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The dictionary of obscure sorrows

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Parfois, je me dis que malgré toute la richesse de nos langues, on manque vraiment de certains mots.

Est-ce que ça vous est déjà arrivé, en discutant avec quelqu’un, de réaliser à quel point la vie de chaque unique personne qui vous entoure est terriblement complexe? Au moins autant que la vôtre? Est-ce que ça vous est déjà arrivé, en marchant dans une foule, de vous faire tout à coup submerger par la réalisation que chacun de ces êtres, qui vous frôlent, partagent votre vie l’espace d’un instant, puis repartiront dans leur propre univers, peuplé de leurs envies, leurs désirs, leurs connaissances, leurs aspirations secrètes et leurs rêves? Ou encore de penser tout à coup, en parlant à quelqu’un, « c’est pas grave, de toute façon, je ne le reverrai jamais! » Et de réaliser que cette personne est entrée quelques minutes ou quelques mois dans votre vie et en ressortira tout aussi vite?

Pour ma part, il m’arrive régulièrement de frissonner à cette idée. Parfois, j’ai peur de laisser repartir les gens dans leur tourbillon de vie, si loin du mien. Ces personnes partagent ma vie pour plus ou moins longtemps, selon la profondeur des relations que je crée, mais très souvent elles repartent dans leur propre univers, et je n’ai peu ou plus de nouvelles. Elles retrouvent leurs propres habitudes, amis, connaissances… Cependant, il y a toujours cette même prise de conscience : nous sommes tous uniques. Nous ne sommes pas simplifiables à quelques idées. Nous sommes tous mus par des sentiments complexes. Nous vivons tous des choses incroyables, tous les jours, partout dans le monde. Et dans notre vie, nous n’appréhenderons jamais qu’un tout petit peu de ce qui se passe dans la vie de toutes ces personnes que nous croisons.

The Dictionary of obscure sorrows

Un site a mis un mot sur cette impression. Il l’a appelée, en anglais, « Sonder: the realization that each random passerby is living a life as vivid and complex as your own ».

Ce site, c’est dictionaryof obscuresorrows.com. Il a pour ambition de créer des nouveaux mots sur des impressions qui nous traversent, mais que personne n’a encore jamais formulées. Ces impressions sont généralement des peurs ou des émotions récurrentes chez la plupart des personnes.

Il se présente sous la forme d’un dictionnaire, avec une définition claire associée à chaque mot. De temps en temps, il illustre ces définitions avec des vidéos.

Son moto? « The dictionary of obscure sorrows : for lack of a better world », qui joue sur les mots avec l’expression anglaise « for lack of a betterword », signifiant « parce qu’on n’a pas de meilleur mot ». Il n’a pas créé uniquement le mot « to sonder », mais de nombreux autres : aujourd’hui il compte plus de 800 mots! Parmi eux, on trouve par exemple le mot « onism », qui décrit la réalisation d’à quel point nous n’expérimenterons chacun dans notre vie qu’une infirme partie du monde qui nous entoure; ou encore « ambedo », qui indique l’impression dans laquelle nous sommes quand nous sommes extrêmement sensible au monde qui nous entoure. Pour l’instant les définitions ne sont disponibles qu’en ligne, mais une version papier du dictionnaire est en train d’être écrite par l’auteur.

 

Si vous avez un peu de temps à perdre, je vous conseille d’aller découvrir une ou deux de ces vidéos ou de lire quelques définitions. Et si vous vous sentez touchés par la véracité de certains de ces mots, alors considérez que le site a atteint son objectif : mettre des mots sur des choses que nous ressentons tous, mais ne formulons pas souvent.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.
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