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Ce moment de poésie décalée vous est offert par Le Polyscope et son nouveau poète : Louis-Etienne Pratte

L’oubli

Près d’un étang,
Non loin d’un pin,
Forçai longuement
À chaque matin.

Bien que souvent
J’y emmenai,
Quelques mouchoirs
J’eus oubliés.

Réfléchissant,
La main au front,
Adossé à
L’écorce du tronc,
Nul autre choix
J’utilisai,
Ce calepin noix
Guise de papier.

 

Réveil torréfié

À travers ces épais murs blancs,
Quelque peu salis par le temps,
De rapides bruits courts et secs retentissent,
Ils peuvent être quatre, six ou des fois dix.

L’eau traverse ensuite l’orifice du tuyau,
Aspergeant violemment le filtre espresso,
Peu après c’est le cliquetis des grains
Qui tinte doucement au creux du moulin.

Les lames émoussées hurlent leur ouvrage,
Éclatant leurs sujets sans vergogne au passage,
Mes yeux, jusque là demeuraient mi-clos,
Mais c’est à ce moment qu’ils s’ouvrent subito.

Même si l’odeur ne traverse pas mon antre,
Dans mon museau je m’imagine qu’elle y entre,
Et dès que le vrombissement de la pompe retentit,
Je me lève d’un trait : « à mon tour! » je me dis.

Mots-clés : poésie (3)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.