une personne normale, quand elle suit le traitement approprié. Il est donc évident que ceux qui ne suivent pas un traitement adéquat prescrit par leur médecin ou qui ne cherchent pas l’aide appropriée, les symptômes seront présents et avec intensité. Au paroxysme des symptômes, c’est l’état de détresse, où l’individu perd ses moyens. Ce qui peut expliquer le comportement agressif, violent et criminel de ces gens à ce moment-là et qui malheureusement passent aux nouvelles. Cela est comparable à toute maladie, comme la toux, quand des bactéries envahissent la gorge et qu’on ne se prend pas en charge (voir le médecin, suivre le traitement pharmacologique), les symptômes peuvent s’aggraver en intensité avec les conséquences qui s’en suivent. Les troubles mentaux ne sont donc pas une fatalité.

Comme toute maladie, comme tout bobo, comme toute épreuve de la vie, il est possible de vivre comme à l’habitude, tout en prenant le temps de se relever, avec l’aide approprié.

Les traitements

Selon le trouble mental, il y a souvent comme traitement, mais pas seulement, la psychoéducation, un type de thérapie : la psychothérapie cognitive-comportementale, et la médication. La psychoéducation est l’apprentissage et la prise de conscience par l’individu de son trouble afin de l’outiller pour qu’il ait une meilleure maîtrise de sa condition et qu’il sache y faire face efficacement. Outre la médication pour donner un coup de pouce vers un état proche de la guérison, il n’existe pas de panacée pour guérir complètement des troubles mentaux. Il faut que l’individu fasse sa part en améliorant et en réajustant son mode de vie en conséquence, de façon permanente, en adoptant des pratiques pour réduire les chances de réapparition et l’intensité des symptômes du trouble. Mais le plus important, c’est d’être suivi par un médecin, notamment un psychiatre, avec qui la communication passe bien et avec qui la confiance règne mutuellement.

En conclusion, vous avez eu un portait non-exhaustif de la réalité sur les troubles mentaux, qui devrait vous permettre d’avoir une ouverture sur ce sujet qui n’a pas de raison d’être tabou.

Pour compléter l’information de cet article, vous pouvez faire des recherches sur Internet sur les troubles mentaux. Il y a plusieurs sites Web d’organismes québécois et canadiens qui offrent des informations plus complètes et plutôt exhaustives sur les différents troubles mentaux.

Par ailleurs, la définition de la santé mentale, par le comité de la santé mentale du Québec, va comme suit : « La santé mentale est l’état d’équilibre psychique d’une personne à un moment donné, [selon notamment] le niveau de bien-être subjectif, l’exercice des capacités mentales et les qualités des relations avec le milieu ». Cela veut dire que la santé mentale évolue dans le temps et n’est pas une chose fixe ou éternelle.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.